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Mardi 13 septembre 2005

par Takfarinas Abdellah



Coucher de soleil à Oaurzazate.


La province de Ouarzazate mérite davantage qu'un simple détour . Elle détient à elle seule de grandes potentialités touristiques. qu'il s'agisse de ses palmeraies, de ses célèbres, de l'accueil de ses habitants, de la diversité de son folklore, ou encore de l'authenticité architecturale de ses casbahs. Malheureusement , on manifeste encore un désintérêt vis à vis de cette province par rapport aux autres villes comme Marrakech, Fès, Agadir. Souvent les touristes pressés en visite dans le sud Marocain transitent par Ouarzazate en direction de Tafilalt et des fameuses dunes de Merzouga.
Ces derniers ignorent ce qu'ils ont raté : des beautés que recèle cette région à elle seule. Alors , Revenez et Redécouvrez la province de Ouarzazate dans tout son éclat!

D'ailleurs, l'infrastructure hôtelière s'y prête volontiers. Quant à ceux qui ont l'esprit "routard" , les auberges pullulent car Ouarzazate c'est d'abord l'accueil qui vous attend à bras ouvert. Cependant Ouarzazate ne serait pas Ouarzazate sans ses studios de cinéma, ses célèbres Gorges dont le parcourt est saisissant, ses palmeraies panoramique captivantes et ses casbahs féeriques ne l'a-t-on pas surnommée "La Région des Milles et une casbahs"


 Situation géographique

  La province de Ouarzazate est située au Sud-est du Maroc , la superficie est de 19464 m², appartenant à une région pré-saharienne, elle délimitée par:
- Au Nord par la province du Haouz et d'Azilal.
- A l'Est par la province d' ERRACHIDIA .
- A l'Ouest par la province de Tata.
- Au Sud par la Province de Zagora.
les reliefs prédominants dans cette région se composent de 4 unités morphologique principales.
 

 Climat

 Le Climat de la province d'Ouarzazate est semi-desertique à forte influence continentale.
Les précipitations moyennes annuelles sont très faibles 150 mm, Les températures sont très variables du Nord au Sud de la Zone : en Hiver entre 0,5 °C et 20 °C,
Celle de l'été entre 30°C et 40°C.
Quand aux vents dominants sont généralement de Nord-ouest : Le Sirocco ou le Chergui
.

 Ressource en EAU

 Les principales zones de ces eaux souterraines sont le bassin d'Ouarzazate, l'Anti-Atlas et le flanc nord du Jbel Saghro.   

  a) Le bassin de Ouarzazate
 
C
onstitué surtout par les sous écoulements des Oueds formant des nappes localisées d'épaisseurs faibles.

  b) L'anti-Atlas et le Flanc Nord du Jbel Saghro
  L
es ressources en eaux souterraines sont faibles et se trouvent essentiellement dans les zones facturés et altérées et dans les zones alluviales.

 Données démographiques

© Mallal

 La population de la province de Ouarzazate est composé de deux ethnies notamment les berbères et les arabes.
La population de Ouarzazate comporte 439072 habitants répartis en 61517 ménages sur une superficie de 19464 m² .
Ruraux dans leur majorité ( 75 % de la population totale). les habitants sont employés à concurrence de 61% de la population active , dans le secteur agricole.

 Quelques chiffres

->27 hôtels classés d'une capacité de 2263 chambres et 4529 lits.
-> 46 hôtels non classés totalisant 767 chambres et 1520 lits.
-> 08 campings.
-> 30 gîtes d'étapes et 3 refuges.
-> 21 restaurants.

-> 50 guides touristiques (dont 33 accompagnateurs).
-> 09 agences de voyages.
-> 30 agences de transport touristique.
-> 27 agences de location de voitures.

Lundi 12 septembre 2005

par Takfarinas Abdellah

 

HISTOIRE DU MAROC

 

 Le Maroc au 3ème Millénaire

La préhistoire

L'homme est déjà présent, vers 800 000 av.J-C, sur le rivage Atlantique, comme le témoignent les outils retrouvés à Casablanca, les plus ancestraux, d'ailleurs, d'Afrique du Nord. Vers 5000 ans av.J-C, de nouvelles populations du Proche-Orient cohabitent et se mêlent aux descendants des premiers habitants du Maroc. Ces nouveaux venus sont les ascendants de la famille des Berbères, élargie par des apports méditerranéens.

 Le Pastoralisme

Vers 1600 av J-c., à l'âge du Bronze, des pasteurs Berbères gravent sur des rochers du Haut Atlas des dessins de poignards, de hallebardes, de haches et de boucliers, sujets utilisés autrefois par les mauritaniens pour les deux grandes activités du moment : la chasse et la pêche .

L'antiquité

Vers 800-600 av J-C., le Maroc entre dans l'histoire. L'écriture libyque, inventée par les Berbères, apparaît dans l'Atlas et des Phéniciennes sont marquées sur des poteries repérées sur l'île d'Essaouira vers 500 av J-C., les Ethiopiens, "ceux qui sont brûlés par le soleil", s'installent au Maroc. Au nord, casaniers, ils vivent dans des logis troglodytiques ; au sud, cavaliers nomades, ils s'adonnent à la chasse. Les Atlantes, quant à eux, occupent le centre de l'Atlas et donnent leur nom à l'océan Atlantique.

Au IV ème siècle av. J-C., naissance de la Maurétanie

Les Grecs nomment les "Mauriciens" les Libyens occidentaux, appellations que les habitants du Maroc et de l'Algérie occidentale actuels se donnent eux mêmes. Entre 25 av J-C. et 23 ap. J-C, Juba II, Roi de Maurétanie, est installé à la tête du Royaume par Auguste et réside à Volubilis . Il décrit le pays dans un livre utilisé plus tard par Pline . Il installe des fabriques de pourpre sur l'île de Mogador, au large d'Essaouira, et sillonne les îles Canaries par sa marine .

En 42 ap J-C., la conquête romaine

Les armées Romaines prennent possession de la Maurétanie Tingitane, mise en valeur par la création des routes, connaît un essor agricole et un commerce actif. Tingis, Lixus, Volubilis, Benassa se développent. L'influence romaine se conservera au sud, jusqu'en 429, date du passage des Vandales dans cette partie de la Mauritanie Tingitane . Il semblerait qu'à partir de 533, les flottes Byzantines puis Wisigothe aient occupé Ceuta et Essaouira ; il ne subsiste que de rares objets de leur passage.

 La conquête musulmane

L'islamisation : Dés 682, le chef Arabe Oqba Ibnou Nafi'i, fondateur de Kairouan, la première cité musulmane en Tunisie, entame un raid jusqu'aux côtes atlantiques. Berbères et Byzantins se soulèvent alors contre l'envahisseur, mais les Arabes musulmans parviennent à étendre leur domination, faisant ainsi progresser l'islamisation des populations.

