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    <title><![CDATA[Amazighblog (SOCIETE)]]></title>
    <link>http://www.amazighblog.net/categorie-236284.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;SOCIETE&quot; du blog &quot;Amazighblog&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Amazighblog (SOCIETE)]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/categorie-236284.html</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Mar 2010 13:50:37 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 11 Mar 2010 13:50:37 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, NC Amanar</copyright>            <category>SOCIETE</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Jeunesse amazigh sous le drapeau rouge et l’étoile verte 28 mars]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-29677819.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    Good Morning …Morocco
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    Je fais partie de cette génération de jeunes amazighs extrêment fière de ses origines. Fini ll'époque où on disait presque hontement qu'on était amazigh. Cela était dans nos esprits d'enfants
    synonyme d'échec social. C'est horrible à dire, mais, petite fille, je me rappelle que j'étais même jalouse de mes copines Fassi, je développais un complexe d'infériorité par rapport à elles. Je
    vous laisse imaginer alors l'état d'esprit d'un enfant amazigh qui n'a pas encore les facultés intellectuelles nécessaires pour contruire&nbsp;sa propre&nbsp;opinion, mais qui ressent déjà une
    certaine stigmatisation, descrimination, et sousestimation (l ha3ra) de son peuple et de ses origines.
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    Nos parents ont une grande part de responsabilité dans cette situation. Ils ont voulu nous protéger, ils n'ont pas voulu que l'on souffre des mêmes handicaps qu'eux, ils ont voulu qu'on
    “s'intégre” à cette société qui a opprimée, et violée les droits de notre peuple. L'intention était bonne, mais la manière mauvaise et les conséquences terribles. Nos parents ne nous ont pas
    appris (pour la majorié d'entre nous) la langue, ils ne nous ont pas raconté l'histoire tragique de notre peuple (pour la plupart d'entre nous, nous l'avons découvert par nos propres moyens à
    l'âge adulte), ils n'ont pas su cultiver en nous dès notre jeune âge le sentiment de fierté d'appartenance à cette culture millénaire.
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    Petite anectode : mon père m'a raconté qu'à l'époque où il était petit garçon&nbsp; vivant dans un petite vilage de l'atlas, près de Ifrane…Les fassi, venaient au village pour dire aux parents de
    ne pas envoyer leurs enfants à l'école parcequ'ils risquaient d'être embrigadés dans la propagande colonialiste française.selon eux l'école à l'époque fabriquait des traitres. Et biensûr, pendant
    que les familles amazigh gardaient jalousement leurs enfants aux villages, les fassi scolarisaient leur enfants dans les meilleures écoles de l'époque biensûr gérées par les français.
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    Nos parents, majoritairement issus de milieux défavorisés et ruraux, ont connu la misère, la pauvreté et le besoin, ils se sont pris en main, ont travaillé dur, ont grimpé les échellons, et ont
    finalement réussi, sans un quelconque coup de piston voire même avec les battons dans les roues. C'est la génération A.S.M.M “Amazigh Self Made Men”. Ce sont nos parents et nous sommes fières
    d'eux…nous leur adressons ce message aujourd'hui…on est peut être pas aussi câlé que vous en terme de culture amazigh, nous parlons mal voire pas du tout la langue, nous n'avons pas vécu dans les
    villages de l'atlas, du souss, encore ceux du rif…Mais nous nous sentons plus amazigh que jamais…Nous ne sommes pas des arabes, on l'a bien compris et cela nous apris du temps…maintenant que
    cette prise de conscience est là, nous allons faire bouger les choses. Nous voulons que nos enfants ne soient pas aussi frustrés que nous, nous voulons que notre langue soit reconnue, et que
    notre culture et notre peuple&nbsp;soient oficiellement et institutionnellement reconnus comme étant les “nations premières”, nous voulons que notre patrimoine immatériel soit transmis à nos
    enfants et à nos arrière enfants..NOUS VOULONS ETRE RECONNUS!!
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    A bon entendeur
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Source: http://khabira.unblog.fr/<br>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 30 Mar 2009 22:15:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-29677819.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-29677819-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Sida action 2009]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-29292985.html</link>        <description><![CDATA[<a href="http://www.sidaction.org/ewb_pages/d/donner-en-ligne.php"><img src="http://idata.over-blog.com/0/12/83/54//sidaction.png" alt="http://www.sidaction.org/ewb_pages/d/donner-en-ligne.php"
  class="CtreTexte" style="border: 0px solid #000; margin: 0px auto" width="300" height="300"></a><br>
  <div class="centre">
    <h2 style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 14pt;"><span style="color: #ff0000;">Le Sidaction 2009 est lancé !</span></span>
    </h2>
    <div style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #ff0000;"><b>Cliquez sur l'image!</b></span></span><br>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 21 Mar 2009 12:58:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-29292985.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-29292985-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Bonne fête à toutes les femmes du monde!]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-28777782.html</link>        <description><![CDATA[<img class="CtreTexte" id="thepic" title="Click to visit ImageShack for Image Hosting!" onclick="scaleImg()" alt="img147/8476/femsu3.gif" src="http://img147.imageshack.us/img147/8476/femsu3.gif"
  name="thepic" width="550" height="424"><br>
  <br>
  <div style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: georgia,palatino;"><span style="color: #ff0000;"><b><em>Bonne fête à toutes les femmes du monde!</em></b></span></span></span><br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 08 Mar 2009 13:44:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-28777782.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-28777782-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[UN AVION POUR GAZA]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-26835459.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">C'est officiel | Jamel Debbouze envoie son "avion pour Gaza"<br>
    &nbsp;<br>
    <br>
    Jamel Debbouze ne rit plus du tout. Ou en tout cas beaucoup moins, depuis qu'il observe les résultats de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza. Et il s'engage. Aujourd'hui, sur Canal+,
    pendant l'édition spéciale il lançait un premier appel très médiatique pour une opération baptisée un avion pour Gaza en organisant . même une première mini-quête sur le plateau. Résultat: une
    déferlante immédiate de mails de soutien à cette action qu'il veut apolitique.<br>
    <br>
    Sur le site spécialement créé et baptisé unavionpourgaza.com, Jamel Debbouze explique que "la situation sanitaire à Gaza est dramatique. On compte à ce jour des milliers de blessés, les hôpitaux
    sont saturés et manquent cruellement de matérieur soulager les malades." Poursuivant en assurant qu'"on ampute sans anesthésiant", le comédien dénonce une situation où "des blessés meurent faute
    de soins, de médecins et de produits médicaux". Et d'expliquer encore que "les deux-tiers des victimes sont des femmes et des enfants. Il y a aujourd’hui une extrême urgence à porter secours à
    une population civile en détresse qui n’a même pas la possibilité de fuir les combats, les frontières terrestres et maritimes de la bande de Gaza étant totalement verrouillées. Près d’un million
    et demi de personnes, dont 75 % ont moins de 25 ans est condamné à survivre sur cette bande d’à peine 41 km de long sur 8 km de large."<br>
    <br>
    L'appel de l'humoriste est donc, on l'a compris des plus sérieux. Car, lance-t-il, "face à ces besoins criants, vos dons sont plus que jamais indispensables, ils pourront sauver des vies. Compte
    tenu du très grand nombre de personnes blessées et traumatisées, l’effort doit être porté en priorité sur l’aide médicale (matériel de chirurgie, produits anesthésiants, antidouleurs etc.)" Car
    Jamel ne s'est pas contenté de jouer les porte-parole. Il a obtenu des autorités marocaines la mise à disposition de "plusieurs avions cargo prêts à décoller aussitôt remplis". A ses côtés, le
    Secours Populaire, le Secours Islamique, mais aussi des médecins palestiniens et israéliens pour les droits de l'Homme, Palestinian Medical Relief Society (PMRS), Physicians Israelian for Human
    Rigths et le Centre médical Al-Mezan (Gaza) qui utiliseront ces dons afin de répondre aux besoins de la population et en priorité des enfants. Des blessés pourraient également être pris en charge
    par la Chaîne de l'Espoir dont Mélissa Theriau est la marraine.<br>
    <br>
    <br>
    Mercredi 15 janvier 2009<br>
    <br>
    Gala.fr<br>
    <br></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 16 Jan 2009 13:46:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-26835459.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-26835459-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les berbères]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-26392175.html</link>        <description><![CDATA[<p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Les berbères sont un peuple autochtone d’Afrique du Nord. Ils sont répartis sur près de 5 millions de kms carrés, depuis les îles Canaries jusqu’à l’ouest de
    l’Egypte, en différents groupes de culture et de langue commune (le berbère ou tamazight), déclinée en dialectes locaux.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify; line-height: 150%;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Les Berbères sont également et largement représentés dans les populations issues de l’immigration vers la France, la Belgique, les Pays Bas, l’Espagne, les Etats
    Unis et le Canada. A l’exception des Touaregs, les berbères sont sédentaires.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Les Berbères se désignent d’abord par leur ethnie&nbsp;: Kabyles, Rifains, Touaregs, etc. Avec l’émergence du mouvement Berbériste, certains néologismes ont vu le
    jour, l’un pour désigner l’ensemble des ethnies berbères «&nbsp;Imazighen&nbsp;» (le pluriel d’&nbsp;»Amazigh&nbsp;», qui signifie «&nbsp;hommes libres&nbsp;», et l’autre «&nbsp;Tamzgha&nbsp;»
    pour désigner l’espace géographique nord africain. Ces néologismes se sont généralisés et ont été adoptés par les Berbères.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">La population totale sur le continent africain et dans les pays d’immigration est estimée à 25 millions. Le Maroc à lui seul en compte 12 millions, l’Algérie 8
    millions 500 000.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Leur religion, à l’origine animiste, se répartit dans l’islam, le christianisme et le judaïsme.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <h1 class="Style1">
    <span style="color: #003366;">Les origines</span>
  </h1>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">La question de l’origine des Berbères a fait couler beaucoup d’encre. Dés l’Antiquité, les historiens se sont penchés sur l’histoire des Berbères. Aujourd’hui
    encore, la question des origines est au cœur de débats passionnés, nourris par le conflit actuel entre, les militants de la cause identitaire berbère qui s’appuient sur les recherches
    scientifiques modernes, d’un côté, et leurs opposants qui se basent sur les récits de l’Antiquité et du Moyen Age, de l’autre.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">La science a fait beaucoup de progrès ces dernières années, notamment en génétique&nbsp;: les tests ADN effectués sur les différentes ethnies d’Afrique du Nord
    (Berbères et Arabes) ont permis de confirmer que les Nord Africains sont de souche majoritairement berbère, mais infirment la théorie selon laquelle les Berbères viendraient du Yémen.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">La génétique, l’anthropologie, l’étude linguistique nous apprennent que le peuplement de l’Afrique du Nord a commencé il y a déjà 30 000 ans, c’est à dire bien avant
    que les peuples du Moyen Orient ne parlent une langue sémitique, ou que les Perses, les Indiens et les Européens ne parlent indo-européen.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1">
    <span style="color: #003366;">Au Paléolithique, vivait l’homme de Taforalt et celui d’Afalou&nbsp;: ils étaient de type «&nbsp;cromagnoïde&nbsp;» Des tests génétiques sur les squelettes de
    Taforalt ont confirmé l’origine ouest-eurasienne de ce type anthropologique.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Au Néolithique, l’Afalou fut remplacé par le capsien de type «&nbsp;méditerranoïde&nbsp;» venant de l’est de la Tunisie. La culture capsienne est souvent décrite
    comme proto-berbère.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Histoire</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Le nom de «&nbsp;berbère&nbsp;» est issu de barbarus, donné par les gréco-romains à tout ce qui n’était pas de coutumes et de civilisation gréco-romaines. Les
    Romains n’ont jamais réussi à soumettre ces peuples, même après la prise de Carthage au II siècle av. J.C, d’où leur nom.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Parmi quelques grands noms de l’histoire antique amazighe, on peut citer&nbsp;: Mesnsen (Massinissa), Yugurthen (Jugurtha), Juba II, Apulée, Saint Cyprien, Saint
    Augustin, Dihya (Kahena), Kuseilan.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">L’époque moderne</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">La culture et les langues berbères ont survécu aux&nbsp; grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VII siècle) jusqu’à l’occupation française, en
    passant par la présence turque.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Cette culture reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie des berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande
    partie du Sahara – Touaregs en Algérie, Burkina Faso,&nbsp; Mali, Niger.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">En 1980, éclatent les manifestations du Printemps berbère, au cours desquelles les berbérophones de Kabylie et d’Alger réclament l’officialisation de leur
    langue.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">En 1996, une réforme de la Constitution algérienne reconnaît la dimension berbère du pays aux côtés de l’arabe et de l’islam. Parallèlement, les autorités fondent
    une Haut Commissariat à l’amazighité.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">En 2000, la chaîne Berbère Télévision commence à émettre dans cette langue depuis Paris.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée l’Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM) pour promouvoir la culture berbère.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">La langue</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Le berbère (tamazight) est à l’origine une langue du groupe afro-asiatique, représentée aujourd’hui par ses variantes parlées par les berbères. Ces variantes sont
    présentes depuis les îles Canaries jusqu’à l’Egypte, en passant par l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Niger et le Mali. On en dénombre une trentaine de variantes, restées proches les unes des
    autres, malgré la pression conjuguée de l’arabe et du français. On estime le nombre de locuteurs à 20 millions.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;Le berbère possède son propre système d’écriture que les Touaregs ont conservé&nbsp;: le tifinagh.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Le Maroc est le premier pays berbérophone avec une estimation de 40% de pratiquants du tamazight avec 4 variantes&nbsp;: le chleuh (tachelhit), le zayane (braber),
    le rifain (tarifit) et le ghomara.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Le chleuh est la variante berbère la plus pratiquée avec 8 à 10 millions de locuteurs. C’est le dialecte parlé dans la vallée d’OUZOUD.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Il se pourrait que le terme «&nbsp;Chleuh&nbsp;», d’origine arabe, vienne d’achluh, qui siginifie «&nbsp;natte en jonc, en alfa ou en palmier&nbsp;», dont on tissait
    les tentes.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Leur nom fut utilisé par Pierre Dac pour désigner les Allemands pendant la deuxième guerre mondiale, dans sa chanson «&nbsp;j’vais m’faire chleuh&nbsp;!&nbsp;». Il
    devint alors synonyme de Boches.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Il reprenait ainsi un usage récent de l’armée française qui, après l’installation du protectorat français au Maroc en 1911, avait dû affronter une vive résistance
    des combattants marocains. Cette pacification, proche par certains aspects d’une guerre coloniale, ne s’est véritablement achevée qu’à la fin des années 20.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Parmi les combattants les plus farouches, les guerriers chleuhs avaient apparemment laissé un souvenir cuisant aux militaires français, puisque pendant deux conflits
    mondiaux, leurs adversaires principaux, les Allemands, sont devenus «&nbsp;les Chleuhs&nbsp;».</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <h1 class="Style1">
    <span style="color: #003366;">AUJOURD’HUI AU MAROC</span>
  </h1>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">L’IRCAM (Institut Royal de la Culture Amazigh) a élaboré une synthèse des quatre dialectes berbères principaux afin de pouvoir l’enseigner dans les écoles primaires
    sur l’ensemble du territoire marocain. Les élèves, ont ainsi accès à la langue de leurs parents, sous forme de manuels scolaires et d’apprentissage à l’écriture tifinagh.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Le manque d’enseignants formés à cette langue ne permet pas encore sa diffusion dans l’ensemble du système scolaire mais la volonté du pouvoir est affirmée.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Ce revirement de situation (durant le règne de Hassan II la langue et la culture berbère étaient méprisées voire interdites) est probablement sous tendu par la
    nécessité&nbsp; impérieuse, pour Mohammed VI, de tenter de combattre l’influence de la culture arabe extrémiste, telle qu’elle tente de s’infiltrer par le biais de l’Arabie Saoudite
    principalement. Le peuple berbère pratique en effet, pour la grande majorité, un islam modéré et est farouchement attaché à ses traditions et à ses valeurs propres. Il est très difficilement
    influençable comme le démontre sa résistance à toute forme d’assimilation.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">Mais le danger de la perte de sa référence culturelle est bien réel avec la migration vers les villes des jeunes cherchant un travail pour survivre. Ceux qui ont eu
    accès aux études supérieures, sont &nbsp;souvent de farouches défenseurs de l’identité berbère. De nombreuses associations berbères sont actives sur le terrain. Elles jouent un rôle social,
    d’information et de relais entre le peuple, très souvent encore analphabète et le Pouvoir.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;">
    <span style="color: #003366;">La dictature de l’ancienne monarchie, le mépris et les brimades qu’ont subi le peuple berbère durant plusieurs générations ont fragilisé la conscience de la
    Berbérité chez les plus humbles et à contrario, stimulent à présent l’engagement politique des plus instruits.</span>
  </p>
  <p class="Style1" style="text-align: justify;"></p>
  <p class="Style1" style="text-align: center;">
    <span style="color: #003366;">Source: http://www.racines-asso.org/berberes.html<br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 03 Jan 2009 23:40:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-26392175.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-26392175-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Figures mythiques des mondes musulmans]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-14915956.html</link>        <description><![CDATA[<div align="justify">
    <strong><font size="3" color="#993366">Catherine <span class="smallcaps">Miller</span></font></strong>
  </div>
  <div align="justify">
    <strong><font color="#993366">&nbsp;</font></strong>
  </div>
  <h2 align="justify" class="titre-doc">
    <font size="3">Aguade, Jordi, Cressier P. et A. Vicente (eds.), <em>Peuplement et Arabisation au Maghreb Occidental. Dialectologie et Histoire.</em> Madrid-Zaragoza, Casa de Velazquez,
    Universidad de Zaragoza, 1998, 175p.</font>
  </h2>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <div id="resume">
    &nbsp;
  </div>
  <div id="toc">
    &nbsp;
  </div>
  <h4 align="center" style="background-color: rgb(153, 51, 102);" id="txt">
    <font size="3"><strong>Texte Intégral</strong></font>
  </h4>
  <div align="justify">
    <font size="3" color="#000080">Cet ouvrage réunit les actes (15 communications) d'un séminaire qui s'est tenu le 7 et 8 Juillet 1995 à l'Université de Saragosse. Saluons la parution d'un tel
    travail qui essaie de promouvoir l'interdisciplinarité en faisant participer sur un thème commun - l'arabisation du Maghreb - des linguistes mais aussi des historiens et des archéologues.
