par Amanar
A qui donner la Zakât ?
Shaykh Sâlih Al-Fawzân
Sache qu’on ne peut donner la Zakât qu’aux catégories de personnes qu’Allah a exposé dans Son Livre, Allah dit : « Les aumônes (obligatoires, la Zakât) ne sont que pour les indigents, les pauvres, ceux qui travaillent (à les percevoir), ceux dont on veut rapprocher les cœurs, pour affranchir (les esclaves), ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d’Allah, et pour le voyageur (dans le besoin). Ceci est une obligation venant d’Allah ! Et Allah sait tout et Il est Sage. » (At-Tawbah : 60) Les catégories citées dans ce noble verset sont celles qui méritent la Zakât, et il y a unanimité (des savants) pour dire qu’il n’est pas permis d’en donner quoi que ce soit à d’autres qu’eux.
[…]
Le Prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a dit à une personne qui l’interrogeait : « Si tu fais partie de l’une de ces catégories, je te donne (de la
Zakât) », ceci car certains hypocrites s’étaient plaints auprès du Prophète (salallahu ’alayhi wasalam) du partage des aumônes, et Allah a montré que c’est Lui qui a partagé, Il en a montré
le jugement, Il se l’est attribué à Lui, et ce partage n’appartient à personne d’autre.
Shaykh ul-Islâm ibn Taymiyyah a dit : « Il est obligatoire de la donner à ces huit catégories si on en trouve, sinon on va la donnerqui sont présents et
envoyer le reste vers les lieux où on trouve ces autres catégories. »
à ceux d’entre eux
Il dit aussi : « Il n’est permis de la donner qu’à celui qui va l’utiliser pour obéir à Allah, car Allah l’a légiférée comme aide pour l’obéissance pour
celui qui en a besoin parmi les croyants ou ceux qui les soutiennent. Celui qui ne prie pas, même s’il en a besoin, il ne faut pas lui en donner quoi que ce soit, et ce jusqu’à ce qu’il se
repente et accomplisse la prière. »
Il n’est pas permis de s’écarter de ces huit catégories citées par Allah pour donner dans d’autres actes de bien, comme la construction des mosquées ou des écoles,
d’après la Parole d’Allah : « « Les aumônes (obligatoires) ne sont que pour les pauvres, les indigents… », ici « que » (innamâ) induit la stricte limitation, appuie
le jugement de ce qui suit et rejette ce qui est en dehors (de ces huit catégories). Le sens est alors : les aumônes ne sont pas destinées à autres que ceux-là, mais uniquement à eux. Et
Allah n’a nommé ces huit catégories que pour montrer que la Zakât ne sortait pas de ces catégories et ne pouvait être donnée à d’autres.
Ces catégories se divisent en deux :
- Ceux qui sont dans le besoin parmi les musulmans
- Ceux qui, si on leur donne de la Zakât, cela aidera l’islam et les renforcera (dans leur foi).
[…] ces huit catégories sont :
1 – Les indigents : ils sont plus dans le besoin que les pauvres, car Allah a commencé par eux, et Allah ne commence que par ce qui est plus important. Les indigents sont ceux qui ne
trouvent rien pour vivre et ne peuvent chercher cette subsistance eux-mêmes, ou n’en trouvent qu’une partie mais insuffisante. Il faut leur donner de la Zakât ce qui va leur suffire s’ils ne
trouvent vraiment rien de quoi vivre, ou leur donner le complément nécessaire s’ils ne trouvent pas suffisamment de quoi vivre une année complète.
2 – Les pauvres : leur condition est meilleure que celle des indigents, le pauvre est celui qui trouve presque suffisamment de quoi vivre ou la moitié. On lui donne de la Zakât le complément
qui va lui suffire à vivre une année entière.