La crise du califat: La domination musulmane se consolide malgré la formation de Royaumes aux doctrines religieuses insoumises, comme le Royaume kharidjite de Sigilmassa, dans le Tafilalet, ou celui de Berghouata, sur le littoral Atlantique. En 740, éclate une importante révolte contre les autorités de Damas, siège du Califat Omeyyade. Peu à peu, le Maroc échappe à leur pouvoir, et se morcelle en nombreux Royaumes et Principautés.

La Dynastie idrisside

En 788, aura naissance de la première dynastie musulmane, d'origine moyen-orientale. En 791, création de l'État Marocain. Idriss Ier, descendant d'Ali, gendre du prophète, fuira l'Arabie pour échapper au massacre de sa famille pour venir s'installer à Volubilis et fondera Fès qui, après sa mort en 792, sera désignée capitale du Royaume par son fils successeur Idriss II. Ce dernier s'occupera de la construction de la ville en 803. il mourut en 828. L'administration du Royaume sera confiée à ses fils, puis à ses frères. La vie économique sera prospère à Fès. En 857 et 859 la cité se prévaudra des prodigieuses mosquées Quaraouiyine  et des Andalous. Au début du XI ème siècle, les Idrissides sont indiqués Califes à Cordoue  jusqu'à ce que la division de l'Espagne cause leur décadence et leur disparition en 1055.

La dynastie  almoravide

Dynastie Berbère originaire du Sahara occidental, leur nom de l'arabe "Al Mourabitoun" signifie les moines guerriers, avait comme Sultan : Youssef Ibn Tachfine qui construira la ville de Marrakech (future capitale du Royaume) vers 1070, puis s'occupera ensuite de l'unification politique entre le Maroc et l'Espagne musulmane. A travers lui, la civilisation Andalouse se répandra au Maghreb, puis à la tête des troupes Almoravides, s'emparera de l'Espagne jusqu'a l'Èbre. Ali Ben Youssef, son fils, lui succédera en 1106 pour y régner pendant 37 ans.

La Dynastie almohade

Dynastie Berbère originaire du Haut-atlas, leur nom de l'arabe "Al Mouwahidoune"," les unitaires", sermonnant l'unicité de Dieu. Son fondateur ne sera autre qu'Ibn Toumart, prédicateur à Tin-mal (Haut-atlas).

Abdel-Moumen, son disciple, prendra Marrakech pour capitale d'où la construction de la Koutoubia, puis fondera l'Empire Almohade, et parviendra à unifier l'Afrique du Nord, mais décédera à Rabat en 1163 avant de pouvoir relier l'Andalousie à son Empire. Cette gloire reviendra à son successeur Yacoub El-Mansour, victorieux de la bataille à Alarcos en 1195, contre les Portugais et les Espagnols.

Après la disparition de ce dernier, les insuccès militaires suivront, ce qui incitera à la division de l'Empire, suivie de l'éjection du système religieux d'Ibn-Toumert.

La Dynastie mérinide

Dynastie Berbère (nomades Zénètes originaires du Bassin de la haute Moulouya). Cette Dynastie aura pour capitale Fès, procèdera à la création de Fès El-Jedid et la construction de plusieurs medersas dont la Medersa El-Attarine, la Medersa Abou Inane, ou encore la Medersa Mérinide à Salé. Celle-ci profitera de l'alanguissement de l'Empire Almohade pour s'accaparer des villes de Fès, de Rabat, de Salé et des plaines fertiles du Sais et du Gharb. Ultérieurement, le Sultan Mérinide Abou Youssef Yacoub s'emparera de la ville de Marrakech en 1269 pour ainsi évincer la Dynastie Almohade.

En tant que chef suprême de la dynastie mérinide, Abou El-Hassan tentera alors de reconstituer l'Empire vers 1331 d'où la conquête de Tlemcen en Algérie et Tunis en 1347, mais n'aurait pas parvenu à garder l'Espagne et Algéciras en 1340.

En 1348, la peste noire et les rébellions de Tlemcen et de Tunis  marqueront la décadence des Mérinides qui ne parviendront pas à refouler les Portugais et les Espagnols, leur permettant ainsi, par le biais aussi de leurs continuateurs les Wattassides de s'installer sur la côte. La résistance s'organisera autour des confréries et des marabouts dont sera dérivée la dynastie saadienne.

La Dynastie saadienne

Dynastie chérifienne (de "Chorfa descendants du prophète Mohamed) originaire de la vallée du Draa. Marrakech sera leur capitale. En 1578, viendra le tour d'Ahmed Al Mansour Eddahbi qui sera l'auteur de plusieurs bels exploits, dont la victoire laborieuse de "la Bataille des trois rois" à Oued El-Makhazine; "la conquête de Tombouctou" d'ou il ramènera or et esclaves; ensuite "la construction du palais El Badiî", le développement de l'industrie du sucre et des armes... Le règne d'Ahmed Al Mansour Eddahbi prendra fin en 1602

La Dynastie alaouite

  Dynastie issue des chorfa de Tafilalet descendants d'Ali qui agissent en souverains indépendants depuis le milieu du XV ème siècle, ils infligeront leur autorité dès 1666. Son fondateur et chef spirituel, Moulay Ali Chérif et ses successeurs (Mohamed Ben Ali Chérif proclamé premier Roi en 1640, et Moulay Rachid qui s'occupera de l'institution de la monnaie en 1664) entendront réunifier le Maroc, appliquant par là une stratégie économique et militaire des plus rigides.

  En 1672, viendra le tour de Moulay Ismaël d'exercer un pouvoir absolu tout en croissant l'œuvre accomplie par ses prédécesseurs. Le Sultan commencera tout d'abord par la construction de la ville de Méknès, ville qu'il désignera par la suite capitale du Royaume. Après avoir repris Larache et Tanger, Moulay Ismaël renversera les pouvoirs politiques et religieux locaux et fondera ainsi l'Empire Chérifien ; sa domination sera étendue jusqu'au Sénégal en se formant un réseau de forteresses à partir desquelles une armée de métiers opérera .Il se consacrera par la suite à mettre en place des relations diplomatiques fructueuses avec des pays étrangers, particulièrement au temps de Louis XIV et Jacques II d'Angleterre.