    L'ensemble présente plusieurs intérêts majeurs&nbsp;:</font>
  </div>
  <div align="center">
    &nbsp;
  </div>
  <ul class="listlevel1WW8Num15">
    <li>
      <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
        <font size="3" color="#000080">Il obéit à une réelle construction éditoriale ; la cohérence et la complémentarité des communications offrent un panorama à la fois général et détaillé de la
        situation dialectale marocaine accompagnée d'une mise en perspective historique et comparative. Les auteurs sont tous des spécialistes reconnus de leur domaine et la bibliographie fournit les
        principales sources anciennes et contemporaines.</font>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
        <font size="3" color="#000080">Il aborde des questions de fond concernant la pertinence des classifications, la validité des critères (historiques ou linguistiques) retenus pour établir ces
        classifications, le problème de la reconstruction historique à partir de sources variées, l'élaboration théorique des phénomènes d'évolution et de transmission linguistique (cf. la question
        de l'origine commune, des évolutions parallèles, la prise en compte des phénomènes de contact etc.). La question de l'unité ou diversité du domaine maghrébin partage d'ailleurs les auteurs.
        Ce questionnement théorique s'élabore dans le respect des travaux antérieurs. Les "pères fondateurs" de la dialectologie maghrébine (W. Marçais, P. Marçais, G.S. Colin mais aussi L. Bruno et
        D. Cohen) sont ici largement cités y compris lorsqu'il s'agit de mettre en évidence les progrès accomplis dans ce domaine.</font>
      </p>
    </li>
    <li>
      <div id="re001" style="display: none;">
        <div style="border: 2px solid rgb(128, 128, 128);">
          <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
            <font size="3" color="#000080">Il rappelle que la dialectologie (ou la linguistique de manière plus générale) ne peut se suffire à elle même et doit interroger les sources archéologiques
            ou historiques pour étayer le bien fondé de ses hypothèses (et vice versa). L'ouvrage montre cependant la difficulté d'une entreprise interdisciplinaire. La participation de l'histoire et
            de l'archéologie se résume à une communication chacune et les questions posées dans ces deux communications (cf. voir infra) ne reçoivent pas toujours d'écho dans les communications plus
            spécifiquement dialectales. Ceci n'enlève rien aux mérites de ce livre mais témoigne du fait que la plupart du temps la confrontation interdisciplinaire a lieu à un niveau plus général et
            est rarement pratiquée de façon systématique par faute de moyen.</font>
          </p>
        </div>
      </div>
    </li>
  </ul>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">Les articles se distribuent en plusieurs catégories. Les trois premiers (S. Levy, P. Cressier, B. Rosenberger) pose la question de l'histoire de l'arabisation et
    des parlers arabes au Maroc. Dans une perspective historique et comparative l'horizon s'élargit à l'arabe andalou (F. Corriente, I. Ferrando), au Maghreb (J. Grand'Henry), aux limites orientales
    des parlers maghrébins (P. Behnsted) et au Maltais (M. Vanhove). Tous ces articles fournissent des outils méthodologiques et des points de références chronologiques et géographiques. Suivent
    plusieurs études de cas sur des parlers marocains variés : Chefchaouen (E. Natividad), Anjra (A. Vicente), Tanger (Z. Iraqui-Sinaceur), Z'îr (J. Aguadé), Skûra (M. El Yaacoubi), Rabat (L.
    Messaoudi) dont certaines à partir de manuscrits plus anciens restés parfois inédits ou peu connus. Toutes décrivent les particularités des parlers respectifs et essaient de les définir. Le
    dernier article (D. Caubet) est une étude socio-linguistique sur une famille de Fès.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">L'ouvrage démontre la complexité de la situation (historique ou contemporaine) et la relativité des classifications générales (cf. parlers pré-hilaliens vs. parlers
    hilaliens, parlers citadins vs. parlers ruraux, montagnards, bédouins, parlers andalous parlers juifs etc-.). Ces classifications ne prennent pas en compte les nombreuses variations que dévoilent
    les études plus détaillées et plusieurs parlers présentent un caractère mixte car formés de plusieurs strates.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">S. Levy dresse un panorama général de la situation linguistique et de l'histoire de l'arabisation au Maroc. Il souligne le multilinguisme du pays lié à l'histoire
    de cette région (présences berbère, punique et romaine ; conquête arabe en plusieurs temps ; présence andalouse et/ou juive importante dans les villes, influence portugaise, domination espagnole
    et française). Ce multilinguisme a joué un rôle important dans la formation et l'évolution de l'arabe au Maroc mais également dans l'évolution du berbère. Il évoque les facteurs et les
    différentes phases de l'arabisation : la première phase (VIIIe-XIIe siècles) appelée pré-hilalienne s'est faite à partir de noyaux limités de populations arabes ou arabisées, à partir de bourgs,
    villes, marchés, le long des voies commerciales. La seconde phase, dite hilalienne, a été provoquée par l'arrivée de tribus arabes aux XIIe-XIIIe siècles. S. Levy montre la fluctuation de la
    carte linguistique. A travers les siècles des régions se sont arabisées mais parfois aussi à nouveau berbérisées. Les parlers citadins reflètent l'histoire de l'urbanisation : importance des
    parlers pré-hilaliens, andalous et juifs dans les vieux centres urbains de Fès, Sefrou, Rabat, Tetouan, Tanger, Moulay Idriss, citadinisation des parlers hilaliens dans les villes modernes de
    Casablanca, Rabat, Fés Jdîd, diffusion d'une koinè marocaine qui emprunte à la fois aux parlers pré-hilaliens et hilaliens et qui devient le marocain "standard".</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">L'archéologue P. Cressier se pose la question de la concomitance des processus d'arabisation/islamisation et urbanisation. Il indique que si l'islamisation est un
    phénomène facilement repérable pour un archéologue, il n'en est pas de même pour l'urbanisation car cela pose les problèmes de la définition des critères de l'urbain. Quant à l'arabisation, elle
    est extrêmement difficile à déterminer par les sources archéologiques seules. Il souligne donc la nécessité d'avancer avec prudence car il est par exemple très difficile de définir des techniques
    (poterie, céramique, architecture) comme plus ou moins berbères ou arabes. C'est ici toute la question des frontières culturelles… Très peu d'éléments nous permettent d'affirmer ou d'infirmer la
    présence de villes berbères avant la conquête arabe. Les groupes tribaux semblent avoir joué un rôle important dans la genèse des villes mais il y aurait eu le plus souvent un phénomène
    d'émulation entre des groupes locaux (berbères) et des groupes allochtones (orientaux). La formation de centres urbains n'implique pas toujours une arabisation linguistique ou culturelle.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">L'historien B. Rosenberger reprend cette question de la relation entre urbanisation/arabisation en s'appuyant sur les témoignages des historiens arabes. Il pense
    que les villes ont été les vecteurs de l'arabisation, mais d'une arabisation toute relative. Les premiers conquérants arabes ont créé des villes car ils étaient eux-mêmes des citadins, des
    Mecquois. Mais les Arabes étaient peu nombreux et rapidement les villes ont été peuplées par des populations arabisées ou bilingues. Le Maroc a été peu urbanisé et la population d'origine arabe
    était très minoritaire dans les premiers temps de la conquête. Les processus d'arabisation linguistique ont donc été lents, limités. Les locuteurs arabisés ou bilingues étaient le principal
    vecteur de ce processus d'arabisation. Ici données historiques et linguistiques se complètent pour mettre en lumière la spécificité des parlers marocains.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">Les articles de F. Corriente et I. Ferrando traitent de l'arabe andalou. Celui de Corriente indique la diversité dialectale régnant au sein du domaine andalou et
    souligne la difficulté posé par l'analyse diachronique du fait de la disparité des sources disponibles. Là encore le linguiste doit être prudent avant de conclure à la présence ou l'absence de
    similitudes entre les différents dialectes. En se basant sur le traitement de l'accent dans une forme tardive du parler de Grenade il passe en revue la question d'un accent phonémique en arabe
    andalou. I ; Ferrando compare les parlers andalous et maghrébins qui ont une origine commune mais des évolutions très différentes. La comparaison se fait entre arabe andalou et parlers marocains
    pré-hilaliens et pose là encore le problème de la disparité des sources. Celles pour l'arabe andalou sont médiévales alors que celles de l'arabe marocain sont contemporaines. Mais les sources
    andalouses apportent des éléments intéressants pour l'analyse de la phase médiévale des dialectes marocains. Il passe en revue de nombreuses isoglosses phonologiques, morphologiques et lexicales
    et indique que certains traits de l'arabe marocain non présents en andalou 'standard' (la koinè litéraire) se trouvent dans des formes substandards. Certains phénomènes (cf. la chute des voyelles
    courtes inaccentuées en marocain) sont donc plus anciens qu'on ne le pensait auparavant.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">J. Grand'Henry élargi la perspective historique et géographique puisqu'il parle de l'ensemble des parlers pré-hilaliens de l'Occident arabe médiéval, incluant le
    Maltais. Il postule l'unité profonde de ces parlers en se basant sur les ouvrages de lahn al-'âmma (grammaires des fautes) des grammairiens médiévaux maghrébins. Il considère que ces ouvrages
    témoignent de la situation dialectale entre le Xe et le XIIe siècle et permettent ainsi, en comparant avec les dialectes contemporains, d'établir des repères chronologiques. Il reprend les
    travaux non publiés de P. Molon (1978) mais s'appuie sur les nouvelles données de l'arabe andalou, du maltais et de la dialectologie maghrébine. Après avoir étudié un certain nombre de traits
    morpho-phonologiques spécifiques à l'arabe maghrébin, il en conclut que ces traits étaient déjà fixés dès le XII siècle.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">P. Behnsted décrit la frontière orientale des parlers maghrébins, l'Égypte, zone de transition entre les parlers maghrébins, palestinien, égyptiens et bédouins.
    Plusieurs régions en Égypte connaissent des parlers présentant des traits maghrébins : l'ouest du Delta, les parlers de la Haute Égypte et surtout ceux des Oasis occidentaux. Dans ces régions la
    migration des groupes arabes d'origine maghrébine est attestée dès les Xe-XIIIe siècles au Delta, à partir du XVe siècle en Haute Égypte. La population des oasis apparaît comme mixte. Mais tous
    ces parlers ont des traits maghrébins et non-maghrébins et se pose la question de leur classification et de leur formation. Est-ce que ce sont des parlers égyptiens qui ont pris des traits
    maghrébins ou l'inverse ? P. Behnsted pose ici l'intéressante question de la représentativité des isoglosses et critique une classification purement linguistique qui ne prend pas en compte des
    éléments extra linguistiques (traits culturels, techniques traditionnelles, histoire orale, histoire du peuplement, etc.). Il souligne également la nécessité de comparer avec des formes plus
    anciennes. Ainsi le parler de Farafra apparaît comme ayant conservé des traits maghrébins archaïques présents en arabe andalou. Là encore l'article appelle à la prudence en soulignant que le
    dialectologue ne doit pas se contenter des faits contemporains mais doit s'appuyer sur des faits historiques dans l'établissement de ces catégories.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">M. Vanhove fait le point sur l'histoire très particulière du parler maltais qui s'est trouvé isolé du reste du monde arabe à partir du XIIIe siècle. Le maltais a
    donc évolué de façon indépendante et apparaît comme un parler très mélangé sous l'influence de l'italien et de l'anglais. Il connaît d'autre part de nombreuses variantes dialectales. Son
    isolement en fait un domaine intéressant pour la dialectologie historique comparée puisque la comparaison entre les dialectes maghrébins et le maltais (comme avec l'arabe andalou) permet
    d'élaborer des hypothèses concernant l'évolution des dialectes maghrébins après le XIIIe siècle. Mais avant d'entreprendre la comparaison d'une liste d'isoglosses, M. Vanhove pose les jalons
    d'une réflexion théorique. Elle relativise l'unicité des dialectes arabes citadins pré-hilaliens dont le maltais fait partie. Elle suppose une mosaïque de dialectes pré-hilaliens qui ont par la
    suite connu des forces de différenciation et de koinisation. Elle insiste également sur la distinction entre critères novateurs et conservateurs car seuls les traits qui représentent des
    innovations renseignent sur le sens de l'évolution. Là encore l'auteur appelle à la prudence avant d'établir des classifications et de postuler des chronologies évolutives.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">Les articles suivants (E. Nativadad, A. Vicente, Z. Iraqui-Sinaceur, J. Aguadé, M. Yaacoubi et L. Messaoudi) décrivent des dialectes locaux urbain, ruraux,
    montagnards ou bédouin en s'interrogeant sur la classification établie par Colin. Tous reprennent à peu près la même liste d'isoglosses, ce qui permet au lecteur de vérifier ainsi les
    comparaisons. Le parler de Chefchaouen (Natividad) est décrit comme citadin pré-hilalien archaïque avec un substrat berbère important et partageant plusieurs traits avec les parlers juifs du
    Maghreb. Sa survivance questionne l'origine historique de cette ville (ville ancienne ou ville née d'une migration ?). La description du parler d'Anjra, dialecte montagnard de type pré-hilalien
    septentrional (Vicente) s'appuie sur une liste de proverbes recueillis par Westermack au début du XXe siècle. Le parler d'Anjra reste très mal connu et les travaux de Westermack fournisse un
    témoignage de l'état de ce dialecte (registre élevé) au début du siècle. On y retrouve des traits communs avec Chefchaouen, en particulier la présence des interdentales et de plusieurs voyelles
    brèves. L'article d' Iraqui-Zinaceur reprend aussi un manuscrit arabe inédit rédigé par un informateur tangérois de Colin en 1930. Colin avait établi une version en caractères latins de ce texte
    mais en gommant les traits les plus locaux et en le transposant en koinè marocaine. L'article établit une comparaison entre la version tangéroise et la koinè et compare également avec les autres
    dialectes citadins du Maroc. Elle propose un tableau des parlers arabes du Maroc et distingue quatre types de dialectes citadins. Celui de Tanger comme celui de Chefchaouen serait un parler
    citadin influencé par les parlers montagnards. On regrettera ici l'absence d'une comparaison plus systématique entre le texte arabe et les travaux de W. Marçais sur cette ville. L'article de J.
    Aguadé s'appuie également sur un ouvrage de 1915, les textes arabes de Zaër de V. Loubignac. Le parler de Zaër (Z'îr) est un parler bédouin Maaqil. Les Maaqil, probablement originaires du Yémen,
    s'installèrent au Maroc vers le XIIème siècle et sont actuellement au sud de Rabat. Aguadé fournit les principaux traits qui caractérisent le parler des Z'îr en comparant avec d'autres dialectes
    marocains ou arabes. On regrettera l'absence d'une conclusion permettant de mieux situer ce dialecte. El Yaacoubi présente un dialecte du Sud marocain, celui de l'oasis de Skûra très peu étudié
    jusqu'ici. Il s'agit d'un dialecte hilalien dans une zone berbérophone mais qui malgré sa position méridionale partage des traits avec les dialectes citadins alors que rien ne permet de supposer
    l'existence d'un vieux substrat urbain. Se pose donc la question de l'origine de ces traits. L. Messaoudi présente les trait du parler ancien de Rabat (parler citadin pré-hilalien) utilisé par
    les familles d'origine andalouse, parler actuellement en voie de disparition du fait de l'évolution urbaine et de la diffusion des parlers ruraux en voie de citadinisation (koinè marocaine). L.