3 - Ceux qui travaillent à la percevoir : ils sont ceux qui la collectent, la protègent et la distribuent à ceux qui la méritent sous l’ordre du gouverneur des musulmans. On leur donne de la
Zakât un salaire pour leur travail, sauf si le gouverneur leur octroie déjà un salaire, dans ce cas ils n’ont aucun droit à la Zakât. Aujourd’hui, les collecteurs sont payés par l’Etat, il leur
est donc interdit de prendre quoi que ce soit de la Zakât pour leur travail, car ils ont déjà reçu un salaire pour leur travail.
4 - Ceux dont on veut rapprocher les cœurs : ils sont de deux types : mécréants et musulmans. On peut donner la Zakât au mécréant si on espère sa conversion à l’islam afin de
renforcer son intention et sa motivation, ou si en lui donnant la Zakât on va protéger les musulmans de son mal ou du mal d’un autre. Quant au musulman, on peut lui donner de la Zakât pour
renforcer sa foi ou si on espère la conversion des gens de son rang, et pour d’autres buts semblables profitables aux musulmans. Mais il ne faut faire cela qu’en cas de nécessité, car ‘Umar,
‘Uthmân et ‘Alî ont délaissé l’octroi à ceux dont on veut rapprocher les cœurs, car cela n’était pas nécessaire à leur époque.
5 - Pour affranchir (les esclaves) : ils sont ceux qui sont faits prisonniers et qui ne trouvent pas de quoi se faire libérer, on peut alors donner de quoi
payer la rançon et les libérer de leur joug. Il est aussi permis au musulman d’acheter un esclave avec sa Zakât et de l’affranchir. Il peut aussi racheter avec la Zakât le prisonnier musulman,
car en faisant cela on libère le musulman de la captivité.
6 - Ceux qui sont lourdement endettés : ils sont de deux types :
Celui qui est endetté pour d’autres, par exemple s’il y a une divergence entre deux tribus ou deux villages sur une affaire de droit du sang ou d’argent et que cela
amène entre eux haine et inimitié, quelqu’un peut s’interposer et donner de ses biens en compensation de ce qu’il y a entre eux, afin de mettre fin à cette querelle. Celui qui fait cela aura fait
un grand bien et il lui est permis de le prendre de la Zakât afin que cela ne le prive pas de tous ses biens et que cela l’encourage lui et d’autres à accomplir cet acte noble qui met fin aux
querelles et aux troubles. Plus encore, le Législateur a clairement exposé ce cas, comme il est rapporté dans le Sahîh Muslim d’après Qubaysah qui dit : « Je me suis acquitté d’une
dette (pour un autre) et le Prophète (salallahu ’alayhi wasalam) m’a dit : « Reste jusqu’à ce que les aumônes (Zakât) nous arrivent, afin que nous ordonnions qu’on te la
donne. »
Celui qui est endetté pour lui-même, comme celui qui veut acheter sa liberté à un mécréant, ou celui qui a une dette qu’il ne peut régler. On lui donnera alors de la Zakât de quoi payer sa
dette.
7 - Dans le sentier d’Allah : c'est-à-dire donner à ceux qui sont partis combattre et qui ne perçoivent pas de salaire (du gouverneur), car le sens générale de
« sur le sentier d’Allah » est le combat, Allah dit : « Allah aime ceux qui combattent sur Son sentier » (As-Sâff : 4) et Il dit : « Combattez sur le
sentier d’Allah. » (Al-Baqarah : 190).
8 - Le voyageur (dans le besoin) : c'est-à-dire le voyageur stoppé dans son voyage du fait qu’il n’a plus d’argent ou qu’il l’a perdu. (Littéralement dans le verset : « Fils du
chemin ») ainsi on a nommé celui qui est sur les routes « fils du chemin ». On peut lui donner ce qui va lui permettre de rentrer chez lui, et s’il est en chemin vers un autre
pays, on va lui donner ce qui lui permettra de s’y rendre et de revenir chez lui. Entre dans cette catégorie : l’invité comme l’a dit Ibn ‘Abbâs et d’autres. Et si on donne quelque chose au
voyageur, au combattant, à l’endetté ou au prisonnier et qu’il en reste quelque chose après avoir comblé leur besoin, ils doivent le rendre, car ils ne possèdent pas totalement ce qu’on leur a
donné, mais uniquement ce qui leur est nécessaire. Cela ne leur est dû qu’en raison d’une cause et si cette cause disparaît le droit aussi disparaît.