   Après la mort du glorieux défunt en 1727, Sidi Mohamed Ben Abdallâh (Mohamed III) lui succéda en 1757, musulman fervent, fier de sa qualité de chérif, il ne songeait qu'a apporter au pays le repos et la paix. Aussi fut -il accueilli comme un homme providentiel et sa proclamation prit le caractère d'un véritable plébiscite. Sitôt investi du pouvoir, il allégea les impôts,frappa une monnaie saine et reconstitua une nouvelle armée avec les débris des tributs Guich. Simultanément, il s'employa à fortifier les ports marocains et eut la chance de reprendre Mazagan aux portugais (1769). Il conclut la paix avec les Espagnols et un accord sur les prisonniers avec Louis XV (cet accord que Moulay Ismaïl n'avait pas pu obtenir de Louis XIV). Considérant que le Maroc avait besoin de renforcer ses relations avec l'extérieur pour compenser la perte du Triq-Sultan, il signa des traités de commerce avec le Danemark, la Suède, l'Angleterre et les Etats-Unis, qui venaient de proclamer leur indépendance et que Sidi Mohammed fut un des premiers à reconnaître. Il reçut à cette occasion une très belle lettre de George Washington, proposant d'instaurer une paix perpétuelle entre leurs deux pays. Mais le fait le plus saillant de son règne fut, sans conteste, la fondation de Mogador, dont il confia la construction à l'architecte français Gournot. Sans doute aurait-il fait bien davantage s'il n'avait pas été paralysé par la médiocrité de ses ressources. Lorsqu'il mourut en 1790, il laissait la Maroc en bien meilleure posture qu'il ne l'avait trouvé.

Devenu alors successeur de Moulay Yazid Ben Abdallâh qui n'aurait gouverné que pendant une durée de deux ans (1790-1792), Moulay Slimane restituera Oujda des mains des turcs, bâtira plusieurs mosquées et medersas et ne manquera pas aussi à l'aide des Algériens durant la guerre d'Isly. Suite au soutien de l'Empire Chérifien à l'Émir Abd el-Kader d'Algérie, le Maroc connaîtra alors une crise politique des plus ardues d'ou la provocation des interventions militaires de la France en 1844 et de l'Espagne en 1859-1860, les affrontements suivront jusqu'en 1873 par le Sultan Mohamed IV. Malgré les efforts imminents du Sultan Moulay Hassan Ier, successeur de Mohamed IV, il aura pour objet de consolider le pouvoir par le ralliement des tributs du Haut Atlas, et moderniser le pays tout en maintenant l'indépendance, des traités sont alors imposés par la Grande Bretagne, l'Espagne et la France. Le pays s'endettera auprès des banques étrangères. My Hassan Ier décédera en 1894, il sera remplacé par le Sultan My Abdelaziz qui, lui, régnera jusqu'en 1907, l'année même ou Moulay Hafid prendra le relais. A la suite de l'assassinat de quelques ressortissants  européens, les Français occuperont Casablanca, alors que la France et l'Espagne étaient déjà nommés mandataires de la nouvelle banque d'Etat du Maroc au cours de la conférence d'Algésiras en 1906.

L'Histoire contemporaine du Maroc

Le Protectorat

En 1909, l'Espagne débute la conquête militaire du croissant rifain, ensuite, deux ans après, le Sultan Moulay Hafid appellera l'armée française pour libérer Fès, cernée par des tributs factieuses. Suite à la pénétration française, le Sultan sera acculé à accepter un traité de protectorat singé le 30 mars 1912; une zone d'influence sera confiée à  l'Espagne. Le Sultan Moulay Hafid déloge et laisse le trône à son frère Moulay Youssef, un homme de culture qui commencera son parcours d'abord par construire plusieurs écoles et collèges dont celui qui porte son nom ( Moulay Youssef et Moulay Idriss ). La même année connaîtra la nomination du Général Lyautey au grade de résident général du Maroc, celui-ci ne tardera pas à désigner Rabat comme capitale et, avec l'urbaniste Léon Henri Prost, entreprendra de moderniser les villes du Royaume en 1921, Abdelkrim El Khattabi conduira la révolte du Rif, pour s'opposer à la domination européenne.

 Sa Majesté le Roi Mohammed V

Le Général Lyautey partira en 1925, et la France diminuera les prérogatives du pouvoir fondamental chérifien en procédant de plus en plus par la gestion directe. La résistance s'accommodera, à partir de jeunes élites urbaines ; la seconde guerre mondiale marquera une trêve entre l'opposition nationaliste et la France. Pendant la guerre, S.M le Roi Mohamed Ben Youssef (Mohamed V) devenu alors Sultan du Royaume Chérifien en 1927, entreprendra de protéger tous les Juifs Marocains face au régime de Vichy. En 1944, sera proclamé le manifeste de l'indépendance ; trois ans après, S.M le Roi Mohamed V se prononcera à Tanger (ville internationale) en sa faveur. Durant les cinq années qui suivent, les négociations se suivront mais sans aucun succès et, en 1952, la crise entre les autorités du protectorat et les nationalistes entraînera des mouvements insurrectionnels tandis que le Sultan sera déposé, puis envoyé en exil en 1953. Cependant, les revers en Indochine, la naissance de la guerre d'Algérie en 1954 inciteront le gouvernement Français à rechercher une solution politique. Le retour d'exil du Souverain se fera en Novembre 1955, ouvrira le chemin de l'indépendance, reconnue en 1956 par la France, puis par l'Espagne. Dés les premières années S.M le Roi Mohamed V tentera de doter le pays d'institutions démocratiques et rédigera une constitution peu de temps avant sa mort, en 1961.

 Sa Majesté le Roi Hassan II

Après la mort du Sultan Mohamed V, survenue le 26 février 1961, Moulay Hassan ( que Dieu l'ait en sa Sainte Miséricorde ) fut intronisé le 3 mars 1961,  sous l'appellation de Sa Majesté le Roi Hassan II. Au début de son règne, le Souverain pensera tout d'abord à consolider l'indépendance et unifier le pays, ensuite prendra l'initiative de faire expatrier toutes les troupes étrangères en 1962. Marqué par des difficultés politiques et économiques, le début de ce règne s'expliquera par un renforcement de la centralisation ; en 1963, s'opposeront, dans les démarcations sahariennes, les armées marocaine et algérienne. L'année 1965 verra la mise en place de la réforme agraire, ensuite le retour de la province de Sidi Ifni  à la mère patrie en 1969.

Sur le plan international, Feu Sa Majesté le Roi Hassan II envoya deux contingents militaires, l'un au Golan, en Syrie, l'autre au Sinaï, en Égypte pour participer à la défense de ces deux pays contre les agressions israéliennes. Cependant, la Marche Verte qui aura lieu en Novembre 1975, afin de réintégrer au Royaume ses provinces sahariennes, mobilisera et enrégimentera tout le peuple marocain derrière son Roi, ce qui permettra de franchir les frontières fictives.

