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Vendredi 7 octobre 2005 5 07 /10 /2005 00:00

Par Takfarinas Abdellah - Ecrire un commentaire

Un rite d’obtention de la pluie : « la fiancée d’Anzar »

Henri GENEVOIS

In Actes du deuxième congrès international d’étude des cultures de la méditerranée occidentale. II. Sned, Alger, 1978, pp. 393-401.

Abstract. A rain-ritual: “The Bride of Anzar”. This is a document collected among the At-Ziki in the upper Sebaou River valley in Algeria. The unedited Berber text is accompanied by a French translation.

The first part is the legend that gives the origin of the rain-ritual. According to this legend, the Rain Lord, Anzar, came to wed a maiden of wondrous beauty. Then, because of their union, “the river flowed once more and greenery covered the earth.”

The second part describes the ritual celebrated during a drought:

  1. making ready the “bride”;
  2. procession accompanying the “bride” to the doors of the sanctuary; women standing on the threshold throw water on the “bride”, offer food and join the group;
  3. a communion-meal near the sanctuary;
  4. the “bride”, laid bare, circumambulates the sanctuary (7 times) while she entreats Anzar; the women sing;
  5. the young girls sing and play with a ball – the latter is supposed to fall into a hole prepared for it.

Document inédit recueilli en Kabylie (vallée du Haut-Sebaou, tribu des At-Ziki)
Transcription du texte kabyle adaptée et revue par Fatiha Lasri.
English translation by Dalila Fridi (Kabyle.com)

1. La légende explicative du rite

« II était jadis un personnage du nom d’Anzar. C’était le Maître de la pluie. Il désirait épouser une jeune fille d’une merveilleuse beauté : la lune brille dans le ciel, ainsi elle brillait elle-même sur la terre. Son visage était resplendissant, son vêtement était de soie chatoyante.

Elle avait l’habitude de se baigner dans une rivière aux reflets d’argent. Quand le Maître de la pluie descendait sur terre et s’approchait d’elle, elle prenait peur, et lui se retirait.

Un jour, il finit par lui dire :

Tel l’éclair j’ai fendu l’immensité du ciel,
ô Toi, Étoile plus brillante que les autres,
donne-moi donc le trésor qui est tien
sinon je te priverai de cette eau.

La jeune fille lui répondit :

Je t’en supplie, Maître des eaux,
au front couronné de corail.
(Je le sais) nous sommes faits l’un pour l’autre…
mais je redoute le « qu’en dira-t-on »…

À ces mots, le Maître de l’eau tourna brusquement la bague qu’il portait au doigt : la rivière soudain tarit et il disparut. La jeune fille poussa un cri et fondit en larmes. Alors elle se dépouilla de sa robe de soie et resta toute nue. Et elle criait vers le ciel :

Ô Anzar, ô Anzar !
Ô Toi, floraison des prairies !
Laisse à nouveau couler la rivière,
et viens prendre ta revanche.

À l’instant même elle vit le Maître de l’eau sous l’aspect d’un éclair immense. Il serra contre lui la jeune fille : la rivière se remit à couler et toute la terre se couvrit de verdure.

Voilà l’origine de cette coutume : en cas de sécheresse on célèbre sans tarder Anzar. Et la jeune fille choisie pour la circonstance doit s’offrir nue. »

2. Le rite lui-même

« À l’époque où se durcit la terre, et que se présente ce que l’on nomme ‘sécher­esse’, les vieilles se réunissent pour fixer le jour où elles célébreront Anzar.

Mi ara tnezruref tmurt, d aymi neqqar « aghurar », ad nejmaàent tlawin timeqqranin, ad meslayent f teswiàt g ara weqment Anzâr.

Au jour dit, toutes (les femmes), jeunes et vieilles, sortent, accompagnées des jeunes garçons, et elles chantent :

Ata yebbdêd lweqt nni, ad ffghent tlawin g tmeqqrant alamma ttamêzyant ; ad rnun igerdan, ad tteddun tghennin :

Anzar ! Anzar !
Ô Roi, fais cesser la sécheresse,
et que le blé mûrisse sur la montagne
comme aussi dans la plaine...

Anzâr ! Anzâr !
ay Agellid, rêz d aghurar,
A ttebb nneàma n wedrar,
A tternu tin uzaghar…

Autrefois on escortait processionnellement une jeune fille pubère et de plus gracieuse. On lui mettait le henné et on la parait des plus beaux bijoux : bref, on en faisait une ‘fiancée’.

Zik ssêhwasent taqcict tilemzît yerna tezyen : ttin yebbwdên tizi n zzwaj. As qqnent lhênni, ssdaq n lfettâ, ad as xedment akw ayen xeddmen i teslit.

