Je ne suis pas membre du PDAM, ni écris pour le défendre, toutefois en bon citoyen, je ne peux que me prononcer sur ce sujet
d’actualité.
A qui s’adresse le PDAM ?
Selon Adgherni, il s’agit d’un parti ouvert à tous les Marocains, abstraction faite du fait qu’ils se considèrent comme amazighs ou arabes.
Donc la question, automatiquement, pourquoi AMAZIGH ?
Selon moi, même avec les plus bonnes volontés du monde, le PDAM aura beaucoup de mal à défendre cette qualification. Car si (Amazigh) elle est le résultat
d’une longue lutte contre un pouvoir qui a toujours relégué l’amazighité, et bien elle est aussi une très bonne excuse, qui pour ce même pouvoir, aujourd’hui, toujours panarabiste, pour s’en
débarrasser, et en coup de grâce, en faisant appel à la constitution et à la démocratie. Ironique non ?
M. Benmoussa avance que cette qualification non seulement attribue un caractère discriminatoire à l’accès au membership du PDAM, mais aussi pourrait scinder, à
long terme la société en deux, un jeu très dangereux !
Pour ma part, il y a plusieurs points qui m’interpellent dans cette position :
La qualification de « amazigh » : Rappelons à notre cher ministre de l’intérieur que ce terme a été maudit et ce depuis des décennies au Maroc,
menant bien des activistes aux geôles de tazmamart ou boulmharz.
Aujourd’hui, dans le cadre d‘une ouverture sur l’amazighité, menée par notre Roi, les partis et les autres acteurs et partenaires y allant à reculons, et bien
on peut oser prononcer ce terme, sans avoir à le regretter.
Donc le qualificatif est la manifestation même de cette existence tant reniée de ces amazighs. Le fait de nommer un parti politique, amazigh, est non seulement
une geste fort, mais surtout fait que finalement cette catégorie existe politiquement ! Se revendiquant amazigh, le PD AM, pourra mieux servir l’amazighité sans
arrière pensée, comme le fond souvent des partis qui intègrent quelques petites phrases en amazighs, juste en tremplin.
Le PDAM non conforme selon M Benmoussa à l’article 4 de la loi :
« La constitution du parti dénommé "parti démocratique amazigh marocain" n'est pas conforme
aux dispositions de l'article 4 de la loi sur les partis politiques en vertu duquel est nulle et de nul effet toute constitution de parti politique fondée sur une cause ou en vue d'un objet
contraire à la Constitution ou sur une base linguistique ou ethnique, apprend-on dimanche auprès du ministère de l'Intérieur. » Source MAP.
Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer ! Car figurez-vous que c’est parce que nous sommes en démocratie, que nous n’avons pas le droit d’exister
NOUS les amazighs !!
Donc si je résume, nous ne pouvons pas exister politiquement car le qualificatif « amazigh» est non conforme à la loi, et nous ne pouvons pas exister à
travers les autres partis car ils sont PANARABISTES !! Quel dilemme !!
Quel choix a un amazigh au Maroc ?
Prétendre être arabe ou faire le mort !
« Cette non-conformité, qui réside dans son
appellation, son règlement intérieur, ainsi que dans son programme, reflète la sensibilité ethnique dans le projet politique des fondateurs du parti, ajoute la même source. »
Source MAP
La sensibilité ethnique ! C’est vrai que nous les marocains, nous avons toujours été doués en rhétorique !
Quand un parti revendique clairement son amazighité, on crie au scandale, et on a recours à notre loi pour le dissoudre et lorsque des partis prêchent
l’amazighophobie, en cachette, qu’est ce qu’on fait ?
Ce qui est curieux dans cette affaire :
C’est le fait que notre ministre aie attendu plus de 72 mois pour s’apercevoir que le PDAM n’était pas conforme à ce fameux article 4 ! C’est vrai il
vient juste de prendre ses fonctions, avec un certain M. El fassi à la tête du gouvernement ! Il n’y a pas de fumée sans feu ! Aucun doute, le Maroc avance à
reculons en démocratie !
Supposition :
Si le parti changeait de qualificatif serait-il accepter ?
Pas sûr, car ce n’est pas uniquement le qualificatif qui dérange, mais le but même de ce parti, en l’occurrence la valorisation de l’amazighité et lui octroyer
sa place dans la vie citoyenne, constitutionnelle et institutionnelle. Autant dire un cauchemar pour notre Premier ministre qui déclarait, il n’y a pas si longtemps que ça, qu’il faudrait
attendre entre dix et vingt ans pour parler de la constitutionnalisation de l’amazigh.
Donc, à quoi s’en tenir ? Comment est ce qu’un citoyen loin de tous leurs calculs idéologiques peut exister, au Maroc, pour ce qu’il est ? Comment
prétendre à une démocratie alors que la majorité du pays n’est nullement représentée ? Pourtant n’est cette majorité qui a élu, de manière directe ou indirecte, ce gouvernement ?
Serions-nous dans une nouvelle forme d’apartheid idéologique ou linguistique ? Une majorité muselée ?
Dans tous les cas, pour le marocain amazigh que je suis, je rêve d’un jour (I have a dream) ou je serai reconnu pour ce que je suis, un AMAZIGH. Sans être
assimilé à ahwach, au couscous ou à une kasbah.
Un citoyen fier, qui a toute sa place dans cette société, où il n’aura pas à devoir apprendre une autre langue, autre que celle de sa mère, pour
vivre. Les apprendre toutes les deux pour les utiliser toutes les deux, et non faire valoir une au détriment d’une autre !
Mon Maroc, tu as encore du chemin à faire, tu as encore un problème avec ta conscience ! Que Dieu bénisse le Maroc !
Amanar
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