Feu S.M le Roi Hassan II comptait parmi les grands chefs d'états dans le monde .Il présidait le Comité Al Qods à travers lequel il déployait de grands efforts pour sauver cette ville sainte de la judaïsation. Il a encouragé le secteur agricole, base principale de l'économie nationale, en édifiant des dizaines de barrages, comme il distribua des terres aux agriculteurs démunis. Pour développer les industries nationales il fit installer des usines et des manufactures, il relia les principales villes et villages par un important réseau routier ; il fit construire des ports et des aéroports. Il s'occupa de l'enseignement, de la santé et de l'habitat. Il fit édifier des hôpitaux, des dispensaires, des écoles, des instituts et des universités. Il abaissa les tarifs des loyers du tiers pour les locataires à faible revenu. Pour asseoir les bases de la démocratie, il mit en place des conseils communaux municipaux et ruraux et fit élire un parlement. Il faisait rectifier incessamment la carte administrative du Royaume, créant ainsi de nouvelles provinces dans le but de rapprocher l'administration des citoyens. Il donna également ses directives à prendre soin du monde rural. Il fit bâtir des mosquées dont la plus grande, la Mosquée Hassan II à Casablanca, un véritable joyau de l'architecture islamique. Il institua des conseils de Oulémas et créa l'Académie du Royaume du Maroc. Toutefois, à partir des années 1990, le régime évoluera vers d'avantage de démocratie, grâce aux changements du cercle national et international et de modifications dans la société. Que Dieu l'ait  en sa sainte Miséricorde pour tout ce qu'il a réalisé pour son peuple. Avec le décès de S.M. le Roi Hassan II  le 23 juillet 1999,ce sera un souverain né après l'indépendance qui dirigera désormais les destinées du Royaume, en l'occurrence, Sa Majesté le Roi Mohammed VI dont l'intronisation est célébrée le 30 juillet 1999.

 

Album photos Maradji

Faits marquants de l'Histoire du Maroc

Le 18 novembre 1927

*Intronisation de Sa Majesté Mohammed V à l'âge de 18 ans. Sous Son règne, le Maroc mènera la bataille décisive pour l'indépendance.

Le 9 juillet 1929
* Naissance de Sa Majesté le Roi Hassan II.

Le 11 janvier 1944

*Présentation du "Manifeste de l'Indépendance" demandant la reconnaissance de l'Indépendance du Maroc, son intégrité territoriale et de sa souveraineté nationale.

Le 9 avril 1947
* Visite historique de Sa Majesté Mohammed V à Tanger au cours de laquelle il a prononcé un discours historique qui a marqué la renaissance de la conscience nationale et de la résistance contre l'occupation étrangère.

Le 20 août 1953

* Exil de feu Sa Majesté Mohammed V et de la Famille Royale à Madagascar.
Déclenchement de "la Révolution du Roi et du Peuple".

Le 16 novembre 1955
* Retour d'exil de feu Sa Majesté Mohammed V et de Sa Famille.

Le 2 mars 1956

*Signature avec la France des accords reconnaissant l'indépendance du Maroc.

Le 7 avril 1956

*Signature avec l'Espagne des accords permettant au Maroc de récupérer sa partie Nord.

Le 22 avril 1956
*Le Maroc est admis comme membre de l'O.N.U.

1958

* Récupération de la province de Tarfaya, qui était sous domination espagnole, et abrogation du statut de "ville internationale" attribué à Tanger .

Le 26 février 1961

*Décès de Sa Majesté Mohammed V
.
Le 3 mars 1961

*Intronisation du Prince Héritier Moulay Hassan en tant que Roi du Maroc
.
Décembre 1962
*Adoption par référendum de la première Constitution faisant du Maroc une Monarchie constitutionnelle.

1969
*Libération de la ville de Sidi Ifni de l'occupation espagnole.

Le 6 novembre 1975

*Lancement de La Marche Verte : 350.000 volontaires marocains ont répondu à l'appel de Sa Majesté le Roi en franchissant la frontière artificielle qui sépare le Maroc de son Sahara.

Le 14 novembre 1975

* Signature de l'accord de Madrid portant sur la rétrocession du Sahara au Maroc.

Le 4 mars 1980
 
Visite de Sa Majesté le Roi à Dakhla dans la province de Oued Eddahab, (ex-Rio de Oro).
 
Le 10 mars 1985
 
Sa Majesté le Roi effectue une visite dans les provinces sahariennes (Laâyoune et le mur de défense au Sud de Boukrâa).
 
Le 23 janvier 1987
S.M. le Roi propose au Roi Juan Carlos 1er d'Espagne la constitution d'une cellule de réflexion sur la question des Présides (Sebta, Melilla, les Iles Bades, Nekkor et Moulouya).
 
Le 17 février 1989
 
Signature à Marrakech du traité constitutif de l'Union du Maghreb Arabe (U.M.A.).
 
Mai 1990
 
Sa Majesté le Roi annonce la création du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme.
 
Juillet 1990
 
Sa Majesté le Roi annonce la création du Conseil National de la Jeunesse et de l'Avenir.
 
Mai 1991
 
S.M. Hassan II effectue une visite dans les provinces du Sud (Guelmim - Tan-Tan - Smara et Assa-Zag).
 
Le 4 septembre 1992
 

Référendum sur la révision de la Constitution de 1972.
 

Le 16 octobre 1992
 
Elections communales.
 
Le 29 août 1993
 
Inauguration de la Mosquée Hassan II à Casablanca
 
Les 25 juin et 17 septembre 1993
 
Elections législatives.

Le 15 avril 1994

Tenue à Marrakech de la Conférence ministérielle du GATT.

Le 29 octobre 1994

Tenue à Casablanca de la Conférence Economique sur le Moyen Orient et l'Afrique du Nord.
Le 13 décembre 1994
 
Tenue à Casablanca de la septième Conférence Islamique au Sommet (O.C.I.)
 
Le 15 janvier 1995
 
Tenue à Ifrane de la 15ème session du Comité Al-Qods.
 
Le 27 mai 1995
 
S.M. le Roi reçoit le Président Yasser Arafat et le Ministre israélien des Affaires Etrangères Shimon Pérès pour la relance du dialogue palestino-israélien.
 
Le 15 septembre 1995
 
Organisation d'un référendum sur le projet d'amendement de l'article 49 de la constitution relatif au vote et à l'adoption de la loi de finances lors de la session parlementaire d'avril au lieu de celle d'octobre
 
Le 13 mars 1996
 
S.M. le Roi Hassan II participe au sommet des "bâtisseurs de la paix", à Sharm El-Cheikh en Egypte, à la tête d'une importante délégation en présence de plusieurs chefs d'état.
 
Le 11 avril 1996
 
Le Maroc signe au Caire le traite de dénucléarisation de l'Afrique qui interdit aux pays signataires la possession, le stockage, la circulation, l'utilisation ou l'expérimentation de toute sorte d'armes ou de produits nucléaires en Afrique.
 