Sache qu’il est permis de donner l’intégralité de la Zakât à une seule des catégories citées, Allah dit : « Si vous donnez ouvertement vos aumônes, c’est bien. Mais si vous les donnez
en secret aux pauvres, c’est encore mieux pour vous. » (Al-Baqarah : 271) Aussi d’après le hadith de Muâdh ibn Jabal, lorsque le Prophète (salallahu ’alayhi wasalam) l’a envoyé au
Yémen : « Informe-les qu’Allah leur a rendu obligatoire une aumône prise de leurs riches et donnée à leurs pauvres. » (Al-Bukhârî et Muslim). Dans le verset et le hadith, une seule
catégorie est citée, ce qui montre que l’on peut ne la donner qu’à eux.
On peut également ne la donner qu’à une seule personne, car le Prophète (salallahu ’alayhi wasalam) a ordonné à Banî Zarîq de donner leurs aumônes à Salmah ibn
Sakhr (Ahmad). Il dit aussi à Qubaydah : « Reste jusqu’à ce que les aumônes (Zakât) nous arrivent, afin que nous ordonnions qu’on te la donne. » Ces deux hadiths montrent qu’il est
permis de ne donner qu’à une seule personne parmi les huit catégories.
Il est préférable de la donner aux proches dont la prise en charge n’est pas obligatoire, ceci de proche en proche, d’après la parole du Prophète :
« L’aumône que tu feras à ton proche et à la fois une aumône et maintien des liens de parenté. » (At-Tirmidhî)
Il n’est pas permis de donner la Zakât à la tribu des Banî Hâshim, auxquels s’ajoutent la famille de ‘Abbâs, ‘Alî, Ja’far, ‘Aqîl, Al-Hârith ibn ‘Abd Al-Muttalib et
Abû Lahab, d’après la parole du Prophète : « Les aumônes ne conviennent pas à la famille de Muhammad, ce ne sont que les impuretés des gens. » (Muslim)
Il n’est pas permis de donner la Zakât à une femme pauvre si elle est prise en charge par son mari qui lui est riche, également au pauvre s’il a un proche riche qui
le prend en charge, car ils peuvent se passer de prendre de la Zakât.
Il n’est pas permis de donner la Zakât aux proches dont la prise en charge est obligatoire, car ce faisant celui qui agit ainsi « protègerait » son
argent. Quant à ceux qu’il prend en charge par bonté (et non par obligation) il peut leur donner de sa Zakât. Ainsi, Al-Bukhârî rapporte que l’épouse de ‘Abdullah a interrogé le Prophète
(salallahu ’alayhi wasalam) à propos de deux neveux orphelins qu’elle élevait, si elle pouvait leur donner sa Zakât ? Il répondit oui.
Il n’est pas permis de donner la Zakât aux ascendants qui sont les parents et grands-parents, ni aux descendants qui sont les enfants et petits-enfants.
Il n’est pas permis de donner la Zakât à l’épouse car elle n’en a pas besoin étant donné qu’il doit la prendre en charge, et que ce faisant il
« protègerait » son argent.
Le musulman doit s’assurer de la situation de ceux à qui il donne sa Zakât, s’il la donne à celui dont il pense qu’il la mérite, puis il lui apparaît qu’il ne la
mérite pas, cela ne lui est pas compté, mais si rien ne lui apparaît cela lui est compté. Il se suffit de ce quisalallahu ’alayhi wasalam), il les a regardés et a vu qu’ils étaient robustes, il
leur dit : « Si vous voulez je vous en donne une part, mais (sachez) que ni le riche ni l’homme fort et capable n’y a droit. » (Abû Dâwûd).