    Messaoudi établit donc une comparaison entre le parler ancien de Rabat et la koinè marocaine.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">Comme M. Vanhove, D. Caubet s'interroge sur la classification "traditionnelle" des dialectes maghrébins établie par P. &amp; W. Marçais et reprise par Colin. Elle
    postule également la diversité des parlers pré-hilaliens. Elle souligne que les frontières linguistiques ne sont pas seulement géographiques, qu'elles peuvent traverser une même famille mais
    peuvent aussi s'abolir. Son étude sociolinguistique porte sur les usages linguistique d'une famille de Fès à travers trois générations. La branche maternelle de cette famille est d'origine fassie
    alors que la branche paternelle est d'origine rifaine en partie citadinisée. L'analyse de chaque idiolecte (les deux grands mères, les parents, les enfants) indique quels traits des parlers fassi
    et ruraux sont conservés, empruntés ou abandonnés par chaque locuteur. Elle montre ainsi comment s'établit la sélection des traits à l'intérieur d'une même famille et comment s'élaborent des
    parlers mixtes. L'analyse de cette famille semble indiquer que les traits caractéristiques du dialecte fassi sont gommés plus vite que les traits d'origine paysanne. Bien que prestigieux, le
    dialecte fassi est maintenant considéré comme trop marqué face à la koinè marocaine en formation. L'intérêt de cette étude est de montrer très concrètement comment s'élabore cette koinè en
    formation qui possède des traits citadins, ruraux, bédouins et qui ne s'est pas formé autour d'un ancien dialecte citadin prestigieux comme celui de Fès. Comme le souligne D. Caubet, ce genre
    d'étude sur la variation peut certainement nous aider dans notre analyse historique du changement linguistique.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">Pour conclure, on soulignera donc encore une fois le mérite de cette entreprise collective qui fournit les bases méthodologiques et théoriques pour mieux connaître
    l'histoire de l'arabisation au Maghreb. L'approche historique et sociolinguistique apparaît en complémentarité indissociable avec l'élaboration d'un atlas linguistique du Maroc (en préparation)
    car elle permet de ne pas s'enfermer dans des cadres géographiques trop rigides. La lecture de cet ouvrage soulève de nombreuses questions et l'on aimerait que ce type de projet soit effectué
    dans d'autres pays arabes pour élargir le champ comparatif. Je regretterai seulement que les éditeurs n'aient pas rédigé une conclusion provisoire récapitulant pour le lecteur les principaux
    acquis de ce séminaire en particulier en ce qui concerne la classification des dialectes et en soulignant les principaux domaines à explorer.</font>
  </p>
  <p lang="fr-FR" dir="ltr" class="texte">
    <font size="3" color="#000080">La vitalité et le renouvellement de la dialectologie marocaine est également illustrée par une publication de la Faculté des lettres et Sciences humaines de Rabat
    sous la direction de A. Benhallam: Langues et littératures. Contact et évolution historique des langues au Maroc. Vol XVI, 1998. Il s'agit également des Actes d'une table ronde qui s'est tenue à
    Marrakech le 12-15 janvier 1995 sur le thème de l'évolution des parlers et des phénomènes de contact. On y retrouve plusieurs auteurs de l'ouvrage précédent (Aguade, Caubet, Levy) et de nombreux
    autres spécialistes de la dialectologie marocaine ou du berbère (Benhallam, Bennis, Boudlal, Chetrit, Durand, ElMedlaoui, Iazzi, Youssi). Les deux ouvrages sont donc complémentaires (en
    particulier les articles de S. Bennis, D. Caubet et S. Levy). S. Bennis montre comment un parler (celui de Tadla), considéré comme hilalien, a en fait emprunté des traits considérés comme
    spécifiques aux parlers pré-hilaliens ou judéo-arabes et comment une variante traditionnellement considérée comme norme citadine l'est actuellement comme une norme bédouine. D. Caubet fait le
    point sur les problèmes de classification dialectale en reprenant les textes fondateurs de W. Marçais et en insistant sur les nuances que cet auteur avait apportées. Citant D. Cohen, elle insiste
    sur les questions d'évolution, de strate, d'emprunts etc. et fait un plaidoyer pour un renouveau dialectologique. De même S. Levy reprend ce problème de classification pour le Maroc et fournit de
    nombreuses références sur les recherches en cours qui permettent de renouveler les catégories. Le très riche texte de J. Chetrit concerne la communauté juive du Maroc et ses interactions avec la
    communauté musulmane. L'auteur, qui adopte une démarche socio-pragmatique, souligne "la polyphonie socioculturelle permanente". La communauté juive du Maroc ne peut pas être appréhendée comme une
    seule entité et il distingue trois grands groupes sociaux : les lettrés rabbiniques, les hommes et les femmes, enfin, ayant des usages linguistiques différents. Le premier groupe a été le plus
    influencé par la diglossie judéo-arabe/hébraico-araméen du fait de son contact avec les textes sacrés. J. Chetrit décrit les différentes phases de l'arabisation des communautés juives avec une
    première dès le début de la conquête arabe suivie d'une déstructuration de ces communautés et une nouvelle phase avec l'arrivée des réfugiés andalous. Le judéo-arabe est souvent rattaché aux
    dialectes pré-hilaliens mais l'analyse historique montre qu'il y a eu discontinuité et que selon les régions les communautés juives avaient des pratiques linguistiques différentes, certaines
    communautés du Sud marocain étant devenues berbérophones. J. Chetrit décrit la spécificité de la production textuelle juive mais aussi l'appropriation et l'intégration linguistique d'un très
    vaste corpus de littérature oral (contes, proverbes, poèmes, chants, récits narratifs) d'origine musulmane, réinséré dans la culture juive. Il présente également des cas de transfert inverses où
    des locuteurs musulmans ont intégré des spécificités du judéo-arabe. Son article apporte des éléments très documentés sur la question de la spécificité du judéo-arabe. Il souligne que
    l'interférence d'une langue à une autre ne doit pas être envisagée du seul point de vue grammatical et lexical mais aussi dans ses dimensions culturelles et religieuses. On retrouve cette
    approche pragmatique dans l'article de A. Yussi sur les langues secrètes. O. Durand, dans un article très technique sur la phonologie du marocain (découpage syllabique, accent, prosodie) insiste
    sur l'influence du berbère (amazigh) dans la phonétique de l'arabe marocain. M. ElMedlaoui poursuit dans la même direction en montrant à quel point l'évolution de l'arabe marocain est en partie
    fonction d'un ensemble de contraintes issues du berbère. Cette théorie de la contrainte apparaît comme très importante pour comprendre l'évolution diachronique d'une langue. E.M. Iazzi aborde la
    question fondamentale de l'unité vs. la diversité de la langue amazighe et considère que les berbérisants ont trop eu tendance à se focaliser sur les différences phonologiques et lexicales et à
    sous-estimer l'unicité du système morphologique. Il m'apparaît très important qu'un tel ouvrage collectif, regroupant des articles sur les parlers arabes et berbères, ait pu être publié au Maroc
    car ce type de travail reste encore malheureusement rare dans la plupart des pays arabes. Espérons qu'une ère nouvelle s'ouvre ici....</font>
  </p>
  <div align="center">
    &nbsp;
  </div>
  <div id="annexes">
    <h4 align="center">
      <font size="3" color="#000080">Pour citer cet article :</font>
    </h4>
    <div align="center">
      &nbsp;
    </div>
    <div class="pourciter">
      <div align="center">
        <font size="3" color="#000080">Catherine Miller, «Aguade, Jordi, Cressier P. et A. Vicente (eds.), Peuplement et Arabisation au Maghreb Occidental. Dialectologie et Histoire. Madrid-Zaragoza,
        Casa de Velazquez, Universidad de Zaragoza, 1998, 175p.»,<br>
        Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée [En ligne],<br>
        n°89-90 - Figures mythiques des mondes musulmans, juillet 2000.<br>
        Pagination : 354-361.<br>
        <br>
        <span style="background-color: rgb(153, 51, 102);">Source: http://remmm.revues.org/document2689.html</span><br>
        <br></font>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Mon, 24 Dec 2007 13:08:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-14915956.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-14915956-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Interrogations sur un mythe fondateur : L’arabité du monde arabe]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-12286955.html</link>        <description><![CDATA[
  <table align="justify" class="contentpaneopen">
    <tbody>
      <tr>
        <td width="100%" class="contentheading">
          <font color="#003366"></font>
        </td>
        <td width="100%" align="right" class="buttonheading">
          &nbsp;
        </td>
        <td width="100%" align="right" class="buttonheading">
          &nbsp;
        </td>
        <td width="100%" align="right" class="buttonheading">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <div align="justify">
    &nbsp;
  </div>
  <table align="justify" class="contentpaneopen">
    <tbody>
      <tr>
        <td width="70%" valign="top" align="left" colspan="2">
          <font color="#003366"><span class="small">						 Écrit par Mohamed Benitto&nbsp;</span></font>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td valign="top" class="createdate" colspan="2">
          <font color="#003366">30-08-2007				</font>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td valign="top" colspan="2">
          <div align="justify">
            <font color="#003366">Arabe est un terme dont les contours et limites manquent de précision.&nbsp; Le terme arabe ne définit donc ni une nationalité unique ni une religion unique. La
            tendance à considérer les Arabes sous l’angle de la religion est due au fait que le Coran, texte sacré de l’Islam, fut révélé en arabe et les Arabes étaient les&nbsp; premiers à répandre
            l’Islam dans plusieurs coins du monde. Le terme arabe est un terme qui suscite des controverses. De façon générale, un Arabe est défini comme celui dont la langue maternelle est la langue
            arabe. Plusieurs écrivains se penchèrent d’ailleurs sur la définition du terme arabe.</font><br>
            <br>
            <font color="#003366">&nbsp;</font><br>
            <font color="#003366"><strong>Exploration généalogique</strong></font><br>
            <font color="#003366">Ibn Khaldoun&nbsp; utilise une définition généalogique en limitant le terme arabe à ceux dont les&nbsp; origines remontent aux anciens habitants de la péninsule
            arabique. Il définit les Arabes à la fois par leur langue commune et le mode de vie de la bédouinité en faisant la distinction entre les bédouins et les citadins ou sédentaires. Les
            premiers mènent une vie purement nomade comme des éleveurs des chameaux et les derniers commencent à s’acheminer vers la civilisation. Le groupement solidaire est la source de la force
            des bédouins. Leur accession au mode de vie sédentaire entraîne un affaiblissement progressif de l’esprit du groupe. La civilisation en tant que mode de vie sédentaire est l’ennemi des
            bédouins, engendrant une désarabisation des structures sociales, de la langue et même de la race. Le mot arabe était souvent considéré comme synonyme de bédouin. On donnerait ce nom non
            pas aux citadins ou aux cultivateurs mais au membres des tribus qui, ayant émigré de l’Arabie à l’Egypte ou&nbsp; d’autres pays, étaient demeurés nomades. Pour Edward Atiyah dans The
            Arabs, les Arabes sont:</font><br>
            <font color="#003366">Un peuple nomade habitant la péninsule Arabe, une branche du groupe linguistique héréditaire qui a donné naissance également aux juifs. Des nomades arabes sont
            encore, non seulement dans la péninsule Arabe elle-même, mais également en Jordanie, en Syrie, en Irak, et en Afrique du nord. Ils sont connus comme bédouins</font><br>
            <font color="#003366">&nbsp; Originellement ce terme arabe désigne les bédouins, anciens habitants de la péninsule arabe qui menaient une vie tribale dans des tentes et se déplaçaient en
            utilisant des chameaux. Israël Ephal dans The Ancient Arabs : Nomads on the Borders of the Fertile Crescent,&nbsp; entama une enquête sur les Arabes et&nbsp; confirma que le nom
            fréquemment utilisé pour désigner les nomades vivant dans l’Arabie depuis le premier millénaire avant Jésus Christ est ‘Arabes’.&nbsp; Les pays voisins de la péninsule arabique
            appelaient&nbsp; les habitants de la péninsule arabique du nom ‘Aribi’, ‘Arabi et Arubu ’. Ce terme apparut pour la première fois dans des sources assyriennes dans une inscription du
            Shalmaneser III&nbsp; . Il est mentionné dans la bible dans les textes parlant de la période salomonique. Ce terme était employé au début pour désigner exclusivement les habitants de la
            partie nord de l’Arabie et du croissant fertile ; comme les bédouins s’étaient déplacés aux territoires de la population sédentaire du sud de l’Arabie, le terme désigne toute la
            population de la région.</font><br>
            <font color="#003366"><strong>Définition culturelle et étymologique.</strong></font><br>
            <font color="#003366">Dans Encyclopédie Universals, on trouve la définition suivante :</font><br>
            <font color="#003366">On appelle’ Arabes’ une ethnie que caractérise essentiellement l’usage de la langue arabe. Cette ethnie occupait, au moins depuis la seconde moitié du 1er millénaire
            avant J-C la péninsule arabique, à l’exception du sud de celle-ci. Elle a eu tendance à déborder sur les limitrophes au nord péninsule dés une antiquité reculée. A partir de la conquête
            musulmane, cette expansion a abouti à l’assimilation (arabisation) de très nombreuses populations.</font><br>
            <font color="#003366">Maxime Rodinson dans Les Arabes&nbsp; essaya d’éclaircir cette notion d’arabe à travers les critères de la langue, la culture et la conscience de l’arabité. Le
            critère fondamental qui définit l’appartenance à l’ethnie arabe est le fait de parler un dialecte de la langue arabe comme langue naturelle. La langue arabe est considérée comme langue
            officielle dans les constitutions de plusieurs pays arabes dans la péninsule arabique, l’Afrique du nord ou la partie de l’Asie qu’on appelle le croissant fertile. C’est la langue
            officielle dans le domaine administratif, littéraire et culturelle. Suivant le raisonnement logique, un arabisé peut parler parfaitement l’arabe et être d’une autre origine. Ce n’est pas
            alors la langue qui détermine l’arabité ; mais&nbsp; c’est&nbsp; plutôt l’origine car un individu peut être arabe si son origine est bien établie tout en parlant mal l’arabe. Le plus
            essentiel de ces critères est la conscience de l’identité arabe qui se traduit par l’identification avec l’histoire arabe et la revendication de la conscience de l’arabité qui l’ensemble
            des comportements, des rites et des coutumes socialement acquis et transmis dans tous les domaines. Autrement dit, le fait de manifester un sentiment d’appartenance à la collectivité
            humains des arabophones en s’attachant à la langue arabe,&nbsp; la culture arabe et l’organisation sociale qui reflète l’esprit du groupe et qui est lié à la civilisation et au mode de
            vie des premiers arabes de la péninsule arabique est une manière d’exprimer son arabité .&nbsp; L‘Islam joua évidemment&nbsp; un rôle primordial dans la construction de l’identité arabe.
            L’ethnie arabe fut&nbsp; le noyau et le diffuseur de l’Islam ; mais c’est une erreur de dire que tous les Arabes sont des musulmans ou tous les musulmans sont des Arabes. Parmi les Arabes
            on trouve des communautés chrétiennes en Egypte, au Liban, en Syrie et en Palestine et des quartiers juifs dans la plupart des grandes villes arabes.</font><br>
            <font color="#003366">Le terme arabe&nbsp; englobe tous les habitants de la péninsule arabique et leurs descendants qui habitent les autres pays arabes comme un groupe ethnique.