Le 13 Septembre 1996
 
Adoption par référendum du nouveau texte de la constitution qui institue un régime bicameral ,doté d'une première chambre des représentants élue exclusivement au suffrage universel direct, et d'une seconde chambre de conseillers, élue au suffrage indirect.
Ce texte introduit également l'entité REGION en tant que nouvel édifice institutionnel, qui constitue un nouvel espace de débat et de concertation , une nouvelle base de représentation nationale à la chambre des conseillers, un nouvel espace de développement économique et social et un nouveau cadre de mobilisation des ressources.
RESULTATS DU REFERENDUM DU 13 SEPTEMBRE 1996

 
Le 28 février 1997
 
Signature d'une déclaration commune entre les pouvoirs publics et les partis politiques relative aux élections.
 
Le 27 mars 97
 
Tenue, à Rabat, sous la présidence de S.M. le Roi Hassan II, de la 16ème session ministérielle du comité Al-Qods.
 
Le 2 avril 1997
 
Promulgation de la loi sur la région et de lois adaptant les statuts de base des chambres d'agriculture, des chambres commerciales et d'industrie et de service, des chambres d'artisanat et des chambres maritimes.
 
Le 1er mai 1997
 
Promulgation de dahir instituant une commission électorale et des commissions provinciales de suivi des élections.
 
Le 13 juin 1997
 
Déroulement des élections communales au Maroc. 102 179 candidatures pour pourvoir les 24 253 sièges dans les 1 547 communes urbaines et rurales du pays.
 
15 juillet 1997
 
Election des assemblées provinciales et préfectorales.
 
Le 25 juillet 1997
 
Election des chambres professionnelles.
 
Le 24 octobre 1997
Election des conseillers régionaux.
 
Le 14 novembre 1997
 
Organisation des élections législatives pour l'élection de 325 députes à la chambre des représentants.(Résultats Définitifs des Elections Législatives )
 
Le 5 décembre 1997
 
Election au suffrage indirect des 270 membres de la chambre des conseillers.
4 février 1998
S.M. le Roi Hassan II reçoit M. Abderrahmane  Youssoufi, premier secrétaire de l'USFP que le souverain charge de former un nouveau gouvernement.
 
Le 14 mars 1998
S.M. le Roi Hassan II reçoit à la salle du trône les membres du Gouvernement de M. Abderrahmane Youssoufi, qui institue pour la première fois dans l'histoire du Royaume le principe de l'Alternance.
Le 23 juillet 1999
Décès de Feu Sa Majesté Le Roi Hassan II (1929-1999

Album photos Maradji

Le 23 Juillet 1999
  
       *Accession au Trône de SM le Roi Mohammed VI

Source: http://www.mincom.gov.ma/french/generalites/histoire/histoire.html
Dimanche 11 septembre 2005

par Takfarinas Abdellah



  AKSEL:

Prince amazigh du 7eme siècle après J.C, chef de la résistance à la conquête arabe


Son nom est orthographié de différentes façons par les auteurs musulmans: Kosayla, Qosayla, Kusila. On l'a rapproché du nom latin Caecilianus, Cécilien, prononcé Kekilianus et entendu par les arabes Kacilia. C'est une hypothèse vraisemblable quand on sait que Kusila était chrétien, mais son nom peut aussi provenir du amazigh. Les dialectes amazighs de l'Aurès, dont était issu Kusila, connaissent encore une racine KSL dont dérive aksil, le nom du guépard. Un autre nom amazigh du guépard, aghilas / ghilas, est bien employé comme nom propre au mont Chenoua, à l'ouest d' Alger.
Kusila était le chef de la puissante tribu des Awraba qui occupait toute une partie des Aurès. il avait d' abord combattu les Arabes, mais battu à la bataille d' Al Alurit, aux sources de Tlemcen, il fit sa soumission et se convertit à l'Islam (675). il réussit à gagner la confiance du chef musulman Abû al Muhadjîr Dinâr et devint même l'un de ses proches collaborateurs.

En 681, 'Uqba Ibn Nafi'ê, le fameux conquérant de l'Afrique du nord, rappelé quelques années plus tôt en Orient, revint au Maghreb. Il se vengea de son successeur Abû Dinâr et traita avec dureté Kusila qui était pourtant musulman. Il le fit couvrir de chaînes et le traîna comme un trophée vivant dans sa chevauchée à travers le Maghreb.
"Parmi les traits insultants qu'il se permit envers lui, on raconte le suivant: il venait de recevoir des moutons et, voulant en faire égorger un, il ordonna à Kusila de l'écorcher" " Que Dieu dirige l'émir vers le bien! dit le chef amazigh. J'ai ici mes jeunes gens et mes serviteurs qui pourront m'éviter cette peine. " 'Uqba y répondit par des paroles offensantes et lui ordonna de sortir: Kusila se retira avec colère et ayant égorgé le mouton, il essuya sa main encore sanglante sur sa barbe. Quelques Arabes s'approchèrent alors et lui dirent: "Que fais-tu amazigh ?" A quoi répondit: "Cela est bon pour les poils" Mais vieillard d'entre les Arabes passa et s'écria : " Ce n'est pas pour cela, c'est une menace que ce amazigh vous fait !" Alors, Abû Muhadjîr Dinâr S'adressa à 'Uqba et lui dit: "Que viens-tu de faire ! Voilà un homme des plus distingués parmi son peuple, un homme qui était encore polythéiste il y a peu de temps et tu prends à tâche de faire e la rancune dans son cœur ! Je te conseille maintenant de lui faire lier les mains derrière le dos, autrement tu seras victime de sa perfidie. " " (D'après al Nuwayrî.)

Kusila réussit, en effet, à s'enfuir et à rejoindre ses hommes. Il abjura l'Islam et, s'alliant aux byzantins, il reprit, à la tête d'une grande armée, guerre contre les Arabes.

Il surprit 'Uqba près de Tehuda, non loin de Biskra et, après une terrible bataille, il le tua ainsi que la plupart de ses hommes (633).
Kusila marcha alors sur Kairouan, la place forte des arabes et l'enleva. Il berbérisa son nom en Taqirwant et en fit sa capitale. Il se fit couronner et régna pendant cinq ans, de 633 à 638. Son autorité fut reconnue par tout le monde et, de l'avis même des auteurs musulmans, il traita avec justice ses sujets amazighs et Arabes et laissa ces derniers pratiquer librement leur religion. Cependant, Kusila ne réussit ni à regrouper les amazighs ni à créer un État. En 638, le calife' Abd al Malek envoya des renforts avec, pour mission de reprendre Kairouan. Zuhayr Ibn Qays, ancien compagnon de 'Uqba, marcha sur Kusila. Celui-ci, devant l'importance des forces ennemies, se replia, appelant à l' aide les tribus de l'Aurès et les Byzantins, mais il ne reçut pas les renforts attendus. A la fin, les Arabes, plus nombreux, remportèrent la victoire. Kusila fut tué et les amazighs qui avaient échappé au massacre furent dispersés. Ainsi prit fin la résistance de Kusila. Mais quelques années après, les Aurès s'enflammèrent de nouveau, avec cette fois-ci, une femme à la tête de la résistance: Kahina.