Source : Al-Mulakhas Al-Fiqhi p.258-263.
Traduit par les salafis de l’Est.
Zakât Al Fitr
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Zakât El Fitr est une aumône obligatoire pour tout jeûneur pour qu'il soit purifié de tout ce qui aurait pu entacher son jeûne. Il est en outre tenu de la verser, le cas échéant, pour toutes les personnes dont il a la charge.
Par ailleurs, cette Zakât permet aux nécessiteux de passer la fête de l’Aïd dans les meilleures conditions possibles. Cette journée étant caractérisée par un climat de joie, de pardon et de fraternité, elle devrait dispenser les pauvres de demander l'aumône. Son montant est fixé en fonction du prix de certaines denrées alimentaires. Elle a été fixée cette année à 5 € par personne à charge
Quand la sortir ?
On peut la sortir dès le début de Ramadan. Surtout si on la donne à un organisme de charité . Plus tôt l''organisme la reçoit-il et plus tôt il peut prendre ses dispositions afin qu'elle puisse être remise aux nécessiteux pour l'Aïd El Fitr. C'est d'ailleurs cet avis que préconisent un grand nombre de savants dont le Cheikh Youssef Al Qaradawi.
Comment vous faire parvenir ma Zakât Al Fitr ?
Vous pouvez vous acquitter de votre Zakât dès le début du Ramadan par plusieurs méthodes:
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En nous envoyant un chèque,
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En utilisant les tirelires déposées à cet effet chez certains commerçants,
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En liquide dans les locaux du Secours Islamique,
-
Par mandat compte: compte postal CCP 2919 D Paris en précisant "Zakât El Fitr".
Zakât Al Maal

Le mot " Zakât ", souvent traduit en français par "aumône légale" ou bien "impôt social purificateur", signifie littéralement "purification", « épanouissement ». Il est également lié aux notions de bénédiction, croissance et développement.
Il désigne l'aumône obligatoire que chaque musulman verse en vertu des règles de solidarité au sein de la communauté musulmane.
Troisième pilier de l'Islam (après l'attestation de foi et la prière), la Zakât est en effet une obligation pour tout musulman possédant une richesse minimum (appelée Nisâb).
Le Nisâb :
Le Nisâb est la fortune minimale au-delà de laquelle l'acquittement de la Zakât est obligatoire. Elle correspond à l'équivalent de 85g d'or, soit actuellement 1250 € environ. Le musulman qui possède ce niveau minimum de richesse , ou d'avantage, après un an est considéré comme assez riche pour payer la Zakât.
Pour quels biens est-elle due ?
La Zakât est due pour les biens suivantes : l'or, l'argent, les marchandises, le bétail, les produits agricoles, l'exploitation minière, les actions en bourse, les titres et les obligations… Si un bien est acheté avec l'intention d'en tirer un profit après la vente, la Zakât est payable sur la valeur actuelle totale.
Si vous avez un commerce, la Zakât n'est pas due sur le bâtiment, les installations, les équipements de bureau ou les véhicules de fonction. En revanche, les fonds de roulement et tous les profits qui ont étés économisés plus d'un an, seront soumis à la Zakât (pour plus de détails, nous contacter).
Pour l'argent qu'on possède, la Zakât s'élève à 2.5% du montant total. Par exemple une personne possédant 1000 € d'économie donnera 1000* 2,5/100 = 25 € pour la Zakat.
Fatwa du Cheikh Fayçal Mawlawi (jurisconsulte et membre du Conseil Européen de la Fatwa et de Recherches) :
“ En cas de besoin urgent, les musulmans sont autorisés à faire parvenir l’aumône collectée (Zakat al Maal ou Zakat al Fitr), dans tous pays où vivent d’autres musulmans. Donner la Zakat aux musulmans dans ces pays, a été autorisé par le consensus des Ulémas (Ijmâ'), et a été considéré préférable par la plupart des jurisconsultes.”



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