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Mercredi 14 novembre 2007

par Amanar

Le Dahir berbéro-âyouch, Films Amazighs Enchaînés. Critiques Interdites

Le Dahir berbéro-âyouch, Films Amazighs Enchaînés. Critiques Interdites

Dans les années 30 au siècle dernier, le fameux Dahir Berbère fût plus qu’une erreur de stratégie des indigénistes de l’ingénierie politico- culturelle du « protectorat » français sur les Marocains. Quelle image à donner pour le message universel d’Amazighité ? Daba et maintenant, la production de 30 films concédée à Nabyl Ayouch, (soit- disant pour servir l’identité amazighe et afin de donner naissance à une industrie ! nationale ! du film) ne va t-elle pas provoquer, comme il y a plus de soixante-dix ans, le même phénomène de rejet. Est- ce une série B imposée ? Arrêt sur image

Il filme. Nous consommons. Il encaisse. Nous payons.

 

Il a été dit, écrit et signé que le joli monsieur Nabyl Ben Noureddine Ayouch nous communiquera sa « passion » cinématographie en enchaînant industriellement et exclusivement à sa société (Ali’n productions) le réalisation de 30 films amazighs.

 

Il a été décidé, en outre, que cet agrément d’une durée de deux ans, susceptible de prorogations automatiques et d’extensions à d’autres domaines ethniques ou linguistiques, et quels que soient les supports médiatiques ou de diffusions sere payé, rubis sur ongles, sur les fonds publics à hauteur de 7,5 millions de dirhams par le Ministère de la Communication et 18 millions de dirhams par la SNRT (ex RTM). Soit, quelques trois milliards de centimes sans compter les appuis des autorités publiques pour les tournages et les soutiens requis pour leur diffusion.

 

Cette aventure ubuesque s’intitulant « Film Industry » fut dénoncée, dés son annonce par les artisans du l’art marocain et, après sa présentation officielle, le 29 septembre 2007, par les sphères amazighes militantes.

 

On ne joue plus. On se défend en ordre dispersé.

 

La double page de Jeune Afrique (Numéro 2440 du 14 – 20 octobre 2007) sous la signature de l’envoyée (vraiment) spéciale Nina Hubinet n’est pas nette : 1) Elle prétend vendre un « Bollywood marocain », Agadir, à contresens avec celui, bien connu de Ouarzazate. 2) Elle entend faire passer le monopole octroyé à Ayouch pour une « révolution du cinéma national » balayant sur ses pistes tous « bras de fer » fussent-ils légitimes (genre amazigh) constitutionnels (genre CCM), critiques (genre cinématographiques) Un tiercé gagnant pour le flambeur d’Ali Zawa !

 

Pour ceux qui connaissent les sources d’information et de financement des « papiers » de Jeune Afrique, l’exercice de l’envoyée (très) spéciale de B.B.Y ressemble plus à une bande annonce et à un trucage flagrant qu’à un travail journalistique honnête.

 

Le preuve par deux et en mulitvision. Regardons des côtés de Libération, quotidien de l’USFP, et d’Alwatan Alan (La Patrie Maintenant) l’hebdomadaire casablancais. Il ne peuvent être taxés d’incompétence sur des questions, que la dame de Jeune Afrique, telle un ange, ne peut que survoler du balcon du palace casablancais que l’industriel du film amazigh lui a réservé.

 

A Libération du 6 octobre 2007 qui fait part des réserves légitimes des artistes soussis, dont Rachid Boukrim, Ayouch répond, à travers son laborieux communiqué qui restera dans les annales de nos cahiers cinématographiques.

 

Une démarche qui refuse à tout le monde « l’occasion de revenir sur des arguments d’ordre économique » Sauf pour un audit post-production fabrication maison et, bien sûr, après avoir dilapidé les derniers publics. Quelle performance ! Et si un ouvrier de la « film industrie » âyouchienne réclame un quelconque droit on lui fait sortir l’argument honteux de sa participation de plein gré et de son acceptation dérisoires conditions financières qu’on lui a imposé de signer à l’aveuglette. Un droit de cuissage ?

 

En présentant son dossier dans Al watan al’an ( n°262 du 13 octobre 2007) « Les populations du Souss accusent Ayouch d’assassiner l’amazighité », l’éditorialiste Tewfik Misbah, après avoir tracé le parcours aux zones d’ombres et aux montages industrieux d’un Nabil Ayouch » à la langue, au cœur et aux tripes avec la France et aux poches [à l’argent et aux dirhams convertibles] marocaines, il constate que ce scandale re- naissant « mérite un livre et non une simple colonne » d’un journal.

 

Cette réaction médiatique devrait, selon d’autres sources, se transformer en « affaire » à traiter par une commission parlementaire et par un procès pour détournement d’argent public. En attendant Ayouch persiste (voir l’étrange entretien dans As-sabahya du 9 octobre 2007) à amuser la galerie en renvoyant les comptes aux calendes grecques et les critiques et le public à se contenter de voir, sans débattre, ses « œuvres » de niveau très contestable.

 

le CCM et l’IRCAM écartés de cette abracadabrante production de 30 films. Noureddine Saïl, actuel maître d’œuvre institutionnel du cinéma au Maroc, critique cinéma émérite, censuré par 2M, avait bien raison de souligner au micro du J.T de la TVM, à l’ouverture à Tanger, du IX Festival National du Film Marocain, que dans le contexte d’un rythme de croisière de production nationale, évidement de sensibilités diversifiées, à raison d’une trentaine de film par an, si trois films sortent du lot, cela peut devenir un acquis, une référence. Voir plus, pour le développement de notre cinéma.

 

En d’autres termes un individu ne peut, sauf par Dahir privatiser à son profit exclusif, la représentation, la production et la diffusion de toute une authenticité marocaine.

 

Cela ne permet pas d’avancer ni dans le chemin laborieux de la réconciliation avec notre amazighité, ni dans celui de l’industrie du cinéma marocain.