Source: www.amazighworld.net
Dimanche 11 septembre 2005

par Takfarinas Abdellah

Depuis quelques décennies, on a assisté à des recherches foisonnantes portant sur la culture amazighe dans toutes ses dimensions, que ce soit en linguistique ou en littérature.
La littérature d’expression amazighe jouit actuellement d’un intérêt éprouvé par plusieurs chercheurs qui ont cerné l’originalité de certaines formes littéraires. Le présent travail porte sur les devinettes comme genre littéraire qui est jusqu’à présent presque inexploré.
Le travail de Bentolila (1986) est avant lui celui de Baynon (1967), comme seules études réalisées à notre connaissance, nous ont servi de point de départ même si ces derniers n’ont entamé ni la structuration ni l’environnement de la devinette.
Quant à notre modeste travail, il porte sur les devinette du Sud-Est, qui sont dans la plupart des cas identiques à celles de Souss, ou à celles des Ait Hdiddou, telle qu’elles sont présentées par Ben tollila (1986), malgré la différence des versions. Il nous appartient à notre tour, et à la manière des genres déjà explorés, de tenter une analyse syntaxique , rhétorique, et thématique des devinettes, afin de montrer une certaine harmonie, s’il y en a lieu, en mariant le fond à la forme.
Nous allons organiser notre travail en deux chapitres essentiels.
Le premier, théorique, comprend quelques éléments préliminaires jugés nécessaires pour comprendre le milieu socio-culturel qui nourrit la devinette. Quant au deuxième chapitre, il est centré sur l’analyse du corpus suivant une approche structurelle où nous allons montrer comment la devinette est structurée au niveau de la distribution des classes grammaticales de la phrase, ou encore comment elle est structurée au niveau stylistique s’agissant des figures de rhétorique auxquelles recourt la devinette. Une seconde approche traitera des thèmes que véhicule la devinette et qui sont relatifs à l’imaginaire et au réel. Le corpus est classé selon que la devinette se rapporte aux rites et à la religion, à l’homme et à son environnement, au monde végétal, ou au monde de l’animal.
N’étant pas déplacé sur place, nous nous sommes limité à recueillir 93 devinettes auprés des étudiants provenant des régions à l’étude.

I- Cadre socioculturel
1) situation géographique:
Cet aperçu géographique a pour objectif de situer le domaine où circulent des formes littéraires variées, y compris le répertoire des devinettes collectées. En fait, ce terrain constitue un champ vaste qui comprend tout le Sud-Est, de OUARZAZATE à ERRACHIDIA. La langue Amazighe est la seule langue utilisée, à l’exception de quelques groupes Arabophones installés à ZAGORA et à SKOURA.
On peut, alors, schématiser cette immense surface par trois traits essentiels qui représentent des caractéristiques géographiques différents s’agissant des paysages et reliefs et le type d’agriculture dominante.
De OUARZAZATE à BOUMALNE en passant par KLÂA MGOUNA s’étendent plusieurs régions regroupées sous l’appellation « DADES », parce qu’elle longent la vallée de Dadès. Ces régions se distinguent par l’arboriculture, essentiellement les figuiers et les roses de parfum et la céréaliculture du blé et du maïs. De BOULMANE, la vallée étire sur 90Km et remonte à Ait Sedrat, puis M’SSEMRIR pour prendre sa source à « imdghas » dans le territoire des Ait HADIDDOU. De nouveau, et plus au Nord Ouest les terres deviennent vaste et on assiste à une agriculture multiple: les pommiers, les noyers, les haricots, des pommes de terre, du blé et du maïs. Il faut signaler que BOUMALNE se situe au centre du domaine pour déterminer l’autre trajet.
Au Nord-Est, Ce troisième parcours s’étire sur 250Km, et longe IMIDER, Saghro, Ait Aissa OUBRAHIM, GOULMIMA et ERRACHIDIA qui clôt le domaine. Cette étendue présente des oasis et de palmeraies. « Ghellil », à la sortie de Tinghir, reste le seul endroit riche en agriculture, en dehors de quelques rares endroits cultivés en blé, des pommiers et des amandiers comme à saghro.
Il ne semble pas inutile de compléter ce survol géographique par une présentation des reliefs où dominent les montagnes. Les chaînes montagneuses se manifestent dans le JBEL « Saghro », le JBEL « BADDOU » à AIT HADIDDOU. Ces derniers atteignent jusqu’à 2000m. A côté de ces reliefs, nous relevons également quelques plaines, notamment la plaine de Dades, et celle de ANBED à Boumalne.