La matrone du village, femme aimée de tous et de conduite irréprochable, devait procéder elle-même à la toilette de ‘la fiancée d’Anzar’. Ce faisant, elle ne devait pas pleurer, sinon on aurait pu penser qu’elle ne donnait pas de bon cœur à Anzar sa fiancée. Elle remet à la jeune fille une cuiller à pot (aghenja) sans aucun ornement qu’elle tiendra à la main. Puis la matrone charge ‘la fiancée d’Anzar’ sur son dos.

Tamettût ara as icebbhên i teslit n wenzâr d lqibla n taddart : Tamettût hemmlen tt akw medden, tin zeddigen g fàayl is. Ur ilaq ara a ttettru, zeàma ur s tefki ara tislit nni seg ul yesfan i wenzâr. As tefk i teqcict nni aghenja d aàari a tettêf deg fus is. Lqibla a ttebbib tislit n wenzâr.

Celle-ci, la louche en main, ne cesse de redire :

Neftat, aghenja deg-fus-is, atteqqar :

Ô Anzar, la louche est sèche,
toute verdure a disparu.
Le vieillard est voûté par les ans,
la tombe l’appelle à elle.
Mon ventre est stérile
et ne connaît pas de progéniture.
Ta fiancée t’implore,
ô Anzar, car elle te désire.

Ay Anzâr, aghenja yekkaw,
ighab uzegzaw.
Amghar  yekna,
Isawl as d uzêkka.
Taàbbût tuqqur aya,
ulac dakira.
Tislit ghur k teàna,
ay Anzâr, imi k tebgha.

Un immense cortège les accompagne composé des gens accourus du village qui les suivent par derrière. À chaque seuil devant lequel passe le cortège, de nouveaux membres se joignent à lui et chantent eux aussi :

A tent tettâfar deffir tecdîbt i d yesran tjeggajêt ; yeàni akw lghaci nni i d yeddan deffir. Kra n timi n wexxam f ara d àeddi tjeggajt nni yerna adernun ghurs, ad tteddun qqaren :

Anzar ! Anzar !
Ô Roi, fais cesser la sécheresse,
et que le blé mûrisse sur la montagne
comme aussi dans la plaine…

Anzâr ! Anzâr !
ay Agellid, rêz d aghurar,
A ttebb nneàma n wedrar,
A tternu tin uzaghar…

Sur le trajet de la procession on offre semoule, viande fraîche ou séchée, graisse, oignons, sel… Et les familles ainsi visitées jettent de l’eau sur les têtes, s’efforçant surtout d’atteindre la fiancée que le cortège emmène avec lui.

Ansi kkan lghaci yagi asn d fken awren, aksum, acedlûh ngh aqeddid, lebsêl, zzit, lmelh… At wexxam ff ara àeddin asn id dêggren aman f uqqerruy, yerna kkatn ad lêhqen tislit nni (i) i wwin yidsen.

Une fois arrivées à la mosquée ou à l’un des sanctuaires (du village), les femmes déposent la fiancée. Puis elles se mettent à faire cuire ce qu’elles ont recueilli de porte en porte : huile, oignons… Et tous les accompagnateurs pren­nent part à ce repas. Celui-ci terminé, on lave sur place les ustensiles et on jette l’eau dans la rigole.

Mi iwwdênt tlawin nni ar ljameà negh ar hêdd iàessasen, ad sersent tislit nni. Ad kkrent tlawin ad sebbwent ak ayen i d mmetrent f tbbura : d zzit, d lebsêl. Ad ttcen ak wid d yeddan ar dinna. Mi fukkn utci ad sirdent tlawin ijqedren dinna. Aman nni i ss i sardent a ten smirent ar targa.

Après quoi, la matrone enlève ses habits à la fiancée, et la laisse nue comme au jour de sa naissance. La jeune fille s’enveloppe d’un filet à fourrage – et ceci signifie qu’il n’y a plus ni verdure ni rien de ce que produit la terre ; bref, que les gens en sont réduits à manger de l’herbe. Puis elle fait sept fois le tour du sanctuaire, tenant la louche en main de façon à avoir la tête de la louche en avant comme si elle demandait de l’eau. Tout en tournant, elle répète :

Sinna ttusawent lqibla a ttettêf tislit nni, as tekkes àaryan akkn ttidntejja yemmas. A ttels tajemmaàt ; zeàma ifukk lwerq, ifukk wayn id ttajja lqaàa, dgha teqqel teswiàt almi terra imdanen ar tjemmaàt. Ad ttezzi teslit nni sebàa tikal i jameà ; a ttettêf aghenja nni g fus is, aqerruy nni ad yezwir ar zdat is am akkn ara têdleb aman, a tteqqar :

Ô vous, Maîtres des eaux, donnez-nous de l’eau…
J’offre ma vie à qui veut la prendre.

Ay at waman, awi t id aman,
nefka tarwîht i wit yebghan.