 

Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde que les prescripteurs âyouchiens.

 

Ni daba, ni demain ! Pour l’heure, le débat ne fait que commencer, ouvrant la voie légitime à des procédures judiciaires.

 

Oui, Dahir ou pas, il faut que la loi et l’Etat de Droit prédominent. Sans faire tout un film de commande ! Ni au forceps, ni au forcing 30.

 

Habib Abouricha

 

Source : Emarrakech

 
Mardi 13 novembre 2007

par Amanar

Plus qu’un site, plus qu’un repère sur cette immense toile mondiale, amazighweb, refuge pour certains, un chez-soi pour d’autres, amazighweb revient !

Avec plus de vingt mille visiteurs par jours, amazighweb s’est imposé comme une référence incontournable du web amazigh.

Conviviale, riche et accueillant, amazighweb, vous ouvrira ses portes à partir du premier décembre 2007.

Un nouveau souffle, une nouvelle motivation pour recrée tout un monde, qu’on pensait perdu. Retrouver son profil, ses messages, ses connaissances, intacts, et toute la richesse du site, vous ont été garanties par une équipe acharnée à servi son identité, et ses amazighonautes.

Donc à bientôt sur : www.amazighweb.com

Lahcen et Abdellah.
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Lundi 12 novembre 2007

par Amanar
 
C’est une lapalissade que de dire qu’Internet a été et est toujours une immense chance pour la culture amazighe. Et c’est vraiment le cas de le dire. Nul ne peut nier l’apport indéniable des sites amazighs. Que ce soit au militantisme ou à la promotion de notre si belle et riche culture. Grâce à eux, nous avons pu nous exprimer. Librement. Par écrit. Et même par la parole. Sauf qu’il y a un hic. Il ne faut jamais omettre que nous sommes, fondamentalement, dans une civilisation de l’image ou, du moins, dominée par l’image.

Pour ne pas être largués, il faut que nos Amazighs s’y investissent. Dare-dare. En fait, il faut tout faire pour relever ce défi on ne peut plus important. Comme vous le savez tous, les régimes arabistes au pouvoir dans nos pays ne veulent surtout pas que l’amazighité accède au monde magique de l’image... télévisuelle. La preuve : malgré les protestations silencieuses ou bruyantes de nos militants et de nos simples citoyens, ils renâclent encore et toujours à créer des télévisions amazighes. Car très conscients de leur impact massif sur les esprits et les consciences.

Eu égard à ce qui précède, comme toujours, il y aura certains lecteurs, négateurs par nature des évidences, qui peuvent être tentés par le scepticisme ? C’est leur droit le plus absolu, sauf qu’il faut qu’ils nous expliquent, pour quelle raison prend-on autant de retard à mettre sur pied la télévision amazighe au Maroc ? Manque de ressources financières nous décline-t-on sous tous les tons. Mais bizarrement le gouvernement de Rabat ne lésine jamais sur les moyens lorsqu’il s’agit de tout ce qui a trait à l’arabité, son arabité. Et même ce qui a trait à la francité- le scandale du festival de l’intolérance d’Agadir est d’ailleurs un bon exemple.

Idem pour l’Algérie. Si vous vous rappelez bien, l’on avait annoncé à un moment, pompeusement, la création d’une chaîne amazighe. Mais il semble que le projet soit tombé à l’eau. Définitivement. D’ailleurs, personne n’ose encore en parler. Et pourtant, ce n’est pas l’argent qui fait défaut. Comme vous le savez, si la junte militaire au pouvoir à Alger ne fait pas attention, elle risque, carrément, incessamment, de se noyer dans une mer de milliards de dollars. Des sommes colossales amassées non, hélas, en raison d’une quelconque créativité économique, mais grâce seulement et uniquement au pompage massif du pétrole... touarègue. Passons !

Et la vidéo fut

Les Amazighs n’ont aucunement le droit d’omettre l’importance de l’image. Il faut absolument qu’ils apprennent à l’utiliser. À bon escient. Il faut même qu’ils l’apprivoisent. Totalement. Et la faire la leur. Entièrement. Par tous les moyens. Il va sans dire que c’est une arme terrible. Les Soussis ont déjà montré l’exemple et tracé le chemin- ce n’est pas parce que je suis soussi que je dis cela. Il faut dire ce qu’il y a et rendre à César ce qui est à César.

Pragmatiques à l’extrême, ils étaient les premiers à user massivement de la vidéo. Depuis le début des années 80 du siècle passé. Ils ont produit un nombre incalculable de films, qui se vendent, précisons-le, comme des petits pains. Que ce soit bien évidemment dans l’immigration ou chez eux, dans le Souss. Et même ailleurs. Il faut savoir que tous les Amazighs du Sud du Maroc et même du Moyen Atlas raffolent de ces produits Made in Souss. Même certains Arabes pur sucre ne s’empêchent pas de se les procurer. Il faut reconnaître qu’ils ont, eux aussi, succombé au phénomène.

Quelles sont les raisons de cet engouement sur la production visuelle amazighe ? En fait, c’est très simple.
Parce que les Amazighs s’y reconnaissent. Ils leurs parlent et parlent leur langue. N’ayons pas peur des mots, c’est ni plus ni moins qu’une petite révolution culturelle. Permise certes par l’évolution technologique. Surtout Internet et le DVD. Avec cette dernière technologie, l’accès de la majorité des Amazighs à leur production visuelle est devenue une réalité. Parce que facilement accessible. Ce qui n’était pas le cas de la cassette VHS, qui coûtait relativement cher.

Résultat des courses : les Soussis sont maintenant de parfaits professionnels de l’image. Ils ont même fait des envieux parmi les amazighophobes de tout poil. Pire encore, ils attisent carrément les convoitises. Exemple : avec la complicité scandaleuse du Makhzen, Ayouch fils s’est mis indûment dans la poche une grosse cagnotte sous prétexte de produire des films… amazighs. Devenus subitement et honteusement arabes sur les ondes de 2M, une chaîne -comme vous l’aurez remarqué- connue par son « amazighophilie » plus que désarmante.