2) Organisation sociale:
Depuis la nuit des temps, l’homme combattait pour vive. il devait constituer des groupes pour s’entraider et faciliter la survie de l’espèce, mais ces groupes s’affrontent, éclatent, et s’associent de nouveau en fonction de leur intérêts. Qu’en est-il de la communauté à l’étude qui compte en tant que partie intégrante des plus anciennes cultures du monde?
Les amazighes ce sont installés en Afrique du Nord depuis des millénaires sous forme de tribus « tiqbilin », qui ont conservé des structures politiques et administratives rigoureuses jusqu’au début du Xxème siècle avant l’avènement du protectorat français..
Dans la zone qui nous intéresse, on assiste encore de nos jours à une organisation et une réglementation des liens entre groupe et tribus. La confédération est le premier élément de la structure tribale, c’est une alliance où s’unissent des tribus de la structure tribale, c’ est une alliance où s’unissent des tribus de même origines ayant réellement les mêmes intérêts. Le Sud-Est regroupe deux grandes confédérations: Ait Atta et Ait Yafelmane. A propos des Ait Atta, G. spillman dans son livre: « les Ait Aha du Sahara et la pacification du Haut Drâa » parle de cinq tribus (Khems Khmas): Ait Ouallal, Ait Ouahlim, Ait Isfoul, Ait Iazza, Ait Ounbgi.
Ces cinq tribus engendrent plusieurs autres fractions, celles-ci à leur tour gèrent l’ensemble des fractions, puis des os (ighsan) qui semblent être l’unité patriarcale d’un groupe.
L’ « ighs » (l’os) est le plus petit élément tribal et une petite unité d’un « gigantesque squelette » (A. BERTRAND, 1977, p18). La deuxième grande confédération est formé des Ait Yafelmane ( ceux qui ont trouvé la paix). Si Ait Atta ont comme ancêtre « DADDA ATTA », les Ait Yafelmane se rattachent à un ancêtre dit « Baibi ». S’agissant de cette confédération, G.Spillman évoque quatre tribus: Ait Mrghad, Ait Hdiddou, Ait Izdeg, Ait yahia, d’où émanant trois fractions notamment: Ait Mesri, Ait Youb et Irbiben qui se subdivisent en fractions et finissent par des noms de grands familles. Si on interroge les relations entre ces deux confédérations, on constate qu’elles ont connu une succession des batailles et d’affrontement pour protéger leurs pâturages, leurs systèmes d’irrigations, ou même parfois l’honneur de leurs tribus. Actuellement tout se régle en paix, Le chef élu par « Jmaâa » de chaque tribus, appelé « Amghar » se charge de pâturage « agwdal » et de l’application de système d’irrigation.
Loin de l’autorité du cheikh et du Caïd, amghar doit rendre compte du déroulement de ses tâches à « jmaa »’ comme il doit renseigner et se renseigner apurés des chefs des autres tribus à propos des perspectives ou encore les procédures de punition envers quelqu’un qui n’a pas respecté l’ordre établi, à savoir le système d’irrigation ou le respect des droits aux pâturages. Ce n’est qu’en cas d’insoumission aux règlements qu’on recourt au « caid ». Celui-ci s’informe apurés des personnes agées chez les Ait Atta, ou les Ait Hdiddou, ou encore chez les Ait Mrrghad. Le Caid en tant qu’administrateur étant incapable d’identifier les terres et les frontières des propriétés, ne s’empêche pas de consulter ces personne lors des conflits autour d’une terre inconnue ou problématique. « Izmaz » reste l’une des punitions qu’on doit payer en cas de transgression des lois imposées par l’assemblée, surtout quand on n’a pas honoré une tâche communautaire impartie comme ne pas nettoyer sa part dans la rigole (afrad n trggin), ou laisser son troupeau dans des pâturages défendus. Etymologiquement ’Izmaz’ est le pluriel du terme « azmz » qui signifie le temps, c’est à dire le temps, ou à chaque saison, une telle sorte de fruit ou de légume est presque mûre. C’est la période où chacun a peur de perdre ses fruits soit par les oiseaux, où par le vol des petits enfants. Pour protéger ses biens, on a pensé à une punition. Cette punition a pris le terme »izmaz » qui représente le vestige d’un droit coutumier complet « az rf » qui a disparu, mais il est rapporté dans les écrits de David Hart et de G spillman.
Mais nous assistons encore à la rigueur de certaines coutumes comme le mariage, dans la mesure où un homme ou une femme ne peut pas se marier d’une autre personne étrangère à la tribu. les tâches communautaires d’ordre associatif sont aussi contrôlées sans que l’administration centrale (makhzen) soit impliquée.
Toutefois, il faut signaler que ces confédérations et ces tribus se sont dispersées lorsqu’on a suspendu le tribunal des coutumes à Saghro. Pour les Ait Atta, ils se sont installés a ZAGORA (Nqqoub), Saghro, Mssemrir, Ait Aissa Oubrahim, quant aux tribus des Ait Mrghad, on distingue ceux de GOULMIMA, TINJDAD et ceux de M’SSEMRIR. En fin les tribus des Ait Hdiddou se trouvent à Imd ghas, à Imilchil et à Tilmi. Les tribus des Ait SEDDRAT occupent actuellement le centre de ce domaine et sont désignées par la plaine de « Dadès ».

3- Eléments Anthropologiques ou spécificités locales:
L’étude Anthropologique est l’une des sciences qui s’intéresse à l’étude de l’homme en relation avec son environnement et sa fonction dans la société, et des mutations qu’il subit. Mais rares sont les ouvrages qui ont été consacrés à cet aspect, si l’on excepte celui de TASSADITE yacine en Algérie et Ali Amahan au Maroc. s’inspirant des travaux de David Hart, G. spillman, Gabriel carmps. Hamanoudi;..., nous présentons quelques éléments Anthropologiques jugés nécessaires pour mieux cerner l’environnement de notre corpus, principalement l’analyse de ce corpus, au niveau thématique où nous référons à la nourriture, les habits et les parures, le mariage et le statut de la femme, les fêtes rituelles et agraires...
3.1 La nourriture:
La production agricole et animalière est la base fondamentale de toute sorte d’alimentation dans les zones rurales. La qualité des mets est diversifiée et varie aux rythmes des heures et des saisons, et selon la richesse des familles. A ce propos, Ali Amahan(1998:224) avance que » L’hiver est la saison de pénurie alimentaire et de parcimonie », il est qualifié de «saison de sous- alimentation », tandis que l’été en tant que saison des récoltes céréalières, légumineuses et fruitières et saison des festivités et du retour des émigrés, est une période de »Sur- alimentation ».
En outre, la diversité des mets se manifeste dans la nature de la matière première utilisée comme la farine. Ainsi peut- on distinguer par exemple différents types du pain et du couscous selon qu ’ils sont préparés à base d’orge, de mais ou de blé. Le pain est servi aux trois repas de la journée; il accompagne le café au lait ou le thé à la menthe pendant le petit déjeuner, et complète « douaz » au déjeuner qui est formé des légumes où domine les pommes de terre garni de sauce et de viande.
Pour les goûters où les collations dans les champs, on prépare des dattes et du petit lait, ou du beurre à la demande des personnes âgées, ou encore on leur réchauffe le reste de la soupe du matin. Le soir, ou se réunit autour d’un plat de couscous aux navets accompagné du petit lait » aghou ».
Ce repas de nuit est remplacé parfois par la bouillie à base de farine de mais ou de blé
Ces derniers temps, on a assisté à un écoulement des produits manufacturés sur les souks hebdomadaires, notamment le riz, les lentilles, les petits pois. Dans cette mouvance socioculturelle, « askkif » devient « tahrirte », la soupe du ramadan. En dépit de toutes ces mutations, l’aliment reste un élément de cohésion sociale, puisqu’on partage des repas au moment des fêtes et des invitations.
De ce fait, la nourriture conserve encore ses valeurs culturelles et symboliques(A..amahan:1998.228). Les repas sont consommés en groupes en vue de consolider la fraternité et l’amitié, pallier les malentendus. Ne dit on pas « nssar tisent », nous avons partagé le sel, qui veut dire qu’il n’est pas tolérable de faire du mal à quelqu’un quand on à partagé avec lui un repas.