C’est pour cette raison qu’on la nomme ‘la fiancée d’Anzar’.

Ff ayagi qqarn as « tislit n wenzâr ».

Quand la jeune fille ainsi offerte à Anzar a terminé sa giration autour de la mosquée ou du sanctuaire, elle dit :

Ihi tilemzît agi ara d ibeddn akka ar wenzâr, mi d fukk tuzzya n ljameà ngh uàessas (anda tfêttn anzâr), as tini :

Je regarde la terre :
la face en est dure et sèche.
Pas une goutte d’eau dans le ruisseau.
L’arbrisseau des vergers s’étiole.
Anzar, viens à notre secours,
tu ne peux nous abandonner, ô Noble.
J’entends le gémissement de la terre
pareil à celui du prisonnier plein d’ennui.
Pas une goutte ne suinte des outres,
le limon est rempli de crevasses.
Je me plie à ta volonté ô Anzar,
car devant toi je ne suis rien.
L’étang se vide et s’évapore,
il devient le tombeau des poissons.
Le berger reste tout triste
maintenant que l’herbe est flétrie.
Le filet à fourrage est vide, il a faim…
il m’étreint comme ferait une hydre.

Ssukk agh d tît af tmurt,
Udm is yennezruref.
izêri deg ghzer yeqqur,
isegmi nddhus yekref.
Ay Anzâr, fk agh d afus ik,
yeàni ljid agh yanef ?
Sligh tamurt tetnizzif,
bhâl amêhbus g ttîq.
Taylewt ur d ttudum,
kul ires la yetceqqiq.
Uzengh ak in, ay Anzâr,
Zdat ak ay lligh d ariq.
Yeqqur wemdun yettafwar,
yeqql i iselman d azêkka.
Yeqqim umeksa yendel,
tura rghan akw ikussa.
Tajemmaàt texla tellûz,
Thêrs iyi amzun  d talafsa.

Après quoi les femmes réunies dans le sanctuaire entonnent le chant que voici :

Tghennint tlawin leghna yagi g ljameà mi ara tfakk teslit tuzzya n ljamà nni :

Ô Anzar au cœur généreux,
le fleuve n’est plus que sable desséché.
La clef, c’est toi qui la possèdes,
de grâce, libère la source.
La terre agonise
injecte son sang jusqu’en ses racines.
Ô Roi, ô Anzar,
notre Mère la terre est sans force
Elle patiente, elle compte sur toi,
comme elle a accepté de toi le manque de nourriture.
Remplis la rivière de ta sueur
et la vie triomphera de la mort.
ÔAnzar, ô puissant,
Toi qui donnes la vie aux hommes,
délivre-les de leurs liens,
Toi le remède des blessures.
La terre attend, livrée comme une jument,
toute à la joie de ta venue.
Ô Anzar, fils du (ou de) géant,
Toi qui vis parmi les étoiles.
Notre gratitude te sera acquise évidemment
si tu nous donnes de l’eau.
Ô Anzar, ô Roi,
Toi dont le charme est sans égal,
tu as épousé une jeune fille, perle précieuse,
à la chevelure souple et lisse.
La voici, donne-lui des ailes,
et foncez vers le ciel : allez,
À cause d’elle, parée de fine étoffe,
tu peux dire aux assoiffés : buvez !

Ay Anzâr, a buwul esxay,
yeqqel wasif d aqerqar.
Tasarut attan ghur k,
Txil k, lli d làinsêr.
Lqaàa tcehhêq,
Gr as idim ik g zâr.
Ay Agellid, ay Anzâr,
teghli tyemmat tamurt :
fellak ay tugh ssêber,
akken tugh lghiba n lqut.
Ccar d s tidi k ighzêr,
a ttali tudert zdat n lmut.
Ay Anzâr, a butezmert,
a win izêrràen lerwax.
fellasen kkes tamrart,
d ketci d ddwa n lejrâh.
Tamurt a tters am tegmert,
S tirza k i tferrêh.
Ay Anzâr, mmis ucacfal,
Tamaàict ik ger  yetran,
tajmilt atbin inek,
ma tefkîd agh id aman.
Ay Anzâr, ay Agellid,
Sserr ik hêdd ur t yesài.
Tughêd taqcict am tyaqut,
tema amzur d imleghwi.
Attan, eg as afriwen,
kecmet deg genni, ruhêt.
Aff am tlaba reqqiqen,
I tennîd I wi fuden : Swet.