Et les associations amazighes dans toute cette ébullition « imagière » ? Il y en a qui ont compris l’importance de l’image. C’est tout à leur honneur. D’ailleurs, l’on trouve facilement leurs vidéos sur Internet. C’est surtout les étudiants du Mouvement culturel amazigh (MCA) qui sont des pionniers dans ce domaine. Avec une simple caméra, ils filment toutes leurs manifestations. Ce qui est une idée on ne peut plus géniale. D’ailleurs, beaucoup parmi nous ont suivi les derniers événements sanglants des universités marocaines via Internet.

Mieux encore, qui aurait soupçonné l’existence de Tilmi et ses habitants oubliés et démunis ? Personne. Mais grâce au reportage sur leurs protestations, tout le monde a senti, sincèrement, de l’empathie, et même de la sympathie, pour eux. Touchées au plus profond d’elles-mêmes par la situation miséreuse de ces populations on ne peut plus amazighes, quelques âmes charitables pensent déjà à monter des structures associatives pour les aider. Tout cela grâce à la magie de… l’image.

Que l’on communique avec… l’image !

Revenons à nos associations amazighes ! Vous savez tous qu’elles organisent, régulièrement, des colloques qui traitent de toutes les thématiques. Parfois extrêmement intéressantes. Mais malheureusement, si vous n’y assistez pas, parce que vous habitez loin ou à l’étranger, vous n’en saurez jamais rien. Ce qui est dommage et triste en même temps ! Donc, pour que ces structures associatives se départissent de cette « rétention » non volontaire de l’information et de la connaissance, il faut impérativement qu’elles sensibilisent leurs jeunes militants à l’importance déterminante de l’image. Et pourquoi n’auraient-elles pas, carrément, des plans de communication ? Qu’elles se rassurent, cela ne demande que peu de moyens. Mais il exige beaucoup de volonté.


Comment doivent-elles procéder ? En réalité, c’est extrêmement simple. Étant donné que la vieille garde est dépassée à ce niveau, il faut penser à la jeunesse. Il faut donc former des équipes composées de jeunes militants au fait des techniques informatiques et Internet. Leur procurer une caméra ou même plusieurs. Si c’est possible bien évidemment. En tous les cas, chez nous, les caméras ne manquent guère. Il faut voir leur nombre dans les mariages même dans les patelins les plus reculés !Toujours est-il que la mission qui sera assignée à ces équipes serait de filmer, systématiquement, toutes les activités associatives et les mettre prestement sur les incontournables dailymotion et autres youtube. Simplement. On ne leur demande pas de faire des reportages à la BBC. Même si avec le temps, ces reporters en herbe vont assurément s’améliorer. Ne dit-on pas que c’est en forgeant qu’on devient forgeron ? Et pourquoi tous ces jeunes ne deviendraient-ils pas de grands journalistes par la suite ? En tous les cas, rien n’est impossible. Il suffit d’un peu d’acharnement. Et tabler sur un changement politique, radical ou progressif, dans nos pays. Vers davantage de démocratie et de liberté pour notre peuple qui n’a que trop souffert.

L’on n’a pas besoin de dire et de répéter que sans l’image nous n’existons tout simplement pas. Il faut croire dans notre propre publicité, comme disent les Anglo-saxons. Sinon, on est « dead ». Direct. Il faut impérativement penser aux modalités d’exploiter, à défaut d’une télévision en bonne et due forme, les possibilités infinies offertes par Internet. D’ailleurs, et c’est vraiment rassurant, la Coordination des Berbères de France en a pris conscience. Plusieurs de ses activités sont filmées et diffusées sur la toile planétaire. Pour notre plus grande joie. Un exemple simple : cela fait des décennies que l’on nous parle de Salem Chaker, mais peu d’entre nous ont eu l’occasion de le croiser. Mais grâce à cette association dynamique qui l’a interviewé, nous avons pu, enfin, le voir et même l’entendre.

Que tous les Amazighs et leurs associations pensent sérieusement et réellement à investir l’image ! Massivement. Ils ont tout à y gagner et rien à y perdre.

 Par Lahsen Oulhadj

Source: amazighnews.net
 
Mercredi 7 novembre 2007

par Amanar

DU SUD-OUEST MAROCAIN (DOMAINE TACHELHIT)

ParMichael Peyron

La danse tient incontestablement une place de choix dans la culture berbère. Phénomène essentiellement rural, il s'agit habituellement d'une manifestation d'un haut niveau esthétique, à la mise en scène aussi symbolique que suggestive, sans doute liée à quelque thème de fécondité issu du fond des âges. Exutoire commode, en tout cas, pour des populations menant une existence rude, elle ne peut laisser l'observateur indifférent. Au mieux, elle le charmera grâce à son “mysticisme immanent” se répercutant “en ondes qui atteignent très profondement la sensibilité” (Mazel, 1971, p. 226).

Depuis le Rif jusqu'à l'Anti-Atlas, les danses berbères se succèdent, aussi nombreuses que variées ; raison pour laquelle il pourrait s'avérer fastidieux d'en établir un inventaire exhaustif. Tout au plus se contentera-t-on d'en citer les plus connues, d'en évoquer les traits caractéristiques, et de les situer dans l'espace marocain.