3.2 Les habits et parures:
Plusieurs ouvrages ont abordé le costume traditionnel Marocain en général et amazighe en particulier, mais ils se limitent à ses aspects touristiques et folkloriques. Ali AMAHAN (1998) de son côté, souligne l’importance des habits comme étant l’une des expressions qui caractérisent une société. En effet, c’est par le biais des vêtements qu’une société exprime ses particularités, sa personnalité et son identité par rapport à ses voisines.
Le costume amazighe représente des valeurs esthétiques se rapportant à la forme et à la couleur préférée qui varie d’une région à l ’autre, Généralement, le vêtement traditionnel était en laine, le tissage de ces vêtements compte parmi les activités principales des femmes à domicile. Les poils de chèvre associés à de la laine servent à confectionner « aslham » et « aznnar », sortes de burnous pour homme qui protège du froid, ainsi que « ahndir », sorte de couverture endossée par les femmes pour les mêmes raisons.
Pour les homes âgés, une Jellaba portée sur un pantalon traditionnel dit « agwal » ou encore « atawi » et un chemise simple avec de grands cols sont les habits utilisés. La tête est couverte d’un turban en coton dit « tarzzite » qui mesure environ deux mètres. Le turban symbolise la virilité et le pouvoir masculin. Quand aux accessoires, une sacoche (aqrab) en cuir décorée est portée le jour du souk. Elle représente la responsabilité. Cette sacoche est remplacée pendant les festivités par un épée (uzzal) dans certaines région.
Les femmes portent un pantalon et un tricot en laine, au dessus, une longue chemise en coton dite « aqqidur » qui s’étend jusqu’aux pieds. Enfin un tissus en Nylon taillé d’une façon à couvrir les mains et une partie de la poitrine où, sur la partie gauche, les vieilles femmes attachent une fistibule qu’on appelle « tasghnst », servant également d’élément décoratif pour garder l’équilibre du tissu. En ce qui concerne la coiffure, contrairement au vêtement qui s’est uniformisé, elle donne la meilleure image d’une valeur ethnique. Dans la plupart des régions du sud- est, le non général de la coiffure à deux grands tresses est « adlal » plur. « tidlalin ». La façon de faire et défaire ces tresses diffère d’une tribu à l’autre dans la même confédération. Chez certains Ait Atta de Retb (vallée de Ziz), la coiffure consiste en deux grosses tresses épaissies avec des poils de chêvre « inzadn n taghat » et s’écarte derrière les oreilles pour prendre une forme finale dite « aqzzaw » (Merielle Morin- Barde:1990,p30). Chez Ait Bou iknifen ( Ait Atta ) de Ouaklim et de M’ssemrir, les tresses sont simplement tressées et retournées sur la tête, avec un accessoire que représente un « épais rembourrage » fait de chiffon imbibé de henné, prenant la forme du croissant et attaché solidement sur la crâne, ainsi que le mouchoir qui l’enveloppe et avance en visière sur le front..
Chez les Ait Bou iknifen (Ait Atta) de 1990,p30) de Ouaklim et de M’ssemrir, les tresses sont simplement tressées et retournes sur la tête, avec accessoire que représente un « épais rembourrage » fait de chiffons imbibé de henné, prenant la forme du croissant et attaché solidement sur la crâne ainsi que le mouchoir qui l’enveloppe et avance en visière sur le front.
La coiffure féminine chez les Ait Hadiddou prend une forme pointue donnée par «aqlluz », fait de cheveux tressées enroulées et serrées dans un chiffon surtout chez les tribus d’Ait Brahim qui ne laissent pas apparaître la frange «tawnza ».
Parmi les élément de parure les plus fréquents, nous relevons le Khôl et les fards rouges. Le Khôl servant’ élément décoratif et d ’ornement, permet de fortifier et de «laver » les yeux ou même« d’arrêter les larmes ». La femme embellit ses yeux avec du Khôl et ses joues avec des fards rouges « laaker » avec lequel on marque différents parties du visage sous forme des tâches « tiqiffatin » ces deux éléments de maquillage sont répandus dans toutes les tribus du sud-est, et sont conservés dans une boite en plastique pour « laaker « et de roseau pour le Khôl « tazult ». La vieille femme persiste de nos jours à porter ses grands bracelets « izbian », sa ceinture appelée« tasmrt » confectionné à base de fils de laine rouges et noirs.
3.3 Les fêtes rituelles et agraires :
Il s’agit des phénomènes cycliques reliés aux activités économiques et culturelles. Ces fêtes diffèrent d’une communauté à une autre et sont célébrées selon le calendrier agricole dit « lmnazil ». Elles sont devenues des rituels et marquent le début et la fin des différentes activités agricoles. « lbarouk » est l ‘une des fêtes qui inaugurent la nouvelle année agricole. Dans la région de Dadès ce repas collectif s’effectue au mois d’octobre, avant de semer le blé, et il est précédé par la collecte des dons auprès des habitants, avant que des femmes volontaires préparent un grand met auquel goûte tous les membres la communauté, et ce, dans un lieu sacré(près d’une mosquée ou d’un marabout). Cette manifestations se termine par des prières adressées à dieu «dduâ », pour protéger les terres et les rendre fertiles.
« NNayr » ou « ggid sggas », la nuit de l’an, est une fête célébrée le 13 Janvier partout dans le monde amazighe.
Dans la région, toutes les familles veillent à ce que l’on respecte les rites, notamment le plat des sept légumes, ou «Ighs » , un os caché dans un plat de bouillie ou du couscous, selon les familles le premier membre de la famille qui trouve cet os est considéré béni « Ambark ».
Pendant cette fête, les familles aspirent à une année pluvieuse et une vie meilleure.
Il est nécessaire de relever certains rites qui varient selon que la famille est conservatrice ou non. Lors de la construction d’une maison et avant de placer le seuil en bois « ltbt », il est indispensable que la maîtresse de la maison fournisse un repas de volaille aux maçons sur leur demande, si non Ils ne mettront pas le seuil à la nouvelle maison.
Quand à la cérémonie de la quête de la pluie, certaines régions la fêtent à la manière de « tlaghenja », d’ autres l’on remplacée par une prière « ragoratoire » (AliAmahan, 1998p230) . « tlaghenja » est un personnage féminin fictif qu’on fabrique à l’aide d’une longue cane habillée en femme et décorée à la tête. Les petites filles s’en chargent et font le tour des maisons en chantant et en collectant les dons. Les chants de ces jeunes filles consistent à vanter « tlaghenja » » et son pouvoir de ramener la pluie.
La fête marque un repère dans le temps entre les activités, ainsi elle intervient pour perturber et interrompre la monotonie et la régularité de la vie quotidienne. Pour ce qui est des fêtes civils tells que le mariage, la naissance, la circoncision… elles marquent les étapes intéressants de la vie humaine.
En dehors de la naissance qu’on ne pas gérer, les fêtes civiles sont aussi reliées aux activités agricoles, elles sont généralement programmées après les récoltes de l’été.
3.4 Le mariage et le statut de la femme :
Comme nous l’avons signalé, ci dessous, les cérémonies du mariage ont lieu pendant la saison des récoltes. Les préparatifs commencent un mois avant, et chaque famille attend que les autres soient prêtes à célébrer cette fête la même semaine.
De ce fait, et pour s’entraider parce que chaque famille retient une grande foule parmi les membres de la famille et les amis, ont peut compter jusqu’à une dizaine de famille par semaine dans une seule région. Mais le plus souvent, plusieurs familles se réunissent dans un même endroit généralement le plus proche pour toutes ces familles, autour d’une grande tente noire (t