Cependant, quelques jeunes filles en âge d’être mariées, s’assemblent auprès de la fiancée toujours nue, pour le jeu dit ‘zerzari’ qui se pratique avec une balle de liège. Elles se groupent dans un endroit plat, non loin de la mosquée ou du sanctuaire. Munies chacune d’un bâton, elles se disputent la balle, jusqu’à ce que cette balle tombe dans le trou préparé pour la recevoir. Pendant ce temps là fiancée répète :

Ad kkrent kra ttêhdayin yellan af tizi n zzwaj, nutenti d teslit nni yekksen àaryan, ad urarent zerzari s txennact iferki. Ad nejmaàent g anda tella ludâ, dinna g ljameà negh g lemqam. Ad ttfent iàewzan, kul yiwet s yiwn uàkkaz. Ad ttfent taryalt iferki, ta a t tekks i ta. Ad idum wurar nni alama tekcem txennact nni ar uxemmuj i s heggant. Tislit nni a tfeqqar :

La terre et moi, nous sommes co-épouses,
nous avons épousé un homme sans l’avoir vu.
Nous ne sommes ni infirmes, ni stériles,
mais la clef est bloquée dans la serrure.
Nos seins ne donnent pas de lait :
comment du reste le pourraient-ils ?

Nekk d tmurt  d takniwin,
nugh argaz ur t nzêrr ?
Ur nàab, ur ttiàiqrin,
meàna tasarut d irza i tzekkar.
Iffan nnegh qquren…
ulac ff ara d neggin.

Lorsque la balle a pénétré dans le trou, elle dit :

Mi tekcem teryalt nni iferki ar uxemmuj, as tini :

Je tends la main devant moi,
je ne trouve que le vide.
Ma main cherche derrière moi,
et ne trouve que moi-même.
Rien ne me retient que moi-même…
ô Anzar, ô Roi très bon,
ma vie m’est précieuse…
mais s’il la veut qu’il la prenne !

Fkigh afus ar zdat i
Temmugr iyi d ddunit.
Yughal d ar deffir
Yufa d d nekkini…
D iman iw iyi d yettfen,
ay Anzâr, ay Agellid n làali,
D tarwîht iw i yeàzizen…
ma icrêd it-id, a t yawi !

Les jeunes filles qui ont pris part au jeu avec elle, répondent :

Ad as inint têhdayin nni yuraren akw yids :

Nous avons atteint notre but :
la balle est à sa place.
Le Roi est descendu sur la terre :
la fiancée s’est soumise et l’a accepté.
Ô Roi, donne-nous de la pluie,
tu le vois, notre terre est assoiffée.
Alors elle nous donnera bonne récolte,
comme vous-même avez donné progéniture.

Neqdâ d taghawsa
taryalt tugh lmekna.
Agellid yers d ar lqaàa,
tislit tsebbeb terdâ.
Ay Agellid, awi d lehwa,
annagh tfud lqaàa,
akkn ad tefk ssâba,
akkenni ad tefkam ddakira.

La balle est enterrée dans le trou creusé pour elle avant le jeu. Toutes les femmes regagnent le village avant le coucher du soleil. On peut être assuré que peu de jours après la célébration d’Anzar, la pluie se met à tomber.

Taxennact iferki i s leàbent zerzari nêttlent daxl uxemmuj i s ghzan yakan weqbel urar. Ad ughalent tlawin nni merra ar taddart weqbel ad yeghli itîj. Zemregh ad inigh belli tekkat ad lehwa kra n wussan deffir ufettên n wenzâr.

Mais de nos jours, ce n’est plus une vraie mariée, parce qu’un chef  l’a refusé autrefois : il a en effet refusé qu’une jeune fille se retrouve nue au cours du rite. Depuis on pare une louche que l’on appelle « la fiancée d’Anzar » [paragraphe traduit du kabyle par Fatiha Lasri]

Ma ttura kksen medden Tislit nni n ssêh axatêr yugi yiwen n Sid zik nni : yugi a ttekkes teqcict àaryan. Dgha tcebbihên kan i ughenja ttarrant « d tislit n wenzâr ».

À l’époque où les familles des At-Qasi et des At-Djennad se battaient contre les Turcs, les Marabouts mirent fin à l’ancienne procession (telle qu’elle vient d’être décrite). Ainsi nous l’ont racontée nos aïeules. Malgré cela, certains villages continuèrent la procession ‘ancienne manière’ ; d’autres la cessèrent immédiate­ment par peur de la malédiction des Marabouts. Dans ce dernier cas ils se conten­tent de transporter processionnellement la seule cuiller à pot, magnifiquement ornée au préalable comme une fiancée. Le rituel est à peu près le même, hormis bien sûr la dénudation qui n’est pas nécessaire. Le repas terminé, ce sont les jeunes filles qui se livrent au jeu de ‘zerzari’.