            Aujourd’hui le terme désigne un groupe culturel qui inclut tous les habitants du monde arabe du Moyen Orient à l’Afrique du nord qui fut arabisée par les conquêtes arabo-islamiques. Ce
            processus d’arabisation se produisit à travers l’établissement de la langue arabe comme langue officielle dans les pays conquis et la conversion de la majorité de la population à l’Islam
            ainsi que par le mariage mixte.&nbsp; Ce sont les liens linguistiques, culturels et institutionnels qui unissent les habitants des pays arabes, puis leur unification sous le drapeau
            idéologique de l’Islam . Il s’agit donc d’une communauté linguistique et culturelle avec une combinaison de types raciaux. Les Arabes, que l’on peut estimer à plus de 200 millions&nbsp;
            ne forment pas une race. Ils offrent des caractères ethnographiques et sociologiques largement partagés avec d’autres ethnies. Une conscience unitaire n’a été acquise par eux qu’à
            l’époque contemporaine.&nbsp; Pour l’élucidation de cette idée nous citons en exemple, les coptes en Egypte, les berbères au Maghreb et les maronites au Liban.</font><br>
            <font color="#003366"><strong>Les Berbères</strong></font><br>
            <font color="#003366">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les berbères sont les descendants des anciens habitants de l’Afrique du nord où la
            majorité des berbérophones est fixée . Ils peuplaient les plaines, les montagnes et les plateaux et construisaient leurs demeures de pierres et d’argiles. S’adonnant à la vie nomade, ils
            gagnaient leur vie en élevant des moutons et des bœufs. Les berbères occupèrent&nbsp; un espace très large, allant de l’océan Atlantique à l’Egypte, et des cotes méditerranéennes aux pays
            d’Afrique noire. Cet espace fut, au cours des siècles, arabisé sous l’avancée lente de l’Islam. La langue berbère est toujours parlée dans un grand nombre des régions, maintenant sa
            présence dans&nbsp; les pays du Maghreb où la population actuelle du Maroc est essentiellement berbère avec une estimation de 50°/° des berbérophones . Les tribus auxquelles ce nom de
            berbère est généralement donné peuvent être divisées en plusieurs groupes comme ‘Irifen’ dans la région du Rif, les ‘Shleuh’ dans la partie du haut Atlas, et les ‘Imasighen’ dans le
            nord-est du pays. Les dialectes parlés par ces tribus ont des différences qui peuvent être phonétiques, aussi bien que lexicales. La langue arabe est devenue cependant dominante : d’abord
            en tant que langue officielle du gouvernement, de l’administration, de la religion et puis comme la langue des couches culturellement et socialement plus élevées.</font><br>
            <font color="#003366">En Algérie,&nbsp; la Kabylie est une région un peu exclusivement berbérophone. Elle compte seule plus des deux tiers des berbérophones algériens. Les autres groupes
            berbérophones significatifs sont : les Chaouias, les Mzab et les Touarègues.&nbsp; L’arabe, ayant un support écrit, fut rapidement imposé comme langue véhiculaire sans changer pour autant
            les croyances et les traditions populaires. La population berbérophone est estimée à 30°/°&nbsp; et la langue est encore parlée dans les massifs du nord (Kabylie), du sud-est (Aurès) dans
            les régions du tell algérois et oranais. En Libye, les&nbsp; groupes berbérophones qui habitent dans les montagnes et les oasis manifestent une résistance en absence d’une reconnaissance
            officielle à l’instar des autres pays du Maghreb. La Tunisie est le pays du Maghreb qui compte le moins de berbérophones&nbsp; autour de 500 000&nbsp;&nbsp; à Djerba ainsi qu’au sud et au
            centre du pays. D’autre part, des milliers des berbérophones vivent dans les grandes villes du Maghreb où ils forment des communautés conservant non seulement leur langue mais aussi une
            partie de leurs traditions.</font><br>
            <font color="#003366">L’immense majorité des arabophones actuels ne sont que des berbères arabisés. C’est en tant qu’Arabes et musulmans que les Etats du Maghreb se définissent
            constitutionnellement. La politique linguistique et culturelle mise en œuvre depuis l’indépendance politique est celle de l’arabisation . La langue berbère n’a aucune place, ni dans le
            discours, ni dans les pratiques de l’institution. Le berbère, auparavant omniprésent, au cours des siècles,&nbsp; recula devant l’arabe ; mais cette arabisation linguistique, facilité par
            l’islamisation de l’Afrique du nord, fut accompagnée d’une arabisation socioculturelle aboutissant à une véritable assimilation de la majorité des populations des états Maghrébins. Cette
            assimilation est si grande que dans certains états (Tunisie, Libye)&nbsp; où le quasi totalité du peuple se dit arabe.</font><br>
            <font color="#003366">Il existe une histoire préislamique du Maghreb et la langue berbère peut être considérée comme la seule langue autochtone de l’Afrique du nord. L’Afrique du
            nord&nbsp; peuplée de berbères est devenue un ensemble des pays entièrement musulmans et très largement arabisés. L’arabité des pays maghrébins est donc une donnée historique,
            relativement tardive. Les nouveaux pouvoirs cherchèrent plutôt à réaliser l’unité nationale qu’à aider les aspirations régionales. Leur adhésion à la ligue arabe, leur politique
            d’arabisation fondée sur une scolarisation intensive&nbsp; oblitérèrent&nbsp; le caractère et l’identité berbère de la population du Maghreb.</font><br>
            <font color="#003366">Pendant la période coloniale, la langue arabe fut&nbsp; réduite au bénéfice de la langue française au Maghreb. Par souci de l’indépendance culturelle, les dirigeants
            nationaux, voulurent restaurer la langue arabe après l’indépendance. La diversité linguistique est considérée comme une menace pour l’unité nationale. L’unification linguistique&nbsp;
            était considérée primordiale pour&nbsp; parachever la construction&nbsp; et l’unité de&nbsp; la nation.&nbsp; Ainsi l’Arabisation les pays du Maghreb, comme&nbsp; confirme Gilbert
            Grandguillaume dans Arabisation et politiques Linguistiques au Maghreb&nbsp;&nbsp; est souvent présentée&nbsp; comme la face culturelle de l’indépendance, élément complémentaire de
            l’indépendance politique et économique . L’arabisation visait à répandre l’utilisation de la langue arabe dans l’enseignement, l’administration et l’environnement. La langue arabe fut
            restaurée comme véritable langue de l’enseignement, de la communication dans le domaine administratif et dans l’environnement, c’est à dire dans les lieux et les situations où la langue
            est utilisée, notamment dans les mass medias, dans les activités culturelles et aussi par les autres éléments du paysage culturel, tels que les enseignes des magasins, les plaques de
            signalisation routière…</font><br>
            <font color="#003366">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1980 la question berbère fait la une de l’actualité par les événements du printemps en Kabylie. Le printemps berbère fut l’indice
            de l’émergence d’une revendication identitaire dans un pays où la langue arabe fut érigée en principe constitutionnel comme la seule langue du pays . Depuis 1980 ce principe fut contesté
            par les militants du mouvement berbère qui fut à l’origine du renversement du monopole politique, idéologique et culturelle de la langue arabe. La mobilisation populaire en Kabylie pour
            la reconnaissance de la langue berbère fut manifestée par un boycott scolaire, par des manifestations et par plusieurs grèves générales. Cette revendication, qui est profondément ancrée
            en Kabylie depuis l’ouverture politique de 1989,&nbsp; fut traduite par une série de concessions comme la création des départements de berbère dans les deux universités de la Kabylie,
            l’introduction du berbère à la télévision, l’enseignement de la langue berbère et la création du haut commissariat à l’Amazighité.&nbsp;&nbsp; Le pays voisin de l’Algérie, le Maroc entama
            une politique&nbsp; visant à généraliser l’enseignement de la langue amazighe. En coordination avec le ministère de l’éducation nationale, l’Institut Royal de la Culture Amazighe
            (IRCAM)&nbsp; lança une formation des enseignants qui seront chargés de l’enseignement de cette langue avec comme cible la couverture de tous les niveaux dans le primaire et le secondaire
            à l’horizon 2008.</font><br>
            <font color="#003366">Le berbère qui veut aujourd’hui accéder au rang de langue officielle devra passer par une phase de normalisation conduisant à une codification des structures
            linguistiques. Il s’agira de gommer les différences régionales, au profit d’un parler ou d’un groupe de parlers pour favoriser l’émergence d’une langue commune, instrument de
            communication et de culture entre les différents groupes berbérophones. A cet égard, un grand progrès fut achevé&nbsp; au Maroc avec la standardisation de la langue amazighe avec la
            reconnaissance internationale de l’écriture Tifinaghe&nbsp; par l’organisation internationale de normalisation . Actuellement, la langue berbère est reconnue au Maghreb au niveau
            constitutionnel parallèlement avec le début de l’enseignement de cette langue dans les écoles publiques et son utilisation dans les médias publics. Avec la généralisation de
            l’enseignement publique de cette langue et vu que la majorité de la population du Maghreb est d’origine berbère, on peut envisager la diminution du caractère arabe des pays du Maghreb
            dans les années à venir avec une majorité écrasante des marocains parlant cette langue.</font><br>
            <font color="#003366"><strong>Les Maronites et les Coptes</strong></font><br>
            <font color="#003366">Les maronites sont les chrétiens qui se groupèrent autour d’un prêtre, Marron, et qui adoptèrent&nbsp; son mode de vie. Ils forment une communauté chrétienne
            appartenant au rite oriental du Liban. Cette communauté parlait à l’origine la langue syriaque qui était un dialecte de l’araméen. Le mot copte qualifie à la fois une langue, un peuple,
            un rite et une église. Avant la conquête arabe, l’Egypte était peuplé des chrétiens et son sol était recouvert des églises et des monastères. Les Coptes sont les héritiers de l’Egypte
            chrétienne qui était une province de l’Empire byzantin avant la conquête arabe . La langue copte est la seule descendante de l’Égypte ancienne.&nbsp; L’Egypte arabe naquit lorsque le pays
            fut atteint par le grand élan des conquêtes. La fraction de la population égyptienne moderne qui serait d’origine arabe est estimée à 6 °/°. Les&nbsp; coptes représentent, en Egypte, le
            cinquième&nbsp; de la population, soit cinq millions de chrétiens purement égyptiens, non arabisés . L’arabisation de l’Egypte est d’abord l’abandon progressif de la langue copte pour
            l’arabe. Le phénomène fut très rapide dans le domaine administratif où le grec était utilisé. La naissance d’une importante littérature chrétienne au huitième et quatorzième siècle acheva
            de réduire le copte à l’état de langue moins pratiquée et bientôt morte. L’arabisation&nbsp; progressa avec l’islamisation de l’Egypte qui&nbsp; conduisit à la discrimination des coptes à
            tous les échelons hiérarchiques et à la dissolution de leur identité. En gros, avant la conquête arabe, les chrétiens du Proche-Orient disposait de trois langues : le grec, le syriaque et
            le copte. Avec la conquête arabe, la situation se modifia profondément, l’arabe tendant à se substituer petit à petit au grec, au copte et au syriaque. Le grec et le copte ne sont donc
            plus des langues littéraires vivantes, mais seulement des langues liturgiques mortes.&nbsp;</font><br>
            <font color="#003366">En somme, le terme arabe&nbsp; désigne donc des populations descendantes d’origine différentes (berbère, copte, maronite), auxquelles la conquête arabe&nbsp; imprima
            le triple cachet de sa langue, de sa foi et de ses mœurs . La définition du terme arabe est liée aux facteurs linguistiques, politiques et culturels. L’appartenance a un des pays de la
            Ligue arabe, le fait de parler l’arabe comme langue maternelle, l'attachement aux coutumes et rites arabes sont des éléments qui se convergent pour forger l'identification arabe. Etre
            Arabe est une caractéristique civilisationnelle et culturelle plutôt qu’une marque raciale. Etre Arabe signifie que l’on est originaire du monde arabe où la langue officielle, les
            traditions, les mœurs et les valeurs sont communes et façonnés par l’outil linguistique unificateur. La civilisation arabe&nbsp; rassembla musulmans, chrétiens et juifs. Elle unifia&nbsp;
            Arabes, Africains et Berbères. Les musulmans, de même que les chrétiens et les&nbsp; juifs participaient à la grandeur de la civilisation arabe.</font>
          </div><font color="#003366"><br>
          <strong>Références bibliographiques :</strong><br>
          Monteil, V. Les Arabes. Paris : PUF, 1959<br>
          Chaker, S. Les Berbères Aujourd’hui. Paris : L’Harmattan, 1998<br>
          Grandguillaume, G. Arabisation et politiques Linguistiques au Maghreb.&nbsp;<br>
          Paris : Editions Maisonneuve Et Larose, 1983<br>
          Tiyah, E. The Arabs. Edinburgh: R&amp;R Clark LTD, 1955<br>
          <br></font>
          <div align="center">
            <font color="#003366">Source: tamaynutfrance.org</font>
          </div>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <div align="justify"></div>

  
]]></description>
        <pubDate>Mon, 10 Sep 2007 19:04:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-12286955.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-12286955-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ideqqi, arts de femmes berbères]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-11985398.html</link>        <description><![CDATA[
  <p>
    <br>
    <a href="http://www.quaibranly.fr/index.php?id=2835" target="_blank"><img width="175" vspace="10" hspace="10" height="262" border="0" align="left" alt="" src=
    "http://www.mondeberbere.com/societe/actu/2007_iddeqi_branly.jpg"><font size="4"><strong>Ideqqi, arts de femmes berbères</strong></font></a><br>
    <font size="3" color="#003366">Musée du quai Branly, Paris<br>
    <font size="5" color="#FFFFFF"><strong style="background-color: rgb(255, 0, 0);">19 juin – 16 septembre 2007</strong></font></font>
  </p>
  <p align="justify">
    <font size="3" color="#003366">Ideqqi, arts de femmes berbères met l’accent sur une forme d'art populaire authentique, encore largement ignoré du grand public. La poterie modelée est un témoin
    aussi précieux que fragile d’un lointain passé&nbsp;: formes arrondies et moulées, décors incisés ou en relief –&nbsp;que l’on retrouve dans les pièces du néolithique –, décors peints –&nbsp;qui
    s’apparentent à ceux des vases puniques et des poteries siciliennes. L’exposition met en lumière l’originalité de ces pièces par rapport aux faïences citadines, et souligne leur ancrage africain
    très marqué et leur relation étroite avec l'art ancien de la Méditerranée.</font>
  </p>
  <p>
    <font size="5"><a href="http://www.quaibranly.fr/fr/actualites/editions-du-musee/catalogues-d-exposition/ideqqi-art-de-femmes-berberes/index.html" target="_blank">&gt;&gt; Catalogue de
    l'exposition</a><br>
    <a href="http://modules.quaibranly.fr/ideqqi/index_fr.html" target="_blank">&gt;&gt; L'exposition virtuelle<br>
    <br></a></font>
  </p>
  <div align="center">
    source: mondeberbere.com
  </div>

  
]]></description>
        <pubDate>Sat, 25 Aug 2007 22:00:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-11985398.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-11985398-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Tamazight, la constitutionnalisation ou la mort]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-6920086.html</link>        <description><![CDATA[<ul style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 153);" class="jwajaxvote-star-rating">
    <li>&nbsp;</li>
    <li><font size="3">&nbsp;</font></li>