Deux formes incompatibles: ahwach et ahidous

A l'avant de la scène c'est le tandem ahwach/ahidous qui prédomine, tant par son extension territonale englobant l'ensemble du monde atlasique, que par les connotations cuitureiles et linguistiques qu'il renferme. En effet, l'ahwach s'identifie directement à l'aire tachelhiyt, donc aux populations sédentaires appelées communément “chleuh”, plus exactement Ichelhayn. C'est dire qu'il se pratique dans l'Anti-Atlas, le Haut-Atlas occidental, et le Haut-Atlas central jusqu'à une ligne imaginaire (très perméable, aussi) allant de Demnat à l'Asif Mgun. Fait intéressant, du reste, c'est dans cette zone de contact que l'on assiste, depuis une trentaine d'années, à une poussée inexorable de l'ahwach au détriment de l'ahidous, selon le musicologue Lortat-Jacob (1980, p. 68) qui a effectué un travail fort sérieux dans ce domaine. A telle enseigne, que les Ayt Mgun sont totalement gagnés par le phénomène, lequel s'étendrait également aux Ayt Bou Wlli.

Plus à l'Est, cependant, l'ahidous règne en maître chez les ksouriens transhumants de parler tamazight du Haut-Atlas oriental, dont il constitue la danse de base, ainsi que chez leurs cousins du Moyen-Atlas. Ensemble que le lecteur aura reconnu comme appartenant au groupe dit “beraber” (imazighen). L'ahidous (prononcé parfois haydous) parvient à franchir les limites nord-est du pays amazigh, puisqu'on constare sa présence chez les Ayt Warayn, groupe important dont le parler s'apparente à la znatiya.



Une danse villageoise: l'ahwach

Les deux danses, en vérité, sont assez différentes sur le plan chorégraphique. Dans l'ahwach les tambours, qui sont démunis de timbre, peuvent jouer des rôles spécifiques, voire être de tailles différentes, en particulier dans l'Anti-Atlas (cf. Mazel,1971, p.232 et fig. 16 ; “Danse des femmes à Assa”, Montagne, 1930, p. 5). Quant à l'agencement, variant superficiellement d'une région à l'autre, il peut compter deux (Lortat-Jacob, 1980, p. 69), même trois parties (Chottin, 1948, p. 46). Il comprend parfois un unique rond de femmes (Morin-Barde, 1963, p. 78), parfois deux alignements se faisant face (Jouad / Lortat-Jacob, 1978, p. 74-75), s'infléchissant souvent en demi-cercle, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Séparation des sexes destinée à éviter tout mécontentement de la part d'un mari jaloux (Lortat-Jacob, 1980, p. 66). Pour ce qui est du rythme il est soit à deux, soit à quatre temps.

Les ahwach les plus somptueux semblent avoir été ceux exécutés à Tlwat, fief du Glawi, du temps du Protectorat (Mazel, 1971, p. 230). Les Glawa, on le sait, sont passés maîtres dans cette forme artistique, au point que d'aucuns prétendent que l'ahwach aurait pu avoir pour terroir natal le pays Glawi, supposition que récuse Lortat-Jacob (1980, p. 65). S'il reconnaît une certaine primauté en la matière aux Glawa (Mazel, 1971, p. 230) vante également les qualités des ahwach que l'on peut admirer à la kasbah de Tawrirt, Warzazat. Spectacle d'un genre qui, malgré toute accusation de galvaudage touristique, plus ou moins justifiée, n'en conserve pas moins une réelle valeur folklorique - au sens noble du terme.

Bien qu`aucune description ne soit à même de faire honneur à la gestuelle d'un pareil spectacle, voici ce qu'en dit Chottin (1948, p. 546) : “Danse tout d'abord verticale et sur place, sans d'autres mouvements que dans le sens de la hauteur. Les bras le long du corps, la femme, dans une ondulation serpentine, fléchit légèrement les genoux, projette le bassin en avant, inclinant en même temps la tête sur la poitrine ; ensuite, dans un mouvement inverse, elle opère une extension de tout le corps de bas en haut, qui aboutit au rejet de la tête en arrière; puis le cycle recommence”.

Ces ahwach de Warzazat sont surtout le fait des Ayt Wawzgit, autres spécialistes du genre, groupe occupant un territoire assez vaste sur la retombée sud du Toubkal. Chez eux, nous avons eu le privilège d'assister à un ahwach moins formel un soir d'Aïd el Kbir au clair de lune. Sans parler d'autres manifestations de facture différente, allant du délicieux ahwach impromptu des jeunes filles du pays Seksawa, à un ahwach de circonstance un jour de fête officielle à Imi n-Ifri, près de Demnat, ainsi que de superbes choeurs berbères sur le plateau du Tichka (Berque, 1955, p. 164, pl. XI).

Les tambourinaires d'ahwach méritent une mention spéciale. En début de soirée, un feu ayant été allumé au milieu de la place publique (assarag), ou au centre de la cour de quelque fière kasbah, chaque tambourinaire approche son instrument de la flamme afin d'en tendre convenablement la peau, ceci dans le but d'obtenir une sonorité optimale. Chez Ayt Mgun, il se lèvent alors et jouent debout pendant les premiers mouvements de la danse. Ce n'est qu'une fois l'harmonie rythmique bien installée entre les deux rangées qu'ils s'accroupissent pour ne pas obstruer le champ visuel des danseurs (Lortat-Jacob, 1980, p. 66). Dans d'autres cas toutefois, les tambourinaires représentés comme restant accroupis au centre du cercle en début de danse. (Mazel, 1971, p. 231; Garrigue, 1964, p. 137).



Danses guerrières

Chez un peuple assez enclin à “faire parler la poudre”, quoi de plus naturel que de trouver une cohorte de danses d'inspiration apparemment guerrière. l'adersiy semble caractéristique du genre. Il ne faudrait pas s'attendre, toutefois, à rencontrer des manifestations d'une facture identique aux danses de guerre des Amérindiens, ou autres peuplades dites primitives. Danses évoquant la guerre, certes, comme lors du simulacre de rapt de la fiancée chez les Izayyan (Laoust, 1915/16, p. 71) mais jamais de danse en tant qu'excitation collective propre à décupler l'ardeur des guerriers au combat.