Asmi tnaghn At-Qasi, At-Jennad nutni d Tturk, i lweqt nni i shêrmen yemrabdên tukksa àaryan teslit n wenzâr. Akka i d hekkun imezwura negh. Akken, llant tuddar ikemlen akkenni, llant tuddar yugaden deàwessu. Ad tawi lqibla aghenja ajdid, as tewqem allen, aqemmuc ; as tcebbeh s lêhrir yettemserghan ; as teqqen tafzimt amm akken ttaqcict nni n zik. Mi s tcebbeh i wghenja, ur s qqarn ara aghenja meàna Tislit n wenzâr. D lqibla ara tt yawin g tebburt ar tayêd alamma d ljameà negh d lemqam. A tteddu yids tecdîbt tlawin igerdan, tiqcicin. Mi bbdênt ar dinna ad sebbwent ayn akw i d jemcent f tebbura, ad tten ak wid nni yeddan ar dinna. Imir ad urarent teqcicin tilemzîyin Zerzari i d nebder ya kan. Weqbel ad yeghli itîj ad ughalen akw lghaci ar taddart.

La célébration terminée, la louche sera reprise par son propriétaire qui la mettra de côté pour une prochaine célébration ».


Source: mondeberbere.com

Vendredi 7 octobre 2005 5 07 /10 /2005 00:00

Par Takfarinas Abdellah - Ecrire un commentaire
La poésie amazighe : échange et symbolique dans les chants de mariage


On a longtemps tergiversé sur la définition de la poésie et on peut recourir à une proposition de M.HEIDEGGER qui s'était interrogé sur le sens que le mot poésie avait chez les anciens grecs qui trouvaient en celle-ci la production du vrai dans le beau. On pourra donc retenir la définition suivante : la poésie est un art du langage. Dès lors une question se pose et s'impose : qu'est-ce qui pousse les imazighens à cultiver cet art dans toutes les manifestations culturelles ? Nous renvoyant à l'art du langage, l'esthétique, à elle seule, ne saurait être une réponse suffisante à cette question. Nous avançons deux raisons : la symbolique et l'activité socioculturelle. Générées par les rencontres entre tribus, lieu socialisé et sacralisé, ces dernières peuvent être à notre avis le lien de cette poésie.
Pour ce faire nous faisons notre cette citation de LAOUST définissant ce qu'est un poète amazighe : «Être poète, chez les berbères, sauf en quelques régions, n'est pas encore un métier. C'est une forme de l'activité sociale, à laquelle tous, ou presque tous, peuvent et doivent se livrer en certaines circonstances.

La poésie est l'apanage de tous ; aussi, nulle part elle n'est, jusque dans la forme, l'expression aussi exacte des sentiments populaires. Mais, inversement, quel que soit son caractère, cette poésie toute spontanée ne peut que dépendre étroitement des circonstances, et celles-ci font presque toute sa valeur».
A partir de là, nous dirons que la poésie amazighe est une manifestation symbolique qui lie l'homme, la langue et la culture.

En partant de cette symbiose, je voudrai esquisser quelques remarques sur la poésie amazighe et plus particulièrement les chants de mariage. Le mariage comme moyen de communication «intra tribal» et le mariage comme moyen de communication «intertribal».

Tout d'abord, le mariage est un moyen de communication entre les deux familles, chacune représentant des futurs mariés. Cela débute par des préliminaires tels que le choix de la mariée, la demande en mariage, les préparatifs, etc. Vient ensuite, l'envoi du trousseau pour la mariée, la présentation publique du trousseau, la mise en selle de la mariée pour regagner la maison de la belle famille et la journée de la fête à proprement parler qui se déroule chez le futur mari. Toutes ces festivités sont narrées par un ensemble de chants qui rendent compte aussi bien des aspects intrinsèques à la cérémonie que de phénomènes d'ordre symbolique et culturel.

Cela dit, la communication au moyen des chants apparaît à travers l'ensemble des comportements qui transcendent la tribu. En effet, le mariage n'est que l'expression qui rend compte d'un événement sociétal et culturel empreint d'une multitude de significations car les chants sont un moyen de communication hautement symbolique exprimant un imaginaire communautaire et culturel. Partant de ce caractère collectif, il faut souligner que les deux mariés ne manifestent jamais leur volonté d'union.

La passivité est une sorte de soumission aux exigences de la Tradition bien ancrée dans la société amazighe qui impose aux époux, quelque soit leur âge et leur rang social, de brimer ce désir d'extériorisation de la joie ressentie à l'égard de l'union. N'oublions surtout pas que le mariage implique, pour l'épouse, l'abandon de son foyer familial, et pour l'époux, l'endossement incontournable de responsabilités nouvelles. En effet, les deux époux n'apparaissent jamais comme corps social jouissant d'une liberté totale mais plutôt comme entité faisant partie d'un groupe social au sein duquel ils doivent évoluer en respectant ses règles.

Autrement dit, c'est le groupe qui est le sujet et non l'individu. Cela rejoint le fonctionnement même de tout système tribal qui fait que l'homme aussi bien que la femme ne sont jamais des sujets spécifiques d'un corps social mais plutôt comme une entité appartenant au groupe qui est le sujet par excellence. Notons que le père est souvent celui qui intervient dans le choix de la famille, la tribu, ou du groupe dans lequel la future mariée sera choisie. En effet, l'intérêt que peut apporter un mariage avec une famille de renommée est aussi important que le mariage en soi. Celui-ci est souvent le moyen qui permet à deux tribus antagonistes de restaurer la paix entre elles.