    <li><font size="3">Ce livre de Mohamed El Manouar constitue une contribution majeure &agrave; la litt&eacute;rature du mouvement amazighe au Maroc. Con&ccedil;u de mani&egrave;re p&eacute;dagogique, &eacute;crit dans une langue accessible pour tous, il inscrit la probl&eacute;matique de l&rsquo;officialisation de la langue amazighe dans un cadre g&eacute;n&eacute;ral et mondial. Arguments historiques, juridiques, sociologiques et politiques &agrave; l&rsquo;appui, ce livre est un regard serein et sans concession sur le multilinguisme dans le monde et les politiques linguistiques adopt&eacute;es par les Etats &agrave; travers la plan&egrave;te un argumentaire cr&eacute;dible et d&eacute;passionn&eacute;, interpelle les intellectuels et d&eacute;construit les topiques totalitaires et les discours monolithiques qui con&ccedil;oivent la diversit&eacute; linguistique comme source de d&eacute;sint&eacute;gration. Il affirme, sans ambigu&iuml;t&eacute; aucune, l&rsquo;obligation pour l&rsquo;Etat d&rsquo;officialiser l&rsquo;amazighe dans ses textes fondateurs. Un livre qui force notre respect et milite en faveur d&rsquo;une objectivit&eacute; salvatrice qui offre une alternative civilisationnelle &agrave; la coexistence fructueuse des langues et des cultures. <img width="200" height="95" style="margin: 5px; float: left; width: 200px; height: 95px;" title="tamazight" alt="tamazight" src="http://www.amazighnews.net/images/stories/publications/tamazight.jpg" /><strong>L&rsquo;auteur :</strong>Natif d&rsquo;Amednagh, Lqal&acirc;a n Imgoun, Lakhmis d Dades dans la province de Ouarzazate, Mohamed El Manouar, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; au service de l&rsquo;administration marocaine dans plusieurs secteurs administratifs et financiers, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur et &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger entre 1973 et 2003, est aussi &eacute;crivain et chercheur.Historien et publiciste de formation, il s&rsquo;int&eacute;resse &agrave; une vari&eacute;t&eacute; de dimensions de la soci&eacute;t&eacute; rurale marocaine.<br />     </font></li>
</ul>
<div style="color: rgb(51, 51, 153);"> </div>
<div style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 153);" class="tagbot"><font size="3"><br /> Ses publications focalisent l&rsquo;organisation sociale, la r&eacute;sistance, le droit coutumier et le d&eacute;veloppement local dans certaines de ses dimensions.<a onclick="window.open('http://reddit.com/submit?url=http%3A%2F%2Fwww.amazighnews.net%2F2007063015%2FTamazight-la-constitutionnalisation.html&amp;title=AmazighNews-Tamazight%2C+la+constitutionnalisation+ou+la+mort', 'Reddit','toolbar=no,width=700,height=600,resizable=yes'); return false;" target="_blank" href="http:///"><br /> </a><br /> <strong> Pourquoi cet ouvrage ?<br /> Comment s&rsquo;articule-t-il ?<br /> Quelle finalit&eacute; ?</strong><br /> <br /> Cette r&eacute;flexion volontariste dont le texte &eacute;labor&eacute; en 2005, dans un contexte particulier, est une sorte de plaidoirie, une r&eacute;ponse et une mise &agrave; disposition d&rsquo;un argumentaire objectif &agrave; l&rsquo;adresse des militants de la mouvance culturelle amazighe, des intellectuels non corrompus, une conviction partag&eacute;e par les plus justes, confort&eacute;e par le droit.<br /> <br /> Une plaidoirie en hommage &agrave; la langue amazighe qui, sans sa reconnaissance par les textes fondateurs du pays, risque de dispara&icirc;tre au fil des quelques temps &agrave; venir et avec elle tout un pan d&rsquo;un patrimoine universel prestigieux, plusieurs fois mill&eacute;naire, &agrave; cause des profondes mutations que conna&icirc;t et conna&icirc;tra notre soci&eacute;t&eacute; en termes d&rsquo;urbanisation, d&rsquo;exode, de globalisation et d&rsquo;assimilation. Les antidotes dont b&eacute;n&eacute;ficiait cette culture par le pass&eacute; disparaissent aujourd&rsquo;hui sous nos yeux.<br /> <br /> Une r&eacute;ponse, une r&eacute;plique &agrave; toutes les inepties colport&eacute;es par ceux qui consid&egrave;rent la langue amazighe, comme un patois sans importance. Sa reconnaissance comme source de dislocation, de d&eacute;stabilisation de l&rsquo;unit&eacute; nationale, une source de conflit. Son apprentissage, une perte de temps, une gabegie. Ce discours est d&eacute;suet, surann&eacute;, car il ne repose sur aucune consid&eacute;ration objective et convaincante.<br /> <br /> Un argumentaire juridique, historique, sociologique, linguistique opposable aux tiers. Une probl&eacute;matique qui s&rsquo;ancre dans les pr&eacute;occupations actuelles de la soci&eacute;t&eacute; civile et des organisations internationales. Un cas qui n&rsquo;est pas isol&eacute;. Il est le microcosme de la probl&eacute;matique identitaire des soci&eacute;t&eacute;s multiculturelles que repr&eacute;sentent plus de 91% des collectivit&eacute;s de cette plan&egrave;te. L&rsquo;unilinguisme &eacute;tant une rare exception.<br /> <br /> Une conviction, une n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;officialiser, de reconna&icirc;tre l&rsquo;amazighit&eacute; dans toutes ses dimensions dans les textes fondateurs de l&rsquo;Etat. Cette reconnaissance pr&eacute;sidera, &agrave; coup s&ucirc;r, &agrave; une plus forte implication des citoyens amazighe dans l&rsquo;appartenance &agrave; ce pays, qui est le leur. Cette reconnaissance implique une plus forte coh&eacute;sion sociale de toutes les composantes du pays. Sa non reconnaissance engendra des r&eacute;sistances, des amertumes apparentes ou occultes qui vont nourrir des sentiments d&rsquo;exclusion et de r&eacute;volte.<br /> <br /> L&rsquo;approche adopt&eacute;e consiste donc &agrave; construire, &agrave; articuler cette investigation sur un sch&eacute;ma qui va du g&eacute;n&eacute;ral au particulier. Autrement dit, le singulier, l&rsquo;amazighit&eacute; s&rsquo;inscrit parfaitement dans le g&eacute;n&eacute;ral, l&rsquo;universel. L&rsquo;amazighit&eacute; est loin d&rsquo;&ecirc;tre un cas scolastique isol&eacute;, une d&eacute;couverte exotique et insolite. Elle est un cas parmi tant d&rsquo;autres dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Elle est une revendication d&rsquo;identit&eacute;, de langue et de culture. Elle est un cri contre l&rsquo;oppression, l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie, la r&eacute;pression. Elle est une fa&ccedil;on de revendiquer sa nature, sa substance, sa culture, ses racines dans un terroir confisqu&eacute;, envahi, occup&eacute;, colonis&eacute; par une minorit&eacute; &eacute;prise de rapine, de d&eacute;pravation et de sauvagerie.<br /> <br /> Notre approche consiste donc &agrave; prospecter la langue dans ses enjeux pluriels, son instrumentation, &agrave; cerner certaines r&eacute;alit&eacute;s uni et multilinguistes et de clore, d&rsquo;analyser la situation qui pr&eacute;vaut dans notre r&eacute;gion, pr&eacute;lude &agrave; l&rsquo;incontournable n&eacute;cessit&eacute; de reconna&icirc;tre, d&rsquo;officialise dans les textes fondateurs des Etats et dans la pratique quotidienne la r&eacute;alit&eacute; amazighe.<br /> <strong><br /> 1- Les enjeux de la langue :</strong><br /> La langue est instrumentalis&eacute;e comme un moyen d&rsquo;&eacute;mancipation, d&rsquo;identit&eacute;, de d&eacute;finition des nations, de s&eacute;cession et de domination. Elle est certainement un moyen de communication, de pens&eacute;e, une mani&egrave;re d&rsquo;&ecirc;tre. Au-del&agrave;, la langue a toujours &eacute;t&eacute; per&ccedil;ue dans une dialectique, une vision manich&eacute;enne qui oppose des concepts : langue/dialecte.<br /> <br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Menaces qui p&egrave;sent sur les langues et les cultures. D&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; de leur sauvegarde.<br /> &nbsp;<br /> Instrument d&rsquo;&eacute;mancipation :<br /> Cas des r&eacute;publiques de l&rsquo;Asie centrale qui ont consacr&eacute; l&rsquo;abandon de la langue russe et l&rsquo;adoption des langues locales, ouzbek, turkm&egrave;ne, tadjik, kazakh et kirghize. Apr&egrave;s l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS en 1991, le probl&egrave;me des langues devint une pr&eacute;occupation majeure. La revendication linguistique a fortement marqu&eacute; les &eacute;v&eacute;nements qui agitent les r&eacute;publiques d&rsquo;Asie centrale depuis le milieu des ann&eacute;es quatre vingt.<br /> <br /> <strong> D&rsquo;identit&eacute; :</strong><br /> L&rsquo;affirmation identitaire rev&ecirc;t plusieurs formes : caract&egrave;re territorial, histoire, traditions, religion, mythes fondateurs :<br /> Exemples :<br /> Territoire : Isra&euml;l, Inde<br /> Histoire : la Bretagne et l&rsquo;Arm&eacute;nie.<br /> Religion : l&rsquo;Irlande et les principaut&eacute;s roumaines.<br /> Les mythes fondateurs : les peuples Celtes, Slaves, Tch&egrave;ques.<br /> Les nations baltes avaient fond&eacute; leur &eacute;veil national au XIX&egrave;me si&egrave;cle sur l&rsquo;Histoire, le territoire, l&rsquo;ethnographie, la linguistique.<br /> Estonie : la langue a jou&eacute; un r&ocirc;le principal de &laquo; marqueur identitaire &raquo;.<br /> Les estoniens et les lituaniens sont des peuples qui avaient connu les affres de l&rsquo;occupation &eacute;trang&egrave;re, ce qui explique qu&rsquo;ils avaient v&eacute;cu comme des marginaux dans leurs propres pays.<br /> <br /> <strong> L&rsquo;H&eacute;breux :</strong><br /> La renaissance de l&rsquo;h&eacute;breu a dynamis&eacute; le r&eacute;veil de la conscience juive selon la triptyque : peuple, terre, langue.<br /> La vison d&rsquo;Eliezer Ben Y&eacute;houda : 1878, il quitte l&rsquo;Allemagne pour J&eacute;rusalem. En 1890, il cr&eacute;a une commission de la langue h&eacute;bra&iuml;que.<br /> Religion, langue et politique : cas de l&rsquo;Inde et lePakistan.<br /> L&rsquo;ourdou symbolise l&rsquo;Islam, le Hindi, l&rsquo;Indouisme et le Panjabi, le Sikkhisme.<br /> <strong><br /> Montaut souligne que :</strong><br /> &laquo; Pas de coh&eacute;sion d&eacute;mocratique sans sentiment de repr&eacute;sentation de chaque groupe et sans possibilit&eacute; de participation au d&eacute;veloppement culturel et social &raquo;.<br /> <strong><br /> De d&eacute;finition des nations :</strong><br /> Alliances bas&eacute;es sur l&rsquo;outil linguistique, sur la langue. Alliances dont les fronti&egrave;res se dilatent au gr&eacute; des circonstances.<br /> Cas de l&rsquo;Egypte et de la Syrie est &agrave; ce point de vue &eacute;loquent.<br /> <br /> Les notions de al qawmiyya ( &agrave; connotation linguistique) et al wataniyya (&agrave; connotation patriotique).<br /> <br /> De l&agrave; d&eacute;coule les notions du nationalisme arabe au singulier et au pluriel.<br /> La revendication de l&rsquo;identit&eacute; arabe permet de mobiliser le soutien des pays arabes notamment au moment de crise.<br /> <br /> <strong> De s&eacute;cession :</strong><br /> Le cas du Sri Lanka (Ceylan) : le singhalais, langue majoritaire, le tamoul, minoritaire.<br /> <br /> <strong> De domination :</strong><br /> Cas de la France, de l&rsquo;Allemagne, des Etats-Unis, de la Chine.<br /> Syst&egrave;me jacobin, centriste qui impose sa langue et p&eacute;jore les langues locales.<br /> Les rapports entre les langues transposent ceux des communaut&eacute;s en pr&eacute;sence :<br /> Les moyens utilis&eacute;s : la religion, les constitutions, l&rsquo;&eacute;cole, les &eacute;lites locales, les domestiques&hellip;<br /> <br /> Hamidou Kane : &laquo; L&rsquo;&eacute;cole &eacute;trang&egrave;re est la forme nouvelle de la guerre que nous font ceux qui sont venus &raquo;.<br /> L&rsquo;Empire Ottoman : le turc Osmanli<br /> L&rsquo;Empire romain : le latin.<br /> L&rsquo;Arabe, le portugais, l&rsquo;espagnol, le fran&ccedil;ais, l&rsquo;anglais, le russe, le mandarin.<br /> <br /> <strong> Manipulation des langues :</strong><br /> Cas de l&rsquo;Inde, du Pakistan : l&rsquo;Ourdou, le hindi, l&rsquo;Hindoustani<br /> R&ocirc;le des m&eacute;dias, de la chorale<br /> La Gr&egrave;ce : la langue dimitiki et kathar&eacute;vousa<br /> L&rsquo;Ile Maurice et la R&eacute;union<br /> L&rsquo;Albanie : le Tosque et le Gu&egrave;gue<br /> La Yougouslavie : le serbo-croate est la principale langue.<br /> Il s&rsquo;agit en r&eacute;alit&eacute; de plusieurs langues : le serbe, le croate, le bosniaque, le mont&eacute;n&eacute;grin<br /> <br /> L&rsquo;Am&eacute;rique du Sud : le quechna, le nahuaa, l&rsquo;espagnol : face &agrave; l&rsquo;espagnol, les langues locales se maintiennent et &eacute;voluent normalement. Par contre, les langues indiennes d&rsquo;Am&eacute;rique du Nord sont menac&eacute;es face &agrave; l&rsquo;anglais.<br /> <strong><br /> 2- Le multi et l&rsquo;uni-linguisme :</strong><br /> Plus de 91% des Etats du monde sont dans une situation de multilinguisme. 40 % des Etats ont des minorit&eacute;s linguistiques de moindre importance notamment en Europe et en Am&eacute;rique du Sud. 160 Etats sont confront&eacute;s &agrave; des minorit&eacute;s difficilement contournables : cas de l&rsquo;Afrikaans en Afrique du sud. Des majorit&eacute;s minoris&eacute;es, d&eacute;chir&eacute;es, cas des imazighen au Maroc.<br /> <br /> L&rsquo;Asie, l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Oc&eacute;anie sont domin&eacute;es par un multilinguisme accentu&eacute; : 70 % de la population mondiale.<br /> <br /> La plan&egrave;te compte environ 6700 langues, soit une moyenne de 29,9 langues par pays :<br /> L&rsquo;Inde : 380 langues, le Cameroun : 269, les Philippines 160, le Pakistan 67, le Kenya 59, Madagascar 50.<br /> <br /> L&rsquo;unilinguisme est une exception. Sur 224 Etats, seuls 29 sont linguistiquement homog&egrave;nes, soit 12,9 % : 7 en Am&eacute;rique, 4 en Afrique, 7 en Europe, 7 en Asie et 4 en Oc&eacute;anie.<br /> <br /> Paradoxalement : 80 % des Etats de la plan&egrave;te ont opt&eacute; pour une politique d&rsquo;unification linguistique.<br /> <br /> D&rsquo;autres 20 % ont opt&eacute; pour un multilinguisme pour des raisons de stabilit&eacute; et de paix sociales, d&rsquo;autres pour une langue &eacute;trang&egrave;re, d&rsquo;autres pour assimiler les collectivit&eacute;s tout en les reconnaissant. Une chose est certaine, la reconnaissance ne rompt pas avec les antagonismes qui se manifestent dans ces soci&eacute;t&eacute;s multiculturelles.<br /> Cas de la Finlande, du Canada, la Suisse, l&rsquo;Irlande, Hawa&iuml;.<br /> <strong><br /> Situation du bilinguisme dans le monde :</strong><br /> En Oc&eacute;anie : 7 Etats sur 13 sont constitutionnellement bilingues.<br /> En Afrique, sur 53 Etats, 16 sont bilingues.<br /> En Asie, sur 44 Etats, 7 sont bilingues.<br /> En Europe, 8 sont bilingues.<br /> En Am&eacute;rique, sur 34 Etats, 2 sont bilingues.<br /> <strong><br /> La reconnaissance des langues nationales :</strong><br /> <a onclick="window.open('http://reddit.com/submit?url=http%3A%2F%2Fwww.amazighnews.net%2F2007063015%2FTamazight-la-constitutionnalisation.html&amp;title=AmazighNews-Tamazight%2C+la+constitutionnalisation+ou+la+mort', 'Reddit','toolbar=no,width=700,height=600,resizable=yes'); return false;" target="_blank" href="http:///"><br /> </a></font>
<ul>
    <li><font size="3"> 	La Suisse</font></li>
    <li><font size="3"> 	La Belgique</font></li>
    <li><font size="3"> 	L&rsquo;Espagne</font></li>
    <li><font size="3"> 	Malte</font></li>
    <li><font size="3"> 	L&rsquo;Afghanistan</font></li>
    <li><font size="3"> 	Le Niger</font></li>
    <li><font size="3"> 	L&rsquo;Afrique du Sud</font></li>
    <li><font size="3"> 	Le Rwanda</font></li>
    <li><font size="3"> 	L&rsquo;Erythr&eacute;e</font></li>
    <li><font size="3"> 	Les Seychelles</font></li>
    <li><font size="3"> 	Le Br&eacute;sil</font></li>
    <li><font size="3"> 	Le P&eacute;rou</font></li>
    <li><font size="3"> 	La Colombie</font></li>
    <li><font size="3"> 	Le Nicaragua</font></li>
</ul>
<font size="3"><br /> <strong> 3- Le cas du Nord de l&rsquo;Afrique :</strong><br /> <br />  La domination d&rsquo;une langue s&rsquo;&eacute;labore &agrave; partir d&rsquo;une id&eacute;ologie et des moyens mis en &oelig;uvre pour la faire aboutir.<br />  Le cas du nord de l&rsquo;Afrique est assez particulier et m&eacute;rite toute notre attention. Il est l&rsquo;objet principal de cette r&eacute;flexion.<br />  Il me semble qu&rsquo;il ne faut pas perdre de vue certaines observations capitales :<br />  Les autochtones ne sont pas une minorit&eacute;, ils sont une majorit&eacute; minoris&eacute;e, d&eacute;chir&eacute;e &agrave; dessein.<br />  Le nord de l&rsquo;Afrique depuis le Nil jusqu&rsquo;aux &icirc;les est le terroir des imazighen. Il n&rsquo;est pas et ne sera jamais arabe.<br />  Les imazighen ont opt&eacute; pour la religion et non pour l&rsquo;arabisme.<br /> <strong><br /> La p&eacute;riode coloniale :</strong><br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Syst&egrave;me jacobin : imposition de la langue du colonisateur<br /> <br /> <strong> La d&eacute;colonisation :</strong><br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Evacuation de la sp&eacute;cificit&eacute; amazighe<br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Arabisation d&eacute;magogique<br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alphab&eacute;tisation<br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rejet de la dimension amazighe<br /> <br /> <strong> Le mouvement national:</strong><br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Triptyque : arabit&eacute;, islam, nation.<br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Souhait de fonder un parti unique et solidarit&eacute; avec le monde arabe.<br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lutte contre la dimension berb&egrave;re et rurale.<br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rejet de la dimension r&eacute;elle du pays : l&rsquo;amazighit&eacute;.<br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Falsification de la v&eacute;ritable histoire du pays. Ignorance de l&rsquo;Antiquit&eacute; amazighe, suppression des &eacute;tudes berb&egrave;res, dialectisation de la langue amazighe, arabisation sauvage &agrave; outrance. Interdiction des parlers amazighes.<br />  Morcellement du monde amazighe.<br />  Abolition du droit coutumier amazighe.<br /> <br /> <strong> Le mouvement culturel amazigh :</strong><br />  La r&eacute;sistance arm&eacute;e.<br />  &OElig;uvre de pionniers solitaires.<br />  Discours du Professeur Chafik &agrave; l&rsquo;Acad&eacute;mie du Royaume.<br />  Manifeste d&rsquo;Agadir.<br />  Groupe Chafik.<br />  Manifeste du Rif.<br />  Communiqu&eacute;s des&nbsp; associations culturelles.<br /> <strong> Les pr&eacute;mices d&rsquo;une mutation :</strong><br />  Tentative de cr&eacute;ation de l&rsquo;Institut des recherches berb&egrave;res.<br />  Discours Royal 1994 : Feu Hassan II soul&egrave;ve le couvercle.<br />  Med VI : discours du Tr&ocirc;ne.<br />  Discours d&rsquo;Ajdir.<br />  Cr&eacute;ation de l&rsquo;Ircam.<br /> <br /> <strong> 4- L&rsquo;Officialisation de Tamazight :</strong><br />  De l&rsquo;officialisation :<br />  Les enjeux<br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les positions de la soci&eacute;t&eacute; civile et politique<br /> <br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>Une sorte d&rsquo;amazighophobie :</strong><br /> </font>