Gellner est tout à fait formel à ce sujet (1969, p. 247-249). Cependant, si selon lui, les Berbères du Haut-Atlas n'ont pas de “danse de guerre”, une affaire de danse a bel et bien déclenché chez eux une petite guerre intra-tribale. Cela se passait chez les marabouts de Zawit Ahansal vers la fin du XIXè siècle. La naissance d'un garçon dans un foyer combla de joie le père qui organisa une fête mémorable au cours de laquelle hommes et femmes se livrèrent sans retenue à l'ahidous.

Chez les ichelhayn du Haut-Atlas occidental, c'est la danse des taskiwin (Morin-Barde, 1963, p. 76), ahwach exclusivement masculin où les participants évoluent, une corne à poudre en argent sur l'épaule, s'accompagnant au son d'un petit tambour de terre (tarija). Les meilleurs spécialistes de cette discipline viennent du pays Gedmiwa ; on les voit souvent à Amizmiz, ou à Marrakech lors du Festival du Folklore. Certains seraient originaires des Seksawa, selon Mazel (1971, p. 232); mais Berque n'y fait point allusion dans son étude sur cette tribu.

Autres ichelhayn, les Haha, dont le pays avoisine la côte atlantique, se distinguent par une danse des poignards. Plus spectaculaire, la danse du sabre chez les harratin du cours moyen du Dra', à Tinzulîn et à Zagora, où les participants aux mouvements très lestes miment un combat à l'arme blanche. Ils se produisent aussi à la Qela't Mguna sur un tapis de roses, lors de la fête annuelle consacrée à cette fleur, (Bertrand, 1977, p. 58).



Chants dans les parlers tachelhiyt

Les genres que nous allons énumérer sous cette entête relèvent de la poésie chantée, qualifiée d'amarg, vocable renfermant le double sens de “mélancolie l'amour” et de “poésie”, (Lahbab, 1965, p. 94). Ils sont le fait, soit d'un poète individuel, (aneddam/pl. ineddamn), éventuellement une poétesse (taneddamt), comme dans le cas de la célèbre Mririda n-Ayt Attik de la Tassawt (1963) ; soit, à l'occasion de fêtes villageoises, d'une chorale locale formée de membres de l'association des jeunes. Celle-ci compte un ou deux poètes doués, d'un certain prestige, capable de soutenir une joute oratoire avec des concurrents d'un village voisin. Dans le cadre de manifestations plus formelles, enfin, on trouve des troupes de professionnels, sous la coupe d'un meneur de jeu, ou chef, (rrays/pl. rrways, ou rriyas). L'accompagnement musical se fait à l'aide du luth (lutar), d'une vielle spéciale (rbab), et de divers jeux de tambourins et ou de tambours.

C'est dans la production villageoise que l'on relève les formes les plus traditionnelles. L'asallaw (ou tusugant), est un chant de mariage du Souss qui narque le départ de la fiancée vers le domicile de son futur mari. Egalement lors l'un mariage, ou d'une circoncision, l'urar (pl. urarn) comprend des vers exécutés sans accompagnement musical, chantés en homophonie par un double chœur de `emmes mariées ou divorcées. Ceci pour les Ayt Mgoun de la Tassawt, (Lortat-Jacob, 1980, p. 57-58). Chez les Ayt 'Atta dans le Haut-Dades, Lefébure (1977) signale l'usage de ce genre, qu'il traduit par “tenson”, dans le cadre de joutes oratoires entre femmes, ainsi qu'une forme analogue, qualifiée, elle, de tamnatt (pl. timnadin) en vague chez leurs voisins Ayt Yafelman. Dans le Souss, urar désignerait un poème chanté long, assonancé et rimé, (Boukous, 1987, p. 148) ; ou encore, plus prosaiquement, “chansons de femmes”, selon Akouaou (1987), qui met ces .variations lexicales sur le compte d'évolutions de désignations synchroniques recouvrant une seule et même forme. Notion que renforce Lortat-Jacob, (1980, p. 58) : “D'une région à l'autre de l'Atlas, un même signifiant véhicule souvent des signifiés différents, mais de même famille”. Trait pouvant faire croire à des amalgames à l'observateur non-averti.

Ceci est également vrai pour la tagezzumt, genre exclusivement masculin chez les Ayt Mgoun, vers à 18-syllabes selon un schéma mélodique unique (llgha), exécuté plus particulièrement à l'occasion d'un mariage, sans accompagnement musical, par deux rangées d'hommes sur l'espace central du village. Toujours dans le cadre de festivités d'assez longue durée, le Imsaq, vers de 12 syllabes, est chanté dans un registre commun d'abord par les hommes, ensuite par les femmes, le tout sur un tond de tambours (agenza), servant, du reste, de prélude à la danse ahwach.

Sous une première forme, la tazerrart, chant masculin sur registre aigu, s'exécute en solo sur fond de tambours dans des pauses entre les danses de type ahwach. Elle intervient également en tant qu'accompagnement musical lors du déplacement de la fiancée vers sa nouvelle demeure, ce qui, chez les Ayt Mgoun notamment, en fait “une musique à marcher “, (Lortat-Jacob, 1980, p. 61 ). A plus d'un titre, il est vrai, ce chant evoque la tamawayt du Moyen-Atlas. Pour Boukous, en revanche, la tazerrart serait plutôt un chant de femmes, (1987, p. 148).

Variés, présentant une grande fraîcheur au niveau de l'improvisation et de l`interprétation, les chants que produisent ces chorales villageoises du pays chleuh s`inscrivent, pour l'essentiel, dans une thématique où les considérations didactiques s'opposent, en quelque sorte, aux évocations de l'amour, même feutrées, contenues dans la poésie dansée, considérée dès lors comme plus frivole.