Le moussem d'Imlchil ou moussem des fiançailles qui est à l'origine d'une légende en est un témoin de taille. Un amour entre deux jeunes faisant parties de deux tribus adverses, les Ait Yaâzza et les Ait Brahim, s'est soldé par le suicide des deux amoureux. A la suite de ce suicide, les deux fractions ont rendu licite et légitime tout mariage entre les deux tribus voire entre individus de tribus en question avec ceux des tribus voisines.

Un autre exemple met en avant l'esprit catalyseur des différentes tensions que connaissent deux tribus comme en témoigne les vers suivants:

a bu lfarh a y i ygan lxir smunn d ddunit
Mon hôte, ô Dieu merci, m'a honoré en rassemblant toute la tribu.

ddan d imddukal d ihrrazn d imazann
Sont présents amis, courtisans et émissaires.

Ainsi, le mariage permet de pacifier et renouer les relations entre des tribus qui ont en litige. Les vers où le mariage apparaît comme un lieu de réconciliation permettent de rassembler des personnes diamétralement antinomiques à savoir «ahhrraz» et «amazan» respectivement courtisan et émissaire.

Somme toute, la poésie amazighe et en particulier les chants de mariage sont diversifiés et sont liés au contexte de leur énonciation, autrement dit, au lieu de leur émission. Ils sont puisés dans un répertoire appartenant à un groupe socioculturel représenté par une ou plusieurs tribus. Ces dernières, par le biais des chants, décrivent les différentes facettes de leur vie, de leurs préoccupations quotidiennes, bref, de leur mode de vie en général.


Pr. Najemeddin SOUGHATI

Source: awalinoo.net
 


Vendredi 7 octobre 2005 5 07 /10 /2005 00:00

Par Takfarinas Abdellah - Ecrire un commentaire
La littérature des Berbères

 

Il est étonnant que les Berbères qui possèdent depuis très longtemps un alphabet n'aient pas beaucoup écrit dans leur langue. L'antiquité ne nous a légué que des inscriptions, dont une partie seulement a été déchiffrée, et le Moyen Âge des lexiques arabo-berbères et quelques textes poétiques, profanes et religieux. Mais point de chronique ou de grand texte littéraire qui aurait permis de fixer la langue. Les hérétiques Berghwata ont bien rédigé un Coran berbère - inspiré du Coran arabe - mais ce texte n'a eu qu'une audience régionale, et il a fini par disparaître avec les Berghwata. De tout temps, négligeant leur langue, les Berbères ont préféré écrire dans la langue des peuples qui les ont dominés. Ce choix a non seulement favorisé l'assimilation culturelle, mais il a surtout empêché l'émergence d'une langue nationale berbère, instrument d'unification linguistique et politique.

  1. La littérature en langues phénicienne et latine

Les Berbères, surtout ceux qui vivaient à Carthage et dans ses environs, ont dû écrire en punique, mais on ne conserve aucun texte rédigé en cette langue. La littérature punique a, en effet, disparu dans la destruction de Carthage. En revanche, la littérature latine des Berbères a été conservée. La langue latine, comme les langues de tous les conquérants qui se sont succédés en Afrique du Nord, a été imposée par la force. « L'État romain qui sait commander, écrit Saint-Augustin, impose aux peuples domptés non seulement son joug, mais encore sa langue ». Mais, la langue, pour un grand nombre d'écrivains, n'était qu'un instrument de communication qui leur permettait d'exprimer leurs pensées et leurs sentiments.

Dans la pléiade des auteurs berbères de langue latine, citons les plus connus.

  1. Apulée (vers 125 après J.C., 170)

    Originaire de Madaura (M'daourouch), dans le Constantinois, il avait fait ses études à Athènes puis à Rome. Il s'installa ensuite à Carthage où il rédigea son oeuvre et acquis une grande renommée. Il rédigea de nombreux traités scientifiques (botaniques, médecine, gastronomie,...), aujourd'hui perdus. Son chef-d'oeuvre : les métamorphoses, ou l'Âne d'or, est un roman en onze livres qui raconte les aventures d'un jeune homme Lucino en voyage en Grèce. Il rencontra une sorcière et voulant se métamorphoser en oiseau, se trompa de produit et devint un âne. Désormais il allait mener la vie misérable des bêtes de somme, tout en gardant le sens du discernement. Lucino allait pouvoir, de cette façon, juger les hommes de l'extérieur. À la fin, touché par son malheur, la déesse Isis lui rendit sa forme humaine. Il renonça alors aux vanités du monde, se consacrant entièrement au culte d'Isis et de son époux Osiris.