<ul>
    <li><font size="3">La peur</font></li>
    <li><font size="3">&nbsp;La reconnaissance.</font></li>
    <li><font size="3">&nbsp;L&rsquo;unit&eacute;, la diversit&eacute; loin de l&rsquo;adversit&eacute;.</font></li>
</ul>
<font size="3"><br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>Les enjeux pour affronter les d&eacute;fis de la modernit&eacute; </strong>:<br /> </font>
<ul>
    <li><font size="3">La reconnaissance</font></li>
    <li><font size="3">L&rsquo;identit&eacute; premi&egrave;re, fondatrice</font></li>
    <li><font size="3">Le syst&egrave;me f&eacute;d&eacute;ral</font></li>
    <li><font size="3">La la&iuml;cit&eacute;</font></li>
    <li><font size="3">Le pluralisme</font></li>
    <li><font size="3">Les droits</font></li>
    <li><font size="3">Les devoirs</font></li>
    <li><font size="3">L&rsquo;&eacute;thique</font></li>
    <li><font size="3">La repr&eacute;sentativit&eacute;</font></li>
</ul>
<font size="3"><br /> Et de clore, je dirais avec Mao Ts&eacute;-Toung : &laquo;&nbsp; La vraie culture, celle que personne n&rsquo;a encore jamais eue, c&rsquo;est &ecirc;tre de la masse et avoir la parole &raquo;. Mieux encore, je dirais que les langues des imazighen commencent &agrave; se d&eacute;lier, honni le paradigme de l&rsquo;arbitraire, de la pens&eacute;e unique, forc&eacute;ment inique, arabiste aux abois.<br />  Pr&eacute;face<br /> &laquo; Il vaut mieux allumer une bougie que de&nbsp; r&acirc;ler contre les t&eacute;n&egrave;bres &raquo; dit le proverbe chinois. C&rsquo;est le but que se propose Mohamed El Manouar, l&rsquo;auteur de ce travail : apporter une contribution pour une petite lueur de clart&eacute; pour vaincre l&rsquo;obscurantisme!<br /> <br />  L&rsquo;ostracisme dans lequel est maintenue cette identit&eacute; pose une question lourde de signification.<br /> <br /> Les intellectuels, d&eacute;fenseurs de tous les patrimoines, ne semblent pas &ecirc;tre marocains. Ceux-ci, s&rsquo;ils ne se d&eacute;clarent pas &ecirc;tre ouvertement pour la mort de Tamazight, ils se terrent dans un silence de mort.<br /> <br /> L&rsquo;arrogance des uns, anim&eacute;s par un m&eacute;pris l&eacute;gendaire contre cette identit&eacute;, attise toutes les formes de r&eacute;action que n&eacute;cessite une&nbsp; survie vivace de plusieurs mill&eacute;naires.<br /> <br />  Pour les autres ils participent au&nbsp; complot du silence oubliant que&nbsp; &laquo; le silence et le sang vont de pair &raquo;.<br /> <br /> Pour les imazighen, le danger ne r&eacute;side pas dans la dictature impos&eacute;e par cette classe pseudo intellectuelle, mais par leur immense propension &agrave; l&rsquo;ob&eacute;issance aveugle et sans limite pour leur propre n&eacute;gation.<br /> <br />  D&rsquo;un cot&eacute; un m&eacute;pris total et de l&rsquo;autre une passivit&eacute; d&eacute;passant tout entendement.<br />  Ingr&eacute;dients dangereux et explosifs. Nous sommes un peuple d&rsquo;ali&eacute;n&eacute;s.<br />  Notre apport &agrave; l&rsquo;humanit&eacute; a &eacute;t&eacute; occult&eacute;.<br />  Notre apport aux religions monoth&eacute;istes : juive, chr&eacute;tienne et musulmane a &eacute;t&eacute; balay&eacute; d&rsquo;un revers de main d&eacute;sinvolte.<br />  Notre Histoire est r&eacute;duite &agrave; une &laquo; mascarade &raquo; insupportable puisque la premi&egrave;re le&ccedil;on commence par l&rsquo;Arabie !<br /> <br />  Nous sommes un peuple sans &acirc;me.<br /> <br /> La meilleure aventure humaine est la rencontre avec l&rsquo;autre, cette rencontre exige sa propre reconnaissance. Cette rencontre est impossible dans la laideur de l&rsquo;uniformit&eacute; et de la n&eacute;gation de soi. Elle ne peut &ecirc;tre pleinement v&eacute;cue que dans le cadre de la beaut&eacute; de la diversit&eacute; creuset de dynamisme, de cr&eacute;ativit&eacute; et de respect.<br /> <br /> L&rsquo;auteur, par conviction, s&rsquo;accroche &agrave; la seule voie qui vaille : la p&eacute;dagogie du dialogue et d&rsquo;explication, seule mani&egrave;re d&rsquo;&ecirc;tre fort en dehors de toute violence.<br /> Cette p&eacute;dagogie du dialogue est la seule lutte valable contre ceux dont la contribution &agrave; l&rsquo;injustice r&eacute;v&egrave;le leur posture cynique.<br /> <br />  Sa &laquo; r&eacute;volte &raquo; est sereine. Elle a la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; du &laquo; bon droit &raquo;, la s&eacute;r&eacute;nit&eacute; de la conviction.<br /> Cette &laquo; r&eacute;volte &raquo; n&rsquo;est pas destructrice, c&rsquo;est un questionnement suite &agrave; une mise en cause, c&rsquo;est un sursaut salutaire, un hymne &agrave; la vie, hymne &agrave; la dignit&eacute; dans la dignit&eacute;. C&rsquo;est &agrave; partir de soi que l&rsquo;on construit sa dignit&eacute;, sa libert&eacute;, son r&ecirc;ve.<br /> Aujourd&rsquo;hui, la reconnaissance identitaire est une donn&eacute;e &eacute;vidente dans le cadre des &laquo; Droits de l&rsquo;Homme &raquo; que notre pays a sign&eacute;s et reconnus, alors quel est notre probl&egrave;me?.<br /> <br />  Nos Intellectuels d&eacute;fendent les droits palestiniens, irakiens, de la Tch&eacute;tch&eacute;nie&hellip;pas kurdes et pas amazighs !<br /> Nos politiques signent des conventions internationales pour les ignorer ou les m&eacute;priser oubliant que c&rsquo;est leurs propres engagements qu&rsquo;ils m&eacute;prisent.<br /> <br /> Le mensonge est avilissant, notre peuple vit dans le mensonge. Des voix s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent parfois ici et l&agrave; contre cette situation sans grand succ&egrave;s certes, mais avec grand espoir pour le devenir de ce pays. Des forces occultes &laquo; freinent des quatre fers &raquo;, mais l&rsquo;espoir est permis et l&rsquo;avenir est &agrave; l&rsquo;&eacute;quit&eacute;.<br /> <br /> <strong> Nous terminons en paraphrasant Chabbi :</strong><br /> &laquo; Si le peuple, un jour, aspire&nbsp; &agrave; la vie, le destin sera au rendez-vous, La nuit s&rsquo;effacera et les cha&icirc;nes qui l&rsquo;entravent se casseront. &raquo;<br /> <br />  Notre nuit a &eacute;t&eacute; longue, notre aube commence &agrave; pointer.<br /> <br />  Source: Amazighworld<br /><br /></font></div>
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<table class="contentpaneopen" style="text-align: left; margin-left: 0px; margin-right: 0px;">
    <tbody>
        <tr>
            <td valign="top" colspan="2"><font size="3">                </font></td>
        </tr>
    </tbody>
</table>]]></description>
        <pubDate>Wed, 11 Jul 2007 13:39:20 +0200</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-6920086.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-6920086-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[AZERF au Maroc]]></title>
        <link>http://www.amazighblog.net/article-6825280.html</link>        <description><![CDATA[<h2 style="color: rgb(102, 102, 153); font-style: italic; font-family: Times New Roman; text-align: center;"><font size="4"><strong>LE DROIT COUTUMIER DANS LES R&Eacute;GIONS RURALES DU MAROC</strong></font></h2>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4"><span class="Style1">Larbi Mezzine</span><em><br /> Ancien doyen de la Facult&eacute; de lettres &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Kenitra (Maroc), chercheur &agrave; l&rsquo;Institut des &eacute;tudes africaines de l&rsquo;universit&eacute; Mohammed V de Rabat (Maroc</em>).<br /><em>Publi&eacute; dans </em>Splendeurs du Maroc<em>, Mus&eacute;e royal de l&rsquo;Afrique centrale (Tervuren, Belgique), &eacute;d. Plume, Paris, 1998.</em></font>   </p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Autrefois, le droit coutumier r&eacute;gissait essentiellement les r&eacute;gions rurales du Maroc&nbsp;; il jouait un r&ocirc;le plus important dans les montagnes que dans les plaines et son influence augmentait &agrave; mesure que l&rsquo;on s&rsquo;&eacute;loignait des cit&eacute;s imp&eacute;riales, centres du pouvoir et lieux d&rsquo;une culture musulmane florissante qui exer&ccedil;aient leur influence sur leur environnement imm&eacute;diat. Appel&eacute; <em>izerf</em> au centre et au sud-est du Maroc, <em>alw&acirc;h</em> dans le Haut Atlas et le Sous, <em>ti&agrave;qqidin</em> chez les A&iuml;t Atta, ou tout simplement <em>cur&ucirc;t</em> ou <em>'urf</em> ailleurs, il constituait le droit du Maroc profond, secr&eacute;t&eacute; par la soci&eacute;t&eacute; ancienne de l&rsquo;Afrique du Nord dans les contraintes du milieu environnant.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Le terme <em>izerf</em> ou <em>azerf</em>, qui d&eacute;signait &laquo;&nbsp;les prescriptions de la coutume traditionnelle et l&rsquo;autorit&eacute; qui en pronon&ccedil;ait l&rsquo;application&nbsp;&raquo; (Laoust 1920&nbsp;: 417) chez les populations berb&egrave;res du centre et du sud-est du Maroc, &eacute;tait probablement le nom originel port&eacute; par ce droit. Les termes <em>alw&acirc;h</em>, <em>ti&agrave;qqidin</em>, <em>cur&ucirc;t</em> et <em>'urf</em>, manifestement d&rsquo;origine arabe, doivent &ecirc;tre des d&eacute;nominations post&eacute;rieures. Dans le parler des Touareg du Sahara, g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute; comme celui qui a le mieux conserv&eacute; la structure et le lexique berb&egrave;res anciens, nous trouvons le terme <em>ezref</em>, avec le sens de &laquo;&nbsp;rev&ecirc;tir int&eacute;rieurement [un puits] de pierres ou d&rsquo;un coffrage en bois&nbsp;&raquo; (de Foucauld. 1951, vol. IV&nbsp;: 1989). L&rsquo;id&eacute;e originelle &eacute;tait donc celle d&rsquo;une armature de soutien et le droit coutumier (<em>azerf</em>) incluait probablement ce contenu social. Il s&rsquo;agit effectivement de la plus ancienne codification connue dans la soci&eacute;t&eacute; nord-africaine, et tous les indices montrent que nous sommes en pr&eacute;sence d&rsquo;un corpus r&eacute;sultant d&rsquo;une accumulation empirique remontant aux &eacute;poques archa&iuml;ques (n&eacute;olithique) et dont l&rsquo;influence ne commencera &agrave; faiblir qu&rsquo;avec les bouleversements de la p&eacute;riode moderne (colonisation). Cette accumulation n&rsquo;&eacute;tait nullement exclusive d&rsquo;apports ext&eacute;rieurs&nbsp;: l&rsquo;apparentement de la coutume nord-africaine au fonds de civilisation m&eacute;diterran&eacute;en l&rsquo;atteste.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Le terme <em>az&ecirc;rf</em>, pluriel <em>az&ecirc;rfen</em>, d&eacute;signe &eacute;galement dans le parler des Touareg l&rsquo;argent (m&eacute;tal) et par extension &laquo;&nbsp;l&rsquo;argent monnay&eacute;&nbsp;&raquo; et toute somme d&rsquo;argent (de Foucauld 1951, vol. IV&nbsp;: 1989). Ce terme peut aussi &ecirc;tre rapproch&eacute; de celui d&rsquo;<em>az&acirc;rif</em>, nom de l&rsquo;alun dans tous les parlers berb&egrave;res, ce qui confirme le lien avec un minerai de couleur argent&eacute;e. </font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">S&rsquo;appuyant sur de Foucauld, Laoust (1920&nbsp;: 417) avance l&rsquo;id&eacute;e que <em>izerf</em> serait le terme berb&egrave;re ancien d&eacute;signant &laquo;&nbsp;l&rsquo;amende&nbsp;&raquo;. Nous pensons n&eacute;anmoins qu&rsquo;il s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;un glissement de sens qui n&rsquo;a pu se produire que dans une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;j&agrave; mon&eacute;taris&eacute;e. Notons &agrave; ce propos que la coutume des A&iuml;t Atta, que la tradition fait remonter au XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle, fixait les p&eacute;nalit&eacute;s en unit&eacute;s de caprins, et qu&rsquo;il faut attendre le milieu du XVII<sup>e</sup> si&egrave;cle pour trouver un texte qui la fixe en <em>mithqal</em> (Mezzine 1987&nbsp;: 98 et 254, note 140&nbsp;; voir &eacute;galement Mezzine, Hammam 1985&nbsp;: 40-41).</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">L&rsquo;histoire ne nous a pas conserv&eacute; de texte de droit coutumier ant&eacute;rieur au XVII<sup>e</sup> si&egrave;cle. Cela tient probablement au fait que ce droit n&rsquo;&eacute;tait pas &eacute;crit et que la soci&eacute;t&eacute; comptait essentiellement sur la m&eacute;moire des anciens pour le conserver. De nature tr&egrave;s empirique, ce droit &eacute;tait en constante &eacute;volution et rien n&rsquo;obligeait &agrave; garder une r&egrave;gle tomb&eacute;e en d&eacute;su&eacute;tude. Par ailleurs, l&rsquo;&eacute;crit n&rsquo;a v&eacute;ritablement fait son entr&eacute;e dans les campagnes qu&rsquo;&agrave; partir du XV<sup>e</sup> si&egrave;cle (Berque 1958), avec l&rsquo;islamisation en profondeur.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">N&eacute;anmoins, les chroniques contiennent des allusions au droit coutumier. &Eacute;voquant l&rsquo;&eacute;pisode de la conqu&ecirc;te des Haskura (une conf&eacute;d&eacute;ration du Haut Atlas) par Uqba Ibn Nafi, l&rsquo;auteur du <em>Kitab al-Ansab</em> signale le pacte conclu entre le g&eacute;n&eacute;ral musulman et Hurma ben Tutis, le chef des Haskura. Appel&eacute; <em>Amur n lh&ucirc;rma</em>, ce pacte deviendra c&eacute;l&egrave;bre dans le monde berb&egrave;re de l&rsquo;&eacute;poque et y constituera une r&eacute;f&eacute;rence institutionnelle. Nous y reconnaissons l&rsquo;institution coutumi&egrave;re des garants (<em>Amur</em>) fournis dans les alliances, qui semble avoir &eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;origine des &eacute;quilibres politiques entre les tribus.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Les conseils institu&eacute;s par les Almohades, appel&eacute;s <em>Ahl al Jm&agrave;a</em> &laquo;&nbsp;les gens de la Jm&agrave;a&nbsp;&raquo;, <em>Ahl al-Khamsine</em> &laquo;&nbsp;les Cinquante&nbsp;&raquo; (Levi-Proven&ccedil;al 1928 : 48, 51-53) ne semblent pas &ecirc;tre une cr&eacute;ation nouvelle, mais renvoyer &agrave; une organisation coutumi&egrave;re berb&egrave;re pr&eacute;existante. Dans les textes de coutume plus r&eacute;cents, nous trouvons le &laquo;&nbsp;Conseil des Dix&nbsp;&raquo;, <em>A&iuml;t Achra</em>, et celui des &laquo;&nbsp;Quarante&nbsp;&raquo; <em>A&iuml;t Raba&iuml;n</em> (Mezzine 1987). La hi&eacute;rarchie des tribus institu&eacute;e par le <em>tamyiz</em> (&laquo;&nbsp;le tri&nbsp;&raquo;) des Almohades (Levi-Proven&ccedil;al 1928) rappelle dans sa structure la protection pyramidale pr&eacute;vue par la coutume (<em>tayssa</em>) et qui, par un r&eacute;seau de client&egrave;le, constituait la base des alliances politiques dans le tissu tribal (Mezzine, Hammam 1985). Les <em>Mezwar</em> (Levi-Proven&ccedil;al 1928 : 63-64), litt&eacute;ralement &laquo;&nbsp;les premiers du groupe&nbsp;&raquo; rappellent le <em>Bab n umur</em>, le r&eacute;pondant d&rsquo;un groupe dans les textes coutumiers tardifs. L&rsquo;&Eacute;tat almohade donnait ainsi l&rsquo;image d&rsquo;une construction musulmane r&eacute;nov&eacute;e. En r&eacute;alit&eacute;, il reposait sur un r&eacute;seau hi&eacute;rarchis&eacute; d&rsquo;all&eacute;geances, d&eacute;termin&eacute; par l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et l&rsquo;&eacute;quilibre, selon un code fix&eacute; par la coutume et qui semble avoir &eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;origine m&ecirc;me de l&rsquo;&Eacute;tat en Afrique du Nord.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Dans ce m&ecirc;me contexte, nous ne pouvons ignorer les <em>agadir</em> ou greniers collectifs, institution communautaire par excellence dans le Haut et l&rsquo;Anti-Atlas, que la tradition orale fait remonter &agrave; des &eacute;poques tr&egrave;s anciennes. Le terme est rarement &eacute;voqu&eacute; dans les chroniques. Pour la p&eacute;riode almohade, al-Baydaq signale un faubourg de Tlemcen appel&eacute; Agadir. Il signale aussi le toponyme Gudar namad (du pluriel <em>igudar</em> de <em>agadir</em>) dans le pr&eacute;-Rif (Jbala) et un <em>Magdar</em><em>h&icirc;sn</em>, <em>qasr</em> / <em>qousour</em>, et <em>tasegdelt</em> pour designer toute b&acirc;tisse fortifi&eacute;e, mais souvent sans distinction de fonction (al-Bakri 1965 : 281, 289, 292, 294). Les termes originaux berb&egrave;res, encore en usage ou conserv&eacute;s par la toponymie, distinguent en r&eacute;alit&eacute; quatre cat&eacute;gories de b&acirc;tisses fortifi&eacute;es&nbsp;: le <em>tighremt</em>, maison familiale fortifi&eacute;e (r&eacute;gions du Guir, Ziz, Gheris), l&rsquo;<em>ighrem</em>, village fortifie pr&eacute;sent un peu partout au Maroc, le <em>tasegdelt</em>, <em>qsar</em> des oasis pr&eacute;sahariennes (Ziz, Gheris), et l&rsquo;<em>agadir</em>, grenier collectif du Haut et de l&rsquo;Anti-Atlas. entre Dai (Beni Mellal) et Ouaoumana, sur le versant nord du Moyen Atlas (Levi-Proven&ccedil;al 1928). Les chroniques utilisent plus souvent les termes </font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<table cellspacing="2" cellpadding="5" border="0" style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: left; margin-left: 0px; margin-right: 0px; font-family: Times New Roman;">
