Prénoms berbères/ Prénoms musulmans,
Si la naissance d’un bébé dans toutes les civilisations du monde a toujours été un bonheur, hors du temps et de l’espace, hormis la
préférence du sexe, chaque culture ayant sa propre explication, et bien aujourd’hui, un peuple millénaire se retrouve, vite confronter à une dure réalité de nomination.
Aux cris du
bébé, suivis de youyou de joie, succèdent les exaspérations des parents des que l’on s’approche des sanctuaires administratifs. Si les parents ont passé des jours et des nuits, de bonheur, à
chercher le prénom de leur bébé avec tout leur amour, ceci est vite balayé par un simple NON du monsieur à la cravate, lourdement armé d’une liste de quelques pages, sensée résumer les prénoms
auxquels ont droit les amazighs.
Jamais cette question ne m’avait traversé l’esprit, ni ne m’avait interpellé. Pourtant j’étais bien au courant de bien des parents
perdus dans les dédales de l’administration, ces derniers leur refusant le fameux accord pour le prénom. Toutefois, depuis que j’ai appris la bonne nouvelle, et qu’on devait chercher nous-même un
prénom, je me suis poser mille questions.
Les prénoms berbères sont-ils des prénoms musulmans ?
Au font de moi, NUL doute. Toutefois, en parcourant les forums, je me retrouvé avec bien des
sottises, certains désignant uniquement les prénoms arabes comme musulmans. Ou est la part de vérité et ou est l’exagération ?
Encore une fois selon moi, un prénom n’a point d’important tant qu’il ne porte pas préjudice à Dieu,
à son envoyé ou aux sacralités de l’islam, et de même qu’à la personne qui le porte. Il va de soi que si l’on se réfère à la tradition, les meilleurs prénoms sont « Abdullah et
Abdourrahman » ou « Tout ce qui comment par 3Abd, comme Abdoullah ou ce qui dérive de la racine Hamada » comme le dit le hadith « Khairou alsmAi ma 3oubbida wa ma
hoummida », on ajoutera à ceux-là le prénom de Mohamed, étant un prénom inscrit sur le trône de Dieu avec la création du monde, et surtout étant le prénom du Prophète PBSL, suivi des prénoms des Prophètes l’ayant précédé, puisqu’ils sont au même titre reconnus par l’Islam, on retrouve donc : Moussa, Aissa (Jesus), Ibrahim (Abraham), Youssef, Ya3qoub,
etc… s’ajouterons les prénoms des femmes du Prophète Mohamed PBSL, et tous ceux qui l’ont soutenu et qui ont été parmi les proches, comme Ali, Outmane, Omar, etc…
Donc effectivement un certain nombre de prénoms se trouvent justifié par la religion, mais la
religion rejette-elle pour autant les autres prénoms issus des langues autres que l’arabe ?
Une remarque pertinente est à
faire : Si Moussa, Aissa et Ibrahim, pour n’en retenir que ceux là, sont des prénoms bénis, le seraient-ils toujours si l’on s’en tenait à leur version originelle sans passer par leur
arabisation?
Je ne pense pas. Qui oserait appeler son fils Abraham, sans être traité de « Sale Juif ».
encore une fois, seule la langue, et non la religion justifie l’admission de ce prénom. Abraham, n’était-il pas juif, donc il s’appelait bien Abraham et non, Ibrahim. Certains rétorqueront que
c’est la forme rapportée par le Coran.
Soit…
Qu’en est-il des langues ?
Comment l’Islam prévoit de traiter les prénoms de ceux qui intègrent l’islam mais qui pour autant ne souhaite guerre changer
leurs prénoms. Y a t il une contrainte ?
A ma connaissance NON. L’Islam est la religion du Juste milieu, elle ne saurait imposer à l’individu une quelconque règle qui
pourrait toucher à ses droits fondamentaux.
L’Islam par la voix du Coran reconnaît la multitude linguistique des peuples « Wa ikhtilAfi alsinatikoum » (la
diversité de vos langues), or cette diversité linguistique implique une diversité de prénoms, et le respect de la langue devrait aboutir sur le respect du prénom puisque l’individu n’étant jugé que
sur sa foi et ses actes envers Dieu et non sur son identité.
Cela ferait-il une différence si un mécréant se nommait Mohamed ? Dieu sait qu’aujourd’hui
qu’il n’en manque pas.
Et qu’en est-il bon musulman nommé anire ? Serait moins musulman qu’un autre portant un prénom arabe.
Ceci n’a pas beaucoup de sens à mes yeux. Pour moi seule la foi compte, et non le prénom. Mais pour
ce dernier le droit au choix est cruciale et on ne plus légale tant d’un point de vvue de droit divin que de droit humain.
La fameuse liste, quelle liste ?
Si certains ne font pas appel à la religion pour étreindre les prénoms berbères, Basri lui a donné
naissance à une malédiction qui bien que son auteur demeure hors état de nuire, elle continue à s’abattre sur les foyers, alimentée par le zèle de certains scribes de nos
consulats.
Les histoires ne manquent, du Nord au Sud, de l’Est à l’ouest, elles
sont les mêmes. Un père se présente au consulat pour inscrire son nouveau-né, auquel il a eu le malheur de donner un prénom berbère, car tout simplement il est berbère, et le verdict, sans délai,
s’abat : NON, il n’est pas dans la liste !!!
Quelle liste ?
Les fonctionnaires, la cachent presque, et refusent de notifier ce refus pas écrit.
Il s’agit d’une circulaire, dite de Basri, qui, en 1996, vient règlementer le port de prénom et
statuant sur leur marocanité ou non. Cette loi interdit de donner un nom de ville, village, montagne etc .. à son enfant. Mais elle interdit surtout les prénoms berbères. Car si le but avoué
est de préserver le patrimoine marocain en proie aux prénoms importés, le but inavoué est tout simplement de contrer le renouveau de l’identité berbère, qu’on croyait
à ses derniers souffles.
Cette liste à été retirée, officiellement en 2002, après le dahir portant sur les prénoms qui toutefois s’en est largement
inspirer. Cependant, on juge le dahir trop flou et donc les officiers d’état civil reviennent à cette fâcheuse liste qui n’est légalement plus utilisée.
Comment peut-on, au nom de l’amazighophobie, me dicter le prénom de mon enfant ?
Ce n’est ni légal, ni moral. Qu’en est-il de sa marocanité ? Serait-il moins marocain car il souhaite porter un prénom
amazigh. Y a t-il plus marocain qu’un prénom amazigh ? Qui a habité le Maroc depuis la nuit des temps ? Qui a fondé les empires du Maroc ? Même les Idrissides, certes Idriss I
était un arabe, mais sa femme, et les tribus de Aouraba n’étaient-elles pas amazigh ???
Pour finir, je pense qu’un seul sentiment peut expliquer l’un et l’autre, qu’il s’agisse d’un refus au nom de la religion ou au
nom de la langue, il s’agit de l’amazighophobie.
Le Maroc a encore ce pas à franchir pour qu’il se rapproche un peu plus de la démocratie, tant qu’il n’aura pas chasser ses
démons de l’arabisation et de l’amazighophobie, sa démocratie demeurera un simple mirage.
A bon entendeur….
Par Amanar.
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