  2. Saint-Cyprien
  3. Il fut d'abord un brillant rhétoricien païen, puis converti au christianisme, il devint évêque en 248. Il eut pour maître Tertullien, mais il ne fut pas, comme lui, un théoricien violent. Il fut, au contraire, un écrivain calme et mesuré, appelant à la paix, à la concorde et à l'unité de l'église. En 258, il tomba victime de la persécution de l'empereur Valérien. Son oeuvre consiste en traités de morale et en épîtres : « sur les oeuvres et les aumônes », « de l'unité de l'église catholique » « lettres », etc.

  4. Saint-Augustin

    C'est le plus célèbre des écrivains africains de langue latine. Son père était païen, mais sa mère, Monique était une Berbère christianisée. Il naquit à Thagaste (Souk-Ahrase) en 354. Il fit ses études dans sa ville natale puis à Madaura (M'daourouch) et Carthage. Il fit une brève carrière de grammairien en Italie et c'est là, sous l'influence de l'évêque de Milan, Ambroise, qu'il se convertit au christianisme. Il revint en Afrique où il fut élu, en 391, évêque d'Hippone (Annaba). Il allait consacrer toute sa vie à faire l'apologie du christianisme qu'il défendit avec passion contre les hérésies, notamment le donatisme. Le livre le plus célèbre de Saint Augustin est « les Confessions » où il raconte sa vie. Dans un autre ouvrage, « la cité du Dieu », il attaque les adversaires de l'Église et fait l'éloge de l'orthodoxie chrétienne. Il critiqua sévèrement les défauts de l'État, mais il recommanda aux chrétiens de lui obéir pour éviter les dissensions et les hérésies. Il écrivit un livre sur l'interprétation des Écritures (« La doctrine chrétienne ») et démontra, dans un autre, l'harmonie des quatre Évangiles (« Du consensus des Évangélistes »). Il rédigea des milliers de sermons et lettres, mais près de trois cents seulement ont été conservés. Ces textes, comme toute son oeuvre, révèlent un puissant écrivains, un rhétoricien et un polémiste de talent.

  1. La littérature de langue arabe

L'arabe, importé par les conquérants musulmans, s'imposa lentement dans les villes romaines. Mais il coexista, pendant quelques décennies, avec le latin, et sans doute le punique, encore parlé dans les anciennes régions de colonisation carthaginoise.

L'Arabe fut d'abord une langue liturgique, mais finit par s'imposer dans l'administration et devint la langue de la culture et des arts. Les royaumes berbères, à l'exemple des orientaux, s'évertuèrent à entretenir toute une caste d'intellectuels et de lettrés, écrivains, poètes, juristes, théologiens, historiens, le plus souvent d'origine berbère, mais de culture et d'expression arabes. Des villes berbérophones du Moyen Âge, comme Tiaret (Tihirt en berbère), Bejla (Bgayt), Achir, ben Izgen, au Mzab, furent des phares de la culture d'expression arabe. Des écrivains et des juristes, de ces villes, se répandirent dans tout le Maghreb et acquirent une certaine notoriété en Orient. Si certains auteurs portaient des noms arabes, la plupart avaient gardé leur patronyme berbère. Comme les écrivains d'expression latine, les autres de langue arabe s'intéressèrent très peu au monde berbère. Les seuls textes qui abordent la réalité linguistique et sociale berbères semblent être les glossaires juridiques à l'usage des fonctionnaires des régions berbérophones du Maroc. Un exemple caractéristique est fourni par le Majmu'al La'iq'alâ muckil al Watiiq ou « le recueil portant sur les difficultés des formulaires », datant du 18e siècle. L'auteur, anonyme, fournit pour les notaires arabes des libellés pour les actes ainsi que les équivalents arabes des notions chleuhes, dont le sens pouvait leur échapper. Quelques écrivains berbères d'expression arabe :

  • Al Wargalâni (de Ouargla ou plus exactement de l'oued Righ), le plus ancien des auteurs ibadhites du Maghreb, auteur d'un ouvrage biographique des Imams ibadhites, intitulé  « siyr al a'ima' » ;
  • Ali ibn Muhammed al Mazûdi (de Mazouda, en berbère Inzuda, une région à l'Ouest de Marrakech), juriste et mystique qui échangea au 13e siècle des lettres avec son maître ben Abd Rahman al Maghawi, al Fasi (de fès) ;
  • Abu al Qâsem (Belqacem al M'cedali (de M'chedalla, en grande Kabylie, mais né à Bejaia, en 1417), exégète, spécialiste du hadith et juriste ;
  • Ibrahim ben Mubammad ben Sulyman Açadqawi; ez-Zawawi al Bija'î, juriste et exégète (15e siècle) ;
  • Al Husayn ben Muhammed Said al Wartilâni, de At wartilan, en petite Kabylie, voyageur, juriste, mystique (1713-1779), auteur de mystique (1713-17798), auteur de la célèbre « ar-Rihla al wartibaniya », récit d'un long voyage effectué en Arabie vers 1765.