A côte de ces formes, que l'on pourrait qualifier de relativement peu élaborées, existe depuis fort longtemps une production plus noble, émanant autrefois exclusivement de bardes villageois prestigieux, mais devenue depuis quelques décennies la spécialité de musiciens professionnels évoluant en milieu citadin, les rrways. C'est un genre recouvrant des sujets assez variés, dit taqsit (également taqsitt < lqasida en arabe dialectal) traduisible par “chanson récit”, ou “cantilène”. Appellation qui cohabite avec une forme atrophiée Iqsitt (Bounfour; 1990, p. 165), ainsi qu'une forme voisine Iqist (“chanson narrative”).

De très belles pièces nous sont parvenues. A Justinard (1925) l'on doit une Iqist évenementielle célèbre, “L'histoire de Yamina Mansour”, ainsi qu'une légende à enseignement, “Cheddad Ibn 'Ad”. Dans le recueil de poèmes chleuhs de Galand-Pernet (1972) figurent des légendes à caractère religieux: “Sidna Yub”, le “Cantilène de Sabi”, ou “La chanson de David”, ainsi que d'autres exprimant des thèmes plus terre-à-terre, tels que “La chanson de l'aimée”, ou “La chanson des ouvriers”. Quant au corpus présenté par Bounfour (1990), fruit du travail effectué jadis par A. Roux, basé sur une collecte chez les Igedmiwnn d'Amzmiz, on y relève des poèmes événementiels, des poèmes à enseignement religieux ou qui censurent les méfaits des hommes (un peu à la manière des timdyazin du Moyen-Atlas), de même qu'une version de l'épopée légendaire de Hammou W-Unamir.

Il existe également un dérivé plus confidentiel de la taqsit ou Iqist chantée. Lorsqu'une mère raconte à ses enfants un récit en prose, certaines cellules narratives, parfois des dialogues, ont conservé leur forme poétique originelle, de sorte que la conteuse les chante. C'est le cas de nombreux dialogues dans une version de l'Anti-Atlas de “Hmad ou-Namir”, ainsi qu'un résumé chanté en 9 vers de longueur inégale qui intervient a la fin du drame des amants malheureux “Fadla et 'Aytouch”, (Ahloullay; 1986, p. 31, 52).

Pour clore ce survol de la chanson d'expression tachelhiyt, on se doit de mentionner une industrie fleurissante : celle de la musique traditionnelle commercialisée, et qui semble avoir atteint son apogée pendant la période 1965-1985. Parmi les principaux protagonistes du genre, Rqiya Damsiria et le rrays Amentagg, sans oublier Fatima Tihihit et le rrays Akhettab, auteurs de mémorables joutes poétiques. Akhettab s'est spécialisé dans des poèmes d'amour d'une cinquantaine de vers eniron, chacun d'eux comptant une voyelle postiche terminale /i/ caractéristique du genre. Exemple type: le poème “La lettre que j'envoie, puisset-elle arriver” (tabrat ayad nsarf righ a(t)-telkmi). Cf. Battou (1987, p. 67-68).



Conclusion

Comme pour les danses du Moyen-Atlas, les danses du pays chleuh occupent une place importante dans le paysage chorégraphique marocain et, par ailleurs, nous avons pu démontrer que les danses principales – ahwach, ahidous ay aralla buya - s'identifiaient aux trois grandes aires linguistiques berbérophones du Maroc : respectivement, celle de la tachelhiyt, la tamazight, et la tarifit.

Pour les chants chleuhs, de façon similaires à ceux du Maroc central, on retire une impression à la fois de diversité et de dynamisme. Si, d'un côté, certains genres classiques semblent être en perte de vitesse, il apparaît clairement que les moyens modernes de diffusion ont prêté un concours inespéré autant qu'inattendu ayant servi à revaloriser, à augmenter le rayonnement de cette production traditionnelle. Sans oublier la prise de conscience à propos de l'héritage berbère de la fin des années 1970.

Ce phénomène déterminant a agi dans deux directions. D'une part, en poussant les locuteurs de la langue vernaculaire à se pencher davantage sur leur passé, à opérer un retour aux sources ; d'autre part, en incitant certains d'entre eux à remodeler les formes poétiques qui s'essoufflaient. Volonté novatrice qui a été diversement appréciée.

Ainsi, voit-on beaucoup de jeunes chez les At Warayn, à la recherche de leur patrimoine musical, s'évertuer à chanter en berbère, alors que dans le Moyen-Atlas, des émules de Rouicha, basés sur Azrou, Khenifra et Tighessalîn, mettent timawayin et timdyazin en musique. En même temps, à la limite ouest du pays “beraber”, chez les Zemmour du Khemisset, un “'Abdelwahed El Haj jawi, ou une Najat 'Attabou peuvent choquer certains puristes par leurs innovations s'adressant à un public plus large, surtout lorsque leurs chants sont en arabe, même si la forme reste berbère. Sans doute le renouveau profond viendra-t-il du Souss, grâce aux efforts de groupes comme Ousman” (cf. Lefébure, 1986), où, par une alliance heureuse entre des formes musicales “accrocheuses” et un Iyrisme qui puise toujours dans le lexique traditionnel, on aboutit à un genre revu au goût du jour et ayant le mérite d'épater aussi bien les jeunes que les anciens.

Cet héritage millénaire, d'aucuns le disent menacé, mais il semble se maintenir contre vents et marées grâce à certaines initiatives heureuses prises en haut-lieu, ainsi qu'en raison de l'acharnement et de la fierté des principaux intéressés, à préserver un acquis culturel d'une grande richesse.



BIBLIOGRAPHIE

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Peyron M., “Spatialité et Iexicologie dans la poésie Amazigh” , Langue et Société au Maghreb. Bilan et perspectives, Fac. des Lettres, Rabat, n° 13/1989, p. 71 -81.

Reyniers F., Taougrat, ou les Berbères racontés par eux-mêmes, Paris, 1930.

