Au troisième jour, la parturiente fait ses ablutions, change ses vêtements, se barbouille le corps de henné et prépare une bouillie d'orge aux enfants du village.
Une ainée, de préférence une sœur ou une proche parente du nouveau-né, le porte dans la poche dorsale de son drape et traverse en
courant la chambre à coucher d'une extrémité longitudinale à l'autre. Sur le sol, elle verse les amandes et les dattes offertes par la parturiente et invite les enfants à se servir. Ce rite,
exécuté par des enfants de deux à six ans, a pour objectif symbolique le développement rapide de l'enfant, qui atteindra sans complication rage des exécutants.
Enfin la parturiente enduit de henné la chevelure des garçons et le visage des fillettes, et remet aux enfants de ses maternels,
ayt mas, un carré d'étoffe blanche, qu'ils emportent sur l’aire de battage et le percent en son centre à coups de pierres. Cette étoffe non cousue, non touchée par un instrument
tranchant, constitue le premier vêtement du nourrisson, qu'il gardera jusqu'au lendemain, jour où il sera emmailloté de langes, tinsraf, de couleur blanche, et habillé d'un tricot et
d'un bonnet à pompons, de couleur, aquddam, confectionné par sa grand-mère paternelle. La perforation de ce premier vêtement imiterait le passage de l'enfant au statut des lapideurs.
Passer au travers de l’étoffe équivaudrait à atteindre symboliquement leur âge, en abolissant la marge qui le séparait de ses ainés.
Ce rite à valeur d'agrégation dans le nouveau groupe. L'enfant pénètre en quelque sorte dans le groupe des lapideurs, ou plus précisément ce sont ses aines qui l'acceptent parmi eux.
Source: Le soleil, la lune et la fiancée végétale. Par Narjys Alaoui.
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