La langue arabe a été et demeure le mode d'expression du ibadhisme, hérésie berbère, encore vivante au M'zab, à Djerba (Tunisie) et au Djebel Nefusa (Libye), régions totalement ou partiellement berbèrophones. Parmi les auteurs ibadhites modernes, citons Muhammad ben Issa Azbar (19e-20e siècle), réformateur mozabite, auteur d'un volumineux ouvrage de droit « Bayan achchar », en 70 tomes, Muhammed ben Youssef ben Salah Atafiyâch, originaire de Ben Yezguen (18e-1914), auteur d'une exégèse du Coran en six volumes, d'un Taysir également dans les sciences coraniques, de nombreux ouvrages sur les Hadith, le droit musulman, l'histoire des tribus mozabites ; Omar ben Hamu ben Bahmed Bakli (1837-1925), juriste originaire d'El Attaf, etc.

Aujourd'hui, de nombreux auteurs algériens et marocains d'origine berbère et souvent berbérophones écrivent en arabe. La plupart sont des partisans de l'arabisme et de l'arabisation, mais certains, grâce à une prise de conscience de plus en plus forte de leur identité culturelle, prennent parti en faveur de la langue et de la culture berbères.

  1. La littérature d'expression berbère

Les textes berbères importants, comme le Coran des Berghawata ou le livre d'Ibn Tumert ont disparu. Les seules traces que nous en ayons sont les phrases citées par les écrivains et les voyageurs arabes du Moyen Âge.

On dispose de quelques textes religieux berbères, transcrits en caractères arabes, avec signes diacritiques supplémentaires pour les phonèmes berbères. Mais ces textes sont souvent des adaptations d'oeuvres arabes connues, comme « le Mukhtar » de khlil, un ouvrage abrégé de vulgarisation de droit malékite. Le célèbre poème d'al Busri, « al burda » (littéralement « le manteau du Prophète ») existe depuis longtemps en berbère. On le récite à de nombreuses occasions, notamment les veillées funèbres. Des nombreux textes ibadhites rédigés en berbère, il reste peu de choses, quelques textes épars et un traité d'Ibn Ghnim, intitulé « al Mudawwana », texte en vers, comportant un nombre élevé d'emprunts arabes.

La littérature orale, abondante en tout temps, comprend principalement des contes, des poèmes et des proverbes. Au Maroc, la tradition des poètes ambulants -imdyazen- est toujours vivace : ceux-ci parcourent les pays berbérophones, récitant des compositions dans une sorte de langue moyenne, accessible aux locuteurs de dialectes différents. Depuis la fin du 19e siècle, un grand nombre de textes sont transcrits en graphie latine et traduits en langues européennes. En voici quelques titres :

  • poème de Sabi qui raconte la descente d'un jeune homme au royaume des morts ;
  • légende en vers de Joseph ;
  • description du Djebel Nefusa de Shammakhi, édité et traduit en 1885 ;
  • textes touaregs en prose, publiés pour la première fois en 1922, réédités en 1985, avec une introduction et des documents photographiques.

Signalons que de nombreuses études sur le monde berbère reproduisent des textes berbère, littéraires ou ethnologiques. Les « mots et les choses berbères » d'Émile Laoust, par exemple, contiennent plusieurs textes en berbère, avec et sans traduction, dictés par des informateurs marocains. Le fichier de documents berbères de Fort-National (en Kabylie Larbaa nat Iraten) a produit, de 1947 à 1976, plusieurs dizaines de fascicules en berbère : contes, proverbes, légendes, chroniques, etc. La plupart des textes cités ont été recueillis et traduits par des auteurs européens, principalement français. Mais depuis quelques années, des berbérophones de plus en plus nombreux transcrivent des textes de leur littérature. Il faut signaler particulièrement l'oeuvre de Mouloud Mammeri (1913-1989) qui publia quatre textes majeurs en berbère : Les Isfra, poèmes de Si Muhand ; Tajerumt, grammaire berbère ; Poèmes Kabyles anciens ; Ina-yas Ccix Muhand , Cheikh Mohand (Ou Lhocin) a dit, oeuvre posthume dont un premier tirage a été réalisé à la fin du deuxième trimestre 1989.

Il faut signaler également les récentes tentatives d'écriture berbère, notamment kabyle, avec la publication de poèmes, de bandes dessinées et de romans de fiction.

Source: mondeberbere.com D'après le journal Amzday
M.A. HADDADOU
Guide de la culture berbère et de la langue berbère
ANAL-ANAP/1994 Alger, pp. :177-180

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