    <tbody>
        <tr>
            <td width="233" style="text-align: right;"><font size="4"><img width="231" hspace="10" height="328" alt="" src="http://www.mondeberbere.com/civilisation/agadir/img/agadir1.jpg" /></font></td>
        </tr>
        <tr>
            <td>
            <div align="center"><font size="4"><span class="Style4">V&eacute;rification des actes de propri&eacute;t&eacute;s. <br /></span></font>
            <div style="text-align: right;">
            <div style="text-align: center;"><font size="4"><span class="Style4">               Agadir d'Amantazert, r&eacute;gion d'Igherm, </span></font><br /></div>
            <font size="4"><span class="Style4"></span></font></div>
            <font size="4"><span class="Style4">             Anti-Atlas occidental. <br />           Photo : Geert Aerts, 1998. </span></font></div>
            </td>
        </tr>
    </tbody>
</table>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">La racine <em>gdr</em> du mot <em>agadir</em> renvoie probablement &agrave; la racine s&eacute;mitique <em>gdr</em> que l&rsquo;on trouve dans <em>jidar</em> &laquo;&nbsp;le mur&nbsp;&raquo;. <em>Agadir</em> est aussi le nom du mur dans le parler tamazight (Haut Atlas central et oriental, Moyen Atlas, oasis du Ziz, Ghens et Dra). Il s&rsquo;agit probablement du nom originel de la construction d&eacute;fensive ou de la forteresse secr&eacute;t&eacute;e par le milieu agropastoral nord-africain dans le but strat&eacute;gique de conserver le grain. <em>Tasegdelt</em>, avec la racine <em>gdl</em><em>gdr</em>. <em>Agdal</em>, le p&acirc;turage collectif, soumis &agrave; une r&eacute;glementation rigoureuse dans le droit coutumier du Maroc central, est un autre d&eacute;riv&eacute;, de la m&ecirc;me famille que <em>tasegdelt</em>. Mais ici nous sommes d&eacute;j&agrave; dans le domaine de l&rsquo;interdit symbolique. Dans cette m&ecirc;me r&eacute;gion du Maroc, nous trouvons dans le Haut Atlas oriental les toponymes <em>Agdar</em> et <em>Tagdart</em> (forme du f&eacute;minin du premier), avec le sens de &laquo;&nbsp;cr&ecirc;te de montagne&nbsp;&raquo;, ce qui nous ram&egrave;ne au sens de &laquo;&nbsp;site d&eacute;fensif&nbsp;&raquo;. En alignant ces diff&eacute;rentes observations, nous constatons qu&rsquo;<em>agdal</em> est tr&egrave;s proche d&rsquo;<em>agdar</em> et que celui-ci l&rsquo;est aussi d&rsquo;<em>agadir</em> et donc que l&rsquo;ensemble participe d&rsquo;un m&ecirc;me sens g&eacute;n&eacute;ral de &laquo;&nbsp;d&eacute;fense mat&eacute;rielle ou symbolique&nbsp;&raquo; ou des deux &agrave; la fois, ce qui est aussi le contenu de <em>tasegdelt</em>. Ce sens est confirm&eacute; par celui de la forteresse de ce nom, dans laquelle se r&eacute;fugia le souverain midraride al-Muntasir avec sa famille et ses tr&eacute;sors, apr&egrave;s avoir abandonn&eacute; Sigilmassa menac&eacute;e par le g&eacute;n&eacute;ral fatimide Djawhar en 958 ap. J-C (al-Bakri 1965 : 288). Ce sens ne se confond pas avec celui de <em>sigilmassa</em> &laquo;&nbsp;le village&nbsp;&raquo; ou <em>ighrem</em> (Laoust) et semble plus proche du contenu d&rsquo;<em>agadir</em>. &Agrave; moins que <em>tasegdelt</em> ne d&eacute;signe ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler du nom arabe de <em>qsar</em> et qui r&eacute;unit les fonctions d&rsquo;habitation, de d&eacute;fense et de sauvegarde des r&eacute;serves alimentaires, tendance relev&eacute;e chaque fois que l&rsquo;on passe du domaine montagnard au s&eacute;jour plus aride des oasis pr&eacute;sahariennes (Laoust 1920). signifiant, dans le parler tamazight, &laquo;&nbsp;entourer d&rsquo;une cl&ocirc;ture, mettre en d&eacute;fens&nbsp;&raquo; en parlant d&rsquo;un espace, semble &ecirc;tre le r&eacute;sultat d&rsquo;une &eacute;volution aussi bien s&eacute;mantique que phon&eacute;tique de la racine </font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Fondamentaux dans l&rsquo;&eacute;laboration de la coutume dans le Haut et l&rsquo;Anti-Atlas, l&rsquo;<em>agadir</em> et probablement la <em>tasegdelt</em>, son &eacute;quivalent dans les zones plus arides du sud &agrave; &eacute;conomie agropastorale, n&rsquo;ont pas d&rsquo;origine pr&eacute;cise. Nous commen&ccedil;ons &agrave; trouver des codifications les r&eacute;gissant dans l&rsquo;Anti-Atlas &agrave; partir du XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle. Appel&eacute;s <em>ikechchouden</em> en berb&egrave;re ou <em>alw&acirc;h</em> en arabe (tablettes), ces textes sont consid&eacute;r&eacute;s comme les plus anciens recueils de droit coutumier connus au Maroc (al-Outhmani Mohammad 1970). Ces codifications r&eacute;gissaient la conservation des grains du groupe. Mais par ce biais, toute la vie communautaire de celui-ci se trouvait sous la responsabilit&eacute; d&rsquo;un corps de responsables appel&eacute; <em>A&iuml;t Ougadir</em> (Afa 1988&nbsp;: 269). Cette fonction a permis de rapprocher <em>agadir</em> de <em>makhzen</em> qui en est l&rsquo;&eacute;quivalent arabe et, par voie de cons&eacute;quence, de voir dans l&rsquo;<em>agadir</em> l&rsquo;origine du <em>Makhzen</em>, le pouvoir central au Maroc, dans un processus au moins ant&eacute;rieur &agrave; la p&eacute;riode almoravide, mais que l&rsquo;on n&rsquo;arrive pas &agrave; suivre de fa&ccedil;on pr&eacute;cise (Toufiq 1983&nbsp;: 61).</font></p>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4"><br /></font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Plus tardive, la tradition orale fondatrice des A&iuml;t Atta, la conf&eacute;d&eacute;ration du versant sud de l&rsquo;Atlas au XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle, illustre ce mod&egrave;le et surtout son caract&egrave;re r&eacute;p&eacute;titif. Dans le contexte d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; qui suivit l&rsquo;&eacute;poque m&eacute;rinide, les tribus agro-pastorales du Jbel Saghro d&eacute;cid&egrave;rent de construire un grenier collectif qu&rsquo;elles appel&egrave;rent <em>igherm amazdar</em>, pour y entreposer leurs c&eacute;r&eacute;ales &agrave; l&rsquo;&eacute;poque des transhumances. Cette op&eacute;ration se fit sous la houlette de Moulay Abdallah ben Hsa&iuml;n, un santon de la lign&eacute;e idrisside et donc ch&eacute;rifienne de la <em>zaou&iuml;a</em> de Tamesloht du Haouz de Marrakech. Chaque tribu d&eacute;p&ecirc;cha un contingent appel&eacute; <em>irssamn</em> pour la construction du grenier collectif et en assurer la garde. Pour g&eacute;rer ce grenier, on &eacute;tablit des r&egrave;gles qui s&rsquo;enrichirent de fa&ccedil;on empirique du fait des probl&egrave;mes pos&eacute;s par la transhumance et par les rapports entre lignages ou tribus. Ainsi naquit un corpus de lois appel&eacute; <em>ti&agrave;qqidin</em>, la coutume des A&iuml;t Atta qui, avec le d&eacute;veloppement de la conf&eacute;d&eacute;ration, devint le recours juridique supr&ecirc;me de toutes ses composantes en cas de litige. Parall&egrave;lement, les descendants des contingents <em>irssamn</em> originels se constitu&egrave;rent en tribu neutre appel&eacute;e A&iuml;t A&iuml;ssa, ce qui en fit l&rsquo;instance juridique et politique sup&eacute;rieure de toute la conf&eacute;d&eacute;ration et confirme une fois encore l&rsquo;hypoth&egrave;se de l&rsquo;origine du pouvoir central au Maroc, soit la formation du Makhzen &agrave; partir de l&rsquo;<em>agadir</em>.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne de construction d&rsquo;un <em>agadir</em>, dans les m&ecirc;mes conditions de s&eacute;curit&eacute;, est attest&eacute; &eacute;galement dans le Haut Atlas oriental au XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle (al-Ayyachi Abdallah Ibn Omar : f&deg;4V&deg;). G&eacute;r&eacute; par la coutume et cr&eacute;ant une fois de plus l&rsquo;occasion du regroupement de plusieurs lignages sous une autorit&eacute; commune, il t&eacute;moigne ainsi de l&rsquo;enracinement social et politique de l&rsquo;institution, ainsi que de l&rsquo;anciennet&eacute; de celle-ci.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Plus pr&egrave;s de nous, cet enracinement est &eacute;galement attest&eacute; par la reconnaissance de fait du droit coutumier par le pouvoir ch&eacute;rifien saadien et alaouite. Nous trouvons des d&eacute;crets royaux (<em>dahir</em>) en ce sens pour la r&eacute;gion du Sous &eacute;manant du Saadien Ahmad al-Mansour (1578-1603) et de son successeur al-Mamoun (1609). Ces d&eacute;crets, qui se r&eacute;f&eacute;raient &agrave; des usages remontant d&eacute;j&agrave; &agrave; l&rsquo;&eacute;poque m&eacute;rinide, attestent l&rsquo;anciennet&eacute; de cette pratique (al-Mokhtar al-Soussi vol 2&nbsp;: 138). Le Sultan alaouite Moulay El-Hassan (1876-1894) a fait de m&ecirc;me, en accordant des <em>dahir</em> reconnaissant leur droit coutumier &agrave; la tribu Zemmour Chelh (Les Zemmour) et aux tribus du Sous, suivant en cela, l&agrave; aussi, la tradition de ses a&iuml;eux (al-Othmani Mohammad 1970).</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Cet enracinement s&rsquo;exprimait ainsi dans le caract&egrave;re social global du droit coutumier. Il r&eacute;gentait tous les aspects de la vie publique et priv&eacute;e du groupe, dans une trilogie visant &agrave; la s&eacute;curit&eacute; de ce dernier et que nous pourrions r&eacute;sumer par les expressions &laquo;&nbsp;comment se d&eacute;fendre&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;comment produire et consommer&nbsp;&raquo;, et enfin &laquo;&nbsp;comment vivre et mourir&nbsp;&raquo;.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Pour le groupe, vivre &eacute;tait d&rsquo;abord se d&eacute;fendre. Le droit coutumier pr&eacute;voyait ainsi des institutions qui garantissaient d&rsquo;abord sa survie. Le lignage, base de la structure sociale de la tribu, &eacute;tait repr&eacute;sent&eacute; par son chef. Appel&eacute; <em>Bab n-umur</em> (Moyen Atlas, Haut Atlas oriental, oasis du Ziz, Gheris, Dra&hellip;) ou <em>Aneflus</em> (Haut et Anti-Atlas, Sous) dans les zones berb&eacute;rophones, il &eacute;tait responsable de son lignage dans le conseil de la tribu. Ce dernier &eacute;lisait le chef de la tribu, appel&eacute; <em>amghar</em> ou <em>cheikh</em>, dont les d&eacute;cisions prises en conseil &eacute;taient sans appel.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Il revenait au conseil de d&eacute;cider des alliances &agrave; conclure avec d&rsquo;autres tribus. Ces alliances &eacute;taient de plusieurs types. Chez les populations berb&eacute;rophones du Maroc central et des oasis, nous trouvons le pacte appel&eacute; <em>tad&acirc;</em> du verbe berb&egrave;re <em>itt&ecirc;d</em> &laquo;&nbsp;allaiter&nbsp;&raquo;. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;alliance par allaitement qui, &agrave; l&rsquo;origine, &eacute;tait scell&eacute;e par une c&eacute;r&eacute;monie au cours de laquelle les femmes d&rsquo;une tribu allaitaient les nourrissons de la tribu dont on sollicitait l&rsquo;alliance et <em>vice versa</em>. Les parties prenantes de la <em>tad&acirc;</em> ne pouvaient pas se faire la guerre et s&rsquo;engageaient &agrave; se porter mutuellement assistance. Tout contrevenant aux r&egrave;gles de la <em>tad&acirc;</em> s&rsquo;exposait, selon les croyances, &agrave; la mal&eacute;diction r&eacute;sultant de son forfait. Nous retrouvons &eacute;galement ce type d&rsquo;alliance dans les tribus arabophones, sous le nom l&eacute;g&egrave;rement modifie de <em>tat&acirc;</em>. Chez les populations berb&eacute;rophones du centre et du sud du Maroc (Moyen Atlas, Haut Atlas oriental et Jbel Saghro), il existait un autre type d&rsquo;alliance appel&eacute; <em>taferrgant</em>. Cette alliance, dont le nom d&eacute;rive du verbe berb&egrave;re <em>ifreg</em> &laquo;&nbsp;entourer d&rsquo;une cl&ocirc;ture&nbsp;&raquo;, &eacute;tait conclue entre deux ou plusieurs lignages et instituait entre eux un respect total, une cl&ocirc;ture symbolique en quelque sorte, qui interdisait tout acte pouvant &ecirc;tre pr&eacute;judiciable au partenaire dans le <em>taferrgant</em>. Plus g&eacute;n&eacute;ral, le pacte de la <em>tagmat</em> (ou <em>taymat</em>, variante phon&eacute;tique du premier), dont le nom est d&eacute;riv&eacute; du terme <em>gma</em>, &laquo;&nbsp;le fr&egrave;re&nbsp;&raquo; en berb&egrave;re, constituait un peu partout au Maroc le pacte de fraternit&eacute; par excellence. Nous le retrouvons dans les groupes arabophones sous la d&eacute;nomination arabe de <em>al-khaoua</em>. Comme pour la <em>tad&acirc;</em>, les partenaires dans la <em>taferrgant</em> ou la <em>tagmat</em> s&rsquo;engageaient &agrave; se porter aide et assistance et tout contrevenant aux r&egrave;gles pr&eacute;vues par ces pactes s&rsquo;exposait, selon la croyance g&eacute;n&eacute;rale, &agrave; la mal&eacute;diction r&eacute;sultant de son forfait. Outre ces institutions &agrave; caract&egrave;re public, la <em>tayssa</em>, du verbe <em>iksa</em>, &laquo;&nbsp;garder&nbsp;&raquo; en parlant d&rsquo;un troupeau, d&eacute;signait la protection r&eacute;gissant des rapports plus personnels, &eacute;ventuellement plus circonscrits dans le temps et plus expos&eacute;s par cons&eacute;quent &agrave; une certaine instabilit&eacute;, contrairement aux autres types de pacte. Relay&eacute;e par la <em>tada</em>, la <em>taferrgant</em> et la <em>tagmat</em>, la <em>tayssa</em> &eacute;tablissait un r&eacute;seau de solidarit&eacute;s qui permettait de d&eacute;passer les conflits d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et assurait l&rsquo;&eacute;quilibre n&eacute;cessaire &agrave; une certaine paix sociale.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Dans le m&ecirc;me contexte, on signalera aussi l&rsquo;institution appel&eacute;e <em>amh&acirc;rs</em> ou <em>amzayd</em> qui r&eacute;gissait l&rsquo;adoption par un groupe d&rsquo;un individu frapp&eacute; d&rsquo;ostracisme dans son groupe d&rsquo;origine. Il s&rsquo;agissait g&eacute;n&eacute;ralement de cas de crime ayant entra&icirc;n&eacute; la mort d&rsquo;un membre de ce groupe. L&rsquo;adoption de l&rsquo;<em>amh&acirc;rs</em> se faisait apr&egrave;s un rite sacrificiel appel&eacute; <em>tighersi</em> en berb&egrave;re et <em>dbih&acirc;</em> en arabe, consistant pour le demandeur &agrave; &eacute;gorger un mouton et en l&rsquo;acceptation de ce sacrifice pour le groupe sollicit&eacute; par l&rsquo;<em>amhars</em>. Cette pratique constituait &eacute;galement une instance de r&eacute;gulation et d&rsquo;&eacute;quilibre n&eacute;cessaire &agrave; la p&eacute;rennit&eacute; de la soci&eacute;t&eacute;. </font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Le souci de la d&eacute;fense a renforc&eacute; de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale dans ces soci&eacute;t&eacute;s la coh&eacute;sion des groupes. Les &eacute;l&eacute;ments de ceux-ci &eacute;taient solidaires. Ils &eacute;taient collectivement responsables de tout acte r&eacute;pr&eacute;hensible commis par l&rsquo;un d&rsquo;eux. La <em>con-juratio</em> &eacute;tait souvent sollicit&eacute;e dans les jugements et la compensation pour blessure ou meurtre (<em>diyah</em>) &eacute;tait vers&eacute;e par le groupe. Le patrimoine foncier du groupe &eacute;tait g&eacute;n&eacute;ralement inali&eacute;nable, ce qui explique que la fille &eacute;tait exclue de l&rsquo;h&eacute;ritage, bien que le trousseau donn&eacute; par le p&egrave;re &agrave; sa fille ait souvent servi de compensation &agrave; ce niveau. Au Maroc, cet aspect a d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute; par de nombreux juristes musulmans pour jeter l&rsquo;anath&egrave;me sur le droit coutumier et le consid&eacute;rer globalement comme allant &agrave; l&rsquo;encontre des prescriptions de l&rsquo;islam.