 

  Michaël PEYRON

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Mardi 6 novembre 2007

par Amanar

 


 
Dimanche 4 novembre 2007

par Amanar
 

 

 

 

Parti de l'ISTIQLAL (parti de l'independance en arabe) :

  • Parti de tendance Salafiste et amazighophobe par excelence au Maroc.
  • Leader de l'arabisation du Maroc sous l'edeologie musulmane.
  • Copie presque identique au parti FLN algerien.
  • Parti qui s'est opposé aux années 80 à la construction de l'institut nationale pour la culture amazigh a l'epoque du ministre Istiqlalien AL-IRAQI, malgré le vote du parlement de l'epoque. Cela a resté gravé dans la memoire des Imazighens, et c'est l'une des taches noires dans l'histoire de ce parti. C'est peut etre l'une des raisons pour laquelle le roi Mohamed VI a pris une initiative personnelle pour la création de l'institut royale pour la culture Amazigh (IRCAM) en dehors du gouvernement de Mr Youssoufi (gouvernement USFP-ISTIQLAL) 20 ans aprés le véto du parti de l'ISTIQLAL.
Jusqu ici, il n y a pas de documents officiels dont les quels Mr Abbas El fassi declare son hostilité a Tamazight. Mais sa declaration à la 2 eme chaine de television marocaine 2M dans une emission appellée 'wajh wa hadat' a fait ecouler beaucoup d'encore en signe de protestation. Repondant a une question du journaliste sur la question Amazigh, Mr Le president du parti a repondu que : etant donnée que la langue Arabe est socle et symbole de l'unite du royaume elle restera langue obligatoire pour tous les marocains, a part ceci, n'importe quelle commune qui veut enseigner une autre langue en plus de l'arabe, Mr Abbas fassi, ne voit pas d'inconvenient.

 

 

 

 
 2eme épisode : en 2004, 3 ans aprés la déclaration officielle du roi du Maroc dans le discours d'Ajdir que Tamazight est une langue nationale et une civilisation qui appartient au patrimoine marocain. qui etait une déclaration trés avancé par rapport au champ politique marocain de gauche ou de droite. Mais, le leader Abbas El Fassi pense autre chose dans cette interview accordée au journal arabophone Al Ahdath Al maghribia :

 

 

le 17/11/1998 Mr Abbas El Fassi prend position, à l'occasion d'une émission sur la RTM : il déclare qu'il n'acceptera pas que l'amazighe soit intégré dans le système éducatif national.

Autres infos :

1 : http://www.amazighworld.org/news/editorials/index_show.php?article=325

2 : http://www.amazighworld.org/news/publicopinion/index_show.php?article=320

Source:  amazighworld.org
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Selon Abbass Al-Fassi: Il faudrait attendre de 10 à 20 ans pour reparler de la constitutionnalisation de l'Amazigh! 

Il doit esperer au fond de lui, qu'elle aura disparue d'ici là!!!!

 
Dimanche 4 novembre 2007

par Amanar

 

 
Bouteflika et Al Fassi : l’alliance invisible
contre l’officialisation de la langue Amazigh

Moha AREHAL

Depuis que le mouvement amazigh a repris son combat après des années de silence et d’attentisme et au temps de discussions sur une éventuelle refonte de la constitution marocaine, le chef de la junte istiqlaienne fait une nouvelle sortie pour défendre le point de vue des panarabistes pour la non-officialisation de la langue amazigh.

En fait, Abbas Al Fassi, au même nom que son ancien leader Allal, lors d’une intervention à l’occasion de l’ouverture de l’assemblée de la jeunesse du parti de l’Istiqlal, a réitéré le refus de son parti, responsable du génocide envers les combattants dans plusieurs bagnes secrets éparpillés dans le pays et en particulier celui de Tétouan, de l’officialisation de la langue amazigh dans la constitution marocaine. Monsieur le secrétaire général nous propose en alternative de la reconnaître en tant que langue Nationale.

Dans la même période, monsieur Bouteflika, président de la république de l’Algérie, à sa manière et à l’occasion de sa campagne de sensibilisation et de promotion pour la charte de conciliation a refusé catégoriquement le fait de l’officialisation de la langue Amazigh dans la constitution algérienne.

Ces deux réactions ont été exprimées par deux ténors du panarabisme nord africain, dans deux contextes différents et dans des conditions différentes propres à chacun des deux pays. Il va de soit que ces deux confirmations, du fait que ce ne sont pas des propositions ne viennent pas du vide.

Le marocain, en l’occurrence le fils du Fassi, a choisi de le dire aux jeunes du parti qui, pour leur majorité, sont amazighophones et presque tous sont des Amazigh par la terre. Alors que l’algérien, où le marocain d’Oujda, lui aussi malgré les engagements pris par son premier ministre avec les représentants du mouvement citoyen en l’occurrence l’officialisation de l’Amazigh comme langue officielle, le président déclare publiquement que c’est impossible que cela puisse se réaliser. Quelques jours plus tard c’est le ministre de l’intérieur de Monsieur Bouteflika déclare la fin du dialogue entamé par Ouyahya avec les représentants du mouvement citoyen.

Déjà en 1930, avec le Latif initié par deux éléments fondateurs de ce parti à Salé. En 1944, la plupart des signataires du manifeste de l’indépendance sont en même temps des membres du parti et les rédacteurs du manifeste ont carrément marginalisé l’identité du Maroc pour lequel, ils demandent au français son indépendance.

En 1970, les panarabistes du parti sont revenu à la charge en signant un autre manifeste demandant pur et simple d’arabiser le Maroc sous prétexte que le Maroc est un pays musulman et sa langue officielle est l’Arabe en plus qu’il appartient au monde arabe et de ce fait il ne bougera aucunement de son appartenance à la nation arabe. Ce manifeste est très intéressant du fait que le nombre de signataire et leur statut montre à quel point l’amazighité à souffert et souffrira tant que ces personnes soient encore dans des postes clés notamment la vie politique et économique, l’enseignement, l’information. L’analyse de la liste montre à ce qui veut le savoir que personne de ces personnes ne peut avoir une vision modérée et démocratique de la question identitaire au Maroc. Les signataires sont intransigeant sur leur identité qui est celle du Maroc et le confirment sans état d’âme.