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">L&rsquo;importance du facteur &eacute;conomique dans la pr&eacute;servation du groupe est aussi &agrave; l&rsquo;origine du soin que la coutume a toujours eu de r&eacute;glementer la production et la consommation. Le territoire du groupe faisait l&rsquo;objet d&rsquo;une garde rigoureuse, r&eacute;gie par l&rsquo;institution appel&eacute;e <em>arssam</em>. Celle-ci r&eacute;glementait la fourniture de contingents pour surveiller les r&eacute;coltes et faire &eacute;ventuellement la guerre (Mezzine 1987&nbsp;: 217-218). L&rsquo;ann&eacute;e agricole, toujours r&eacute;gie comme partout en M&eacute;diterran&eacute;e occidentale par le calendrier julien, &eacute;tait g&eacute;r&eacute;e par une coutume pr&eacute;cise. L&rsquo;expression imag&eacute;e &laquo;&nbsp;des poissons aux mouflons&nbsp;&raquo;, souvent &eacute;voqu&eacute;e par les d&eacute;positaires de cette coutume pour symboliser la suj&eacute;tion du territoire &agrave; celle-ci &laquo;&nbsp;du fond de la vall&eacute;e au sommet de la montagne&nbsp;&raquo;, montre le caract&egrave;re syst&eacute;matique de l&rsquo;application de cette coutume dans l&rsquo;espace. </font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Autrefois, le lancement des labours en automne &eacute;tait assur&eacute; par des lignages sacr&eacute;s (<em>Chorfa</em>, <em>Mourabitine</em> ou <em>Igurramen</em>). Au printemps, l&rsquo;<em>amghar n tuga</em>, litt&eacute;ralement &laquo;&nbsp;le chef du printemps&nbsp;&raquo;, une esp&egrave;ce de garde champ&ecirc;tre, &eacute;tait &eacute;lu dans les r&eacute;gions berb&eacute;rophones (Moyen Atlas, Haut Atlas oriental, oasis). Dans les r&eacute;gions arabophones, on l&rsquo;appelait <em>cheikh al-mazr&agrave;a</em>. Diff&eacute;rent de l&rsquo;<em>amghar</em> ou <em>cheikh</em> (le chef politique), mais travaillant sous sa supervision, il r&eacute;glementait les moments de mise en d&eacute;fens selon les r&eacute;coltes, tra&ccedil;ait pour ce faire les itin&eacute;raires &agrave; emprunter dans les champs pour &eacute;viter toute d&eacute;gradation des cultures, notamment les trajets que devaient suivre les bergers qui assuraient la garde du troupeau collectif (<em>tiwili</em>) (Mezzine 1987&nbsp;: 203, 219-220). Il veillait &agrave; la r&eacute;partition de l&rsquo;eau d&rsquo;irrigation et fixait les moments des r&eacute;coltes. Tout contrevenant aux d&eacute;lais fix&eacute;s &eacute;tait passible d&rsquo;une p&eacute;nalit&eacute;.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Pour &eacute;viter toute sp&eacute;culation pr&eacute;judiciable au groupe, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque des r&eacute;coltes, le droit coutumier interdisait l&rsquo;acc&egrave;s des villages aux marchands ambulants. Les contrats d&rsquo;association au cinqui&egrave;me de la r&eacute;colte (<em>khemmassat</em>) &eacute;taient contr&ocirc;l&eacute;s. Il &eacute;tait tr&egrave;s souvent sp&eacute;cifi&eacute; que la r&eacute;tribution se ferait en nature, pour &eacute;viter tourte vente de la r&eacute;colte. &Agrave; la cueillette des olives, obligation &eacute;tait faite aux membres du groupe de n&rsquo;utiliser que le pressoir communautaire pour &eacute;viter que la r&eacute;colte ne sorte du groupe. Mais il fixait en revanche aux artisans les normes de production et arr&ecirc;tait les prix des produits n&eacute;cessaires &agrave; la vie agricole de fa&ccedil;on &agrave; prot&eacute;ger les paysans. Soucieux de la productivit&eacute;, le droit coutumier imposait au paysan de retourner la terre de ses champs pour l&rsquo;a&eacute;rer &agrave; la fin de chaque r&eacute;colte. Mais il lui imposait aussi de verser une part de la r&eacute;colte pour le service du culte et la r&eacute;tribution du <em>faqih</em> en charge de la gestion de la mosqu&eacute;e et de l&rsquo;&eacute;ducation des enfants. </font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Le droit coutumier se pr&eacute;occupait aussi de la mani&egrave;re de mourir et r&eacute;gissait les rapports entre composantes de la soci&eacute;t&eacute; en fonction d&rsquo;une morale du bien et du mal, et d&rsquo;un au-del&agrave; auquel il fallait se pr&eacute;parer en observant une conduite exemplaire. Garants des &eacute;quilibres, les lignages sacr&eacute;s &eacute;taient nombreux et le droit coutumier leur faisait une place de choix dans la soci&eacute;t&eacute;. Les f&ecirc;tes rurales, qui scandaient la vie des campagnes et marquaient les moments importants de l&rsquo;ann&eacute;e agricole, se d&eacute;roulaient autour des tombeaux des anc&ecirc;tres de ces lignages, sous la houlette de leurs descendants vivants.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Bien que la soci&eacute;t&eacute; f&ucirc;t tr&egrave;s hi&eacute;rarchis&eacute;e, le droit coutumier pr&eacute;voyait le statut de chaque cat&eacute;gorie. Apr&egrave;s les lignages sacr&eacute;s (<em>Chorfa</em>, <em>Mourabitine</em> ou <em>Igurramen</em>), la cat&eacute;gorie des hommes libres, ou <em>ahrar</em>, rassemblait les gens des tribus. Chacun appartenait &agrave; un lignage connu et &eacute;tait identifi&eacute; par la g&eacute;n&eacute;alogie de sa tribu d&rsquo;appartenance. Les <em>ahrar</em> faisaient la vie politique et la guerre, leurs notables si&eacute;geaient dans les conseils et &eacute;taient seuls habilit&eacute;s &agrave; &eacute;dicter la loi, en l&rsquo;occurrence le droit coutumier. Celui-ci pr&eacute;voyait entre autres le statut appliqu&eacute; aux cat&eacute;gories domin&eacute;es, celui des Haratine et des esclaves qui, n&rsquo;ayant pas de personnalit&eacute; juridique dans la tribu, &eacute;taient reconnus uniquement selon le lignage dont ils d&eacute;pendaient. Les Juifs, cat&eacute;gorie &agrave; part r&eacute;gie par la <em>dhimma</em> ou protection pr&eacute;vue par la l&eacute;gislation musulmane, n&rsquo;&eacute;taient mentionn&eacute;s dans la coutume que pour ce qu&rsquo;ils n&rsquo;&eacute;taient pas autoris&eacute;s &agrave; faire.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">L&rsquo;application du droit coutumier relevait d&rsquo;un coll&egrave;ge de dix experts &eacute;lus pour une ann&eacute;e, appel&eacute; <em>A&iuml;t izerf</em> ou <em>in&ecirc;hkamen</em> &agrave; l&rsquo;initiative du chef de la tribu (<em>amghar</em> ou <em>cheikh</em>) et plac&eacute; sous la responsabilit&eacute; de ce dernier. Pour &ecirc;tre &eacute;lu, le membre de ce coll&egrave;ge appel&eacute; <em>amezzarfu</em> ou <em>an&ecirc;hkam</em> devait remplir certaines conditions d&rsquo;&acirc;ge et de respectabilit&eacute; dans son groupe et avoir une bonne connaissance des r&egrave;gles coutumi&egrave;res de celui-ci.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">La proc&eacute;dure juridique &eacute;tait simple et exp&eacute;ditive. Le plaignant avertissait lui-m&ecirc;me l&rsquo;accus&eacute; de la plainte d&eacute;pos&eacute;e contre lui aupr&egrave;s de l&rsquo;<em>amghar</em> ou <em>cheikh</em>. Un d&eacute;lai connu g&eacute;n&eacute;ralement de tous, qui expirait selon certaines coutumes &agrave; l&rsquo;heure de la pri&egrave;re du Maghrib du lendemain de la plainte, &eacute;tait alors donn&eacute; &agrave; l&rsquo;accus&eacute; pour se pr&eacute;senter lui-m&ecirc;me ou d&eacute;signer un mandataire (<em>wakil</em>) (Mezzine 1987&nbsp;: 234). Pour rendre son jugement, le tribunal s&rsquo;appuyait sur les d&eacute;clarations des int&eacute;ress&eacute;s et, entre autres, sur l&rsquo;existence de preuves et de t&eacute;moins. La tendance &agrave; chercher une solution de conciliation &eacute;tait g&eacute;n&eacute;rale. Dans le cas contraire, on avait recours &agrave; la jurisprudence et &agrave; l&rsquo;opinion g&eacute;n&eacute;rale issue des d&eacute;lib&eacute;rations des membres du tribunal. Si les d&eacute;lib&eacute;rations n&rsquo;aboutissaient pas &agrave; une d&eacute;cision unanime, celle-ci &eacute;tait prise &agrave; la majorit&eacute; des membres du tribunal et la voix de son chef (<em>amghar</em> ou <em>cheikh</em>) &eacute;tait pr&eacute;pond&eacute;rante en cas d&rsquo;&eacute;galit&eacute; des voix.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">L&rsquo;ex&eacute;cution des d&eacute;cisions &eacute;tait assur&eacute;e par le groupe lui-m&ecirc;me, par le biais de la pression qu&rsquo;il exer&ccedil;ait sur l&rsquo;accus&eacute; &agrave; partir du moment o&ugrave; la sentence &eacute;tait prononc&eacute;e. Il s&rsquo;agissait en fait de faire respecter une d&eacute;cision communautaire qui prot&eacute;geait le groupe. L&rsquo;<em>amghar</em> ou <em>cheikh</em>, d&eacute;positaire de l&rsquo;autorit&eacute; de celui-ci, veillait lui-m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;application de la d&eacute;cision prise en fixant un d&eacute;lai d&rsquo;ex&eacute;cution appel&eacute; <em>uqqun</em> (centre du Maroc et oasis).</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">La d&eacute;cision du tribunal imposait une r&eacute;paration qui consistait soit &agrave; restituer l&rsquo;objet quand il s&rsquo;agissait d&rsquo;un vol, soit &agrave; d&eacute;dommager le plaignant en cas de dommage mat&eacute;riel ou moral. Mais l&rsquo;accus&eacute; pouvait faire appel de la d&eacute;cision prononc&eacute;e contre lui, g&eacute;n&eacute;ralement dans un d&eacute;lai d&rsquo;un mois. Le conflit &eacute;tait alors soumis, apr&egrave;s consentement du plaignant, &agrave; une instance sup&eacute;rieure et les d&eacute;cisions de celle-ci &eacute;taient irr&eacute;vocables. Chez les A&iuml;t Atta du sud du Maroc, cette fonction d&rsquo;appel &eacute;tait assur&eacute;e par le tribunal d&rsquo;Igherm Amazdar, d&eacute;positaire de la coutume fondatrice de la conf&eacute;d&eacute;ration ou <em>ti&agrave;qqidin</em>.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Disponibles depuis le XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle, les textes de droit coutumier permettent de d&eacute;celer une &eacute;volution notable au niveau de la proc&eacute;dure juridique et de la sanction. Quant &agrave; la proc&eacute;dure, le serment plural ancien (<em>lafif</em>) a c&eacute;d&eacute; la place &agrave; l&rsquo;acte notari&eacute; &eacute;tabli par deux <em>adoul</em>, ce qui est probablement aussi un indice du passage de l&rsquo;oralit&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;crit. La <em>con-juratio</em>, symbole de la solidarit&eacute; lignag&egrave;re, a fait place &agrave; la preuve et au t&eacute;moignage, et intervient seulement comme donn&eacute;e compl&eacute;mentaire. Au niveau de la sanction, les textes les plus anciens ne mentionnent ni l&rsquo;ordalie ni le talion. Si la vendetta se maintint pratiquement jusqu&rsquo;aux ann&eacute;es 1930, l&rsquo;amende accompagn&eacute;e d&rsquo;une mesure d&rsquo;ostracisme visant le meurtrier avait succ&eacute;d&eacute; depuis longtemps &agrave; la vengeance en tant que mesure institutionnelle. Cette &eacute;volution est s&ucirc;rement le r&eacute;sultat de l&rsquo;islamisation en profondeur des campagnes par l&rsquo;action des <em>zaou&iuml;as</em> et des villes &agrave; partir du XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle. Souvent consult&eacute;s par les chefs de tribu dans les affaires de la l&eacute;gislation musulmane (<em>charia</em>), Abou Salim al-Ayyachi, de la <em>zaou&iuml;a</em> de Sidi Hamza dans le Haut Atlas oriental, et Abou Ali al-Youssi de la tribu des A&iuml;t Youssi dans le Moyen Atlas, exerc&egrave;rent une action notable dans ce sens au XVII<sup>e</sup> si&egrave;cle. (Encyclop&eacute;die du Maroc, vol I&nbsp;: 334). L&rsquo;action centralisatrice du <em>Makhzen</em> et la concurrence de la justice musulmane qui en constituait le fondement ont &oelig;uvr&eacute; dans le m&ecirc;me sens. </font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Cette &eacute;rosion de la coutume au profit de la justice musulmane (<em>charia</em>) s&rsquo;est fait sentir plus profond&eacute;ment dans les affaires relevant du statut personnel, notamment, les mariages, les divorces et l&rsquo;h&eacute;ritage (al-Mokhtar al-Soussi, vol 9&nbsp;: 252&nbsp;; voir aussi Sous al-Alima&nbsp;: 26).</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">Cependant, l&rsquo;usage du droit coutumier restait pr&eacute;pond&eacute;rant dans les affaires p&eacute;nales et contractuelles qui relevaient de la vie civile de la communaut&eacute;. Le pouvoir central (Makhzen) saadien et alaouite s&rsquo;en accommodait d&rsquo;ailleurs fort bien, dans la mesure o&ugrave; le caract&egrave;re empirique et pratique du droit coutumier convenait parfaitement aux besoins des populations et ne d&eacute;rangeait pas outre mesure la politique de l&rsquo;&Eacute;tat.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4">La politique berb&egrave;re du Protectorat fran&ccedil;ais a permis la d&eacute;couverte de beaucoup de recueils de coutumes et la transcription de celles qui n&rsquo;&eacute;taient alors conserv&eacute;es que par la tradition orale. Pour la m&ecirc;me raison, beaucoup d&rsquo;&eacute;tudes relatives &agrave; ce droit ont &eacute;galement vu le jour &agrave; cette &eacute;poque. Le mouvement national marocain naissant, d&rsquo;essence salafiste, a vu dans cette politique un moyen de diviser les Marocains et une tactique pour soustraire une partie de ceux-ci &agrave; la juridiction musulmane (<em>chra&agrave;</em>). &Agrave; partir des ann&eacute;es 1930, il en a fait un cheval de bataille contre l&rsquo;occupation fran&ccedil;aise, cr&eacute;ant ainsi un &eacute;tat d&rsquo;esprit g&eacute;n&eacute;ral qui assimila le droit coutumier &agrave; l&rsquo;ant&eacute;islam, ce qui &eacute;tait une r&eacute;gression par rapport au d&eacute;bat de l&rsquo;&eacute;cole juridique marocaine d&rsquo;avant 1912. Avec l&rsquo;ind&eacute;pendance du Maroc, d&eacute;buta une r&eacute;flexion plus profonde sur le syst&egrave;me juridique marocain, y compris sa composante coutumi&egrave;re, dans le but d&rsquo;une int&eacute;gration plus grande du patrimoine dans la vie publique.</font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<p style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;"><font size="4"><strong>R&eacute;f&eacute;rences&nbsp;:</strong></font></p>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<ul style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: justify; font-family: Times New Roman;">
    <li><font size="4">O. Afa, <em>Masalat al nouqoud fi tarikh al maghrib fi al-qarn al tasi achar. Sous 1822-1906, </em>Casablanca, 1988.</font></li>
    <li><font size="4">Al-Ayyachi Abdallah Ibn Omar, <em>al-Ihya wa-l-intiach</em>, Manuscrit photocopi&eacute; n&deg;D1433 f&deg;4V&deg;.</font></li>
    <li><font size="4">Al-Bakri, <em>Description de l&rsquo;Afrique septentrionale</em>, Adrien Maisonneuve, Paris, 1965.</font></li>
    <li><font size="4">Al-Mokhtar al-Soussi, <em>al-Maasoul</em>, vol. 9.</font></li>
    <li><font size="4">Al-Mokhtar al-Soussi, <em>Khilal Jazoula</em>, vol. 2.</font></li>
    <li><font size="4">M. Al-Othmani, <em>Alwah Jazoula</em>, Microfilm n&deg;1340, DES, Dar al hadith, Biblioth&egrave;que g&eacute;n&eacute;rale Rabat, 1970</font></li>
    <li><font size="4">J. Berque, <em>Al Yousi. Probl&egrave;mes de la culture marocaine au 17<sup>e</sup> si&egrave;cle</em>. Mouton et Co., Paris, 1958.</font></li>
    <li><font size="4">de Foucauld, Ch., <em>Dictionnaire touareg-fran&ccedil;ais, dialecte de l&rsquo;Ahaggar</em>, 4 vols., Imprimerie nationale, Paris, 1951/52.</font></li>
    <li><font size="4">&Eacute;. Laoust, <em>Mots et choses berb&egrave;res</em>, Soci&eacute;t&eacute; marocaine d&rsquo;&eacute;dition, Rabat, 1920.</font></li>
    <li><font size="4">E. Levi-Proven&ccedil;al, <em>Documents in&eacute;dits d&rsquo;histoire almohade</em>, Librairie orientaliste, Paris, 1928.</font></li>
    <li><font size="4">L. Mezzine, <em>Le Tafilalt. Contribution &agrave; l&rsquo;histoire du Maroc au 17<sup>e</sup> et 18<sup>e</sup> si&egrave;cles</em>, Casablanca, 1987</font></li>
    <li><font size="4">L. Mezzine L. &amp; M. Hammam, &laquo;&nbsp;Un document in&eacute;dit sur l&rsquo;histoire du Maroc pr&eacute;saharien vers 1630 ap. J.-C. La Tayssa de Sidi Abd al Ali&nbsp;&raquo;, <em>Hesperis-Tamuda</em>, Rabat, 1985.</font></li>
    <li><font size="4">A. Toufiq, <em>al-moujtama al maghribi fi al qarn al tasi achar. </em><em>Inoultane 1850-1912</em>, Casablanca, 1983.</font></li>
</ul>
<div style="text-align: justify; font-family: Times New Roman;">             </div>
<div style="color: rgb(102, 102, 153); text-align: center; font-family: Times New Roman;"><font size="4">source: mondeberbere.com</font></div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 20 Jun 2007 11:40:29 +0200</pubDate>        <guid >http://www.amazighblog.net/article-6825280.html</guid>
                <category>SOCIETE</category>        <comments>http://www.amazighblog.net/article-6825280-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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