En 2002, le théoricien du parti de l’Istiqlal, le dénommé Ghellab, a voulu pour la première fois que l’amazigh avait droit de cité sur les colonnes du journal panarbiste, porte-parole du parti et financé par de l’argent public du contribuable, défendre l’indéfendable en avançant que le parti de l’Istiqlal n’a jamais été amazighophobe et que la majorité de ces militants sont des amazigh nationalistes. Sur ce il avait droit à une réponse des plus justifiée faite sur les colonnes de Tawiza par M. Hassan Banhakeia.

En 2003, Abbas Al Fassi a répété, le même justificatif, lors de son entretien avec Al Ahdath Al Maghribiya. Il a, en plus, expliqué la position du parti archaïque et traditionaliste (la baise main est une obligation par exemple) relative au refus de l’officialisation de la langue Amazigh. Abbas Al Fassi se prend pour un « théoricien » ou « futuriste »; il nous conseille d’attendre 10 à 20 ans pour parler de la question de la constitutionnalisation de la langue amazigh. C’est vraiment irraisonnable qu’un homme politique qui a vécu tout le développement du pays peut penser à la même manière qu’au début du siècle quand ces camarades demandaient aux ruraux de faire la guerre et eux allaient dans des missions pour faire des études sur le dos des contribuables, grâce aux « dirhams » que collectaient les mercenaires du parti dans les montagnes et les déserts du pays en faveur de la « résistance ». Monsieur AL Fassi, ajoute que l’officialisation de l’Amazigh dans la constitution coûterai cher au pays, du fait que les documents officiels, les panneaux, les plaques et l’école doivent s’écrire en deux langues.

Monsieur Abbas Al Fassi, s’il déclare la guerre actuellement à l’officialisation de la langue amazigh si parce que c’est le seul créneau qui reste à son parti. Pendant plus de 50 ans le parti de Abbas Al Fassi voulait nous faire avaler une Histoire mensongère qui voulait que les salafistes de l’Istiqlal soient les libérateurs de ce pays et que l’identité marocaine ne peut sortir du couple islam-arabité, les militants amazigh et pendant plusieurs décennies n’ont cessé de mener un combat civilisé et raisonné sur la base des textes internationaux des droits de l’homme. L’amazighité a eu gain de cause même partiellement au niveau des organisations internationales des droits humains, au niveau de l’Organisation des Nations Unies et au niveau du pouvoir suprême du royaume.

L’Amazigh est désormais une langue, par la force de la loi, elle dispose d’une institution officielle financée par l’Etat et placée horizontalement par rapport au gouvernement dont les panarabistes ont laissé leurs pions au niveau des ministères et des directions centrales. L’Amazigh est désormais obligatoire dans l’école publique, chose catégoriquement réfutée pour les salifications de l’Istiqlal il y’a seulement quelques années.

Malgré les reproches, les remarques et les observations que nous pouvons avoir quant à cette institution et sa façon de gérer le dossier de l’enseignement de Tamazight dans l’école publique, il n’en reste pas du moins que son existence et l’enseignement de tamazight à l’école, constituent un acquis très important et plein de symbolisme face aux panarabistes qui réfutaient, il n’y a pas très longtemps, même le fait que l’Amazigh soit de cité au Maroc.

Face ces percées importantes et symboliques, la junte des panarabistes n’a plus que de crier au risque de séparatisme et de la menace de l’unité nationale contre l’officialisation de la langue Amazigh.

En Algérie, la réponse du mouvement citoyen n’a pas tardé et a été mise à l’œuvre et avec force surtout après l’appel à la grève générale en Kabylie et le boycott presque total du référendum du 29 septembre dernier. Le taux de participation dans les deux grandes villes de la Kabylie n’a pas dépassé les 2%, Bouteflika doit en tirer de bonnes conclusions.

Au contraire, au Maroc, les propos de Abbas Al Fassi et d’autre concernant l’officialisation de Tamazight n’a pas vraiment suscité de réactions comme c’était le cas dans plusieurs occasions auparavant. La première réaction est à mettre à l’honneur de l’Association de Akhiat rien n’est fait par le mouvement amazigh marocain.

La réaction de l’AMREC a amené les décideurs du parti salafiste à réagir et rectifié le tir en publiant une réponse-communiqué à la Une du journal « Al Alam » appartenant au parti. La bizarrerie dans ce communiqué c’est qu’il parle au nom du parti, mais sans signature.

A croire le communiqué, l’observateur ne peut qu’être abasourdi étant que les propos avancés font du parti de l’Istiqlal un parti amazighiste par excellence. Alors que la relecture de l’histoire de ce parti fait état d’une amazighophobie sans égale.

Si les Imazighen sont arrivées à prendre la parole et à répondre en public à toute tentative d’atteinte au combat juste et légitime, ils ont beaucoup de travail à faire pour réhabiliter notre histoire jusqu’à maintenant fausse et erronée.

Les panarabistes responsables des malheurs subis par Tamazight et Imazighen doivent être poursuivis et démasqué par les militants. Les Imazighen, désormais ne sont plus des analphabètes, l’enseignement voulu par les panarabistes pour nous faire perdre notre identité n’a fait que nous encourager à la défendre en vue de sa réhabilitation.

Le combat n’est qu’à ses débuts…

Source: http://arehal.blogspot.com/2005_11_01_archive.html
 
 
 
Samedi 3 novembre 2007

par Amanar
 

Image TAYAFUT Présente la 2ème édition Amarg à ARRAS - NORD – PAS DE CALAIS
Le dimanche 2 décembre 2007 à 13H30
Une journée de musique Amazigh pour l’un des rassemblements majeurs du
nord de la France.

L'association Tayafut veut se positionner comme un acteur important pour les musiques actuelles et traditionnelles Amazigh en France. Grâce à la fréquence de programmation et de qualité, elle rencontre un public