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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 13:37

Par Amanar - Ecrire un commentaire


Célébrée le septième jour après la naissance, l'imposition du nom, siba, ou lid n warraw, renforcée par un sacrifice sanglant de bélier, izimmr, est dévolue aux paternels de l'enfant (grand-père, père, oncle). Dans le cas exceptionnel ou ces derniers sont décédés ou absents du pays, cette tache revient à la grand-mère ou la tante paternelle, lesquelles ne peuvent néanmoins sacrifier, la mise à mort d'animal étant une affaire exclusive d'hommes. Tôt le matin, le nomminateur souffle le prénom de l'enfant, tire au sort`', à l'oreille droite de l’animal avant de l'égorger.


Ce même jour, la parturiente qui a, jusque-là baigné dans une maternité totale, réintègre la communauté villageoise par un bain. Cette purification se fait sur deux plans : effectif (extérieur) et symbolique (intérieur). Elle change son drape, sa robe longue, taqs'abt, son pantalon, ssrwal, ses souliers à contrefort, idukan (où  elle a déposé du sel), contre des vêtements propres, neufs le plus souvent. Elle porte de longues chaussettes de laine aux couleurs vives, une ceinture autour des abdominaux et, à son cou, la piécette d'argent, talgdt n qqurt, ainsi que le nouet du jour de l'accouchement. Les yeux fardes à l’antimoine, elle est prête à conquérir son statut de mère. Au puits ou a la source du village, elle va puiser -  porter la jarre [pleine] redresse le dos [la colonne vertébrale] » : ad ttarm ad as yadd ukruml° . Sur son passage, elle est saluée et félicitée par les gens du village. La marge dissoute, la parturiente perd son titre de tinrbit.


Quant à la purification symbolique, elle se fait après le dépeçage de l'animal. A la rigole ou à la source la plus proche, la mère emporte les intestins, ilawan, de l'animal qu'elle purge à grande eau, de la même façon qu'elle souhaiterait être débarrassée des humeurs de l'accouchement. En effet, c'est dans l’«outre inferieure » que les Ist lartini fixent le siège de la conception de l’enfant. Peau entière de bouc ou de chèvre, non cousue, rouge conserve les liquides frais ; le même terme s'applique au placenta et à la cavité amniotique, ist mas, « le vaste monde » clos et humide.


La dation du nom est importante, aussi la présence du père est-elle souhaitable car il est tenu de sacrifier, de recevoir les invites et d'inviter les clercs à partager un ragout, composé de chair fraiche du sacrifice et de légumes. Tandis que « la tête de la victime est proscrite à la femme enceinte ou allaitante car l'enfant serait idiot » aglial ur at akkan mddn i tritart afku ih tUa aglIal ar ittili uhlu4 drri -, le lobule ou foie, adad n tasa, est au contraire réputé pour ses bienfaits. On se souvient que foie est le siège affectif, qu'a lui le foetus demande pardon avant de quitter les eaux primordiales, qu'enfin il rompra le jeûne rituel de « ceux qui sont soucieux de l'Ordre ». Son rôle dans l’échange des sentiments structure et affermit la piété des hommes au regard de la divinité (par le biais de la victime ibrahimienne) et la tendresse réciproque de la mère et l'enfant.


Les hommes quittent la table en formulant des vœux de santé au foyer. Alors la mère lance à voix haute une invitation à l'adresse des femmes du village. Repas cérémonial, analogue pour les femmes, qui dure une partie de l’après-midi car chacune, souvent accompagnée de ses enfants, doit manger et boire puis céder la place au flux ininterrompu des invités, non admis à voir l'enfant resté sous la garde vigilante de ses grands-mères. La parturiente reçoit d'ailleurs les cadeaux sur seuil de ses appartements, la porte à peine entr'ouverte. II s'agit essentiellement orge qu'elle déposé la. Résultat d'un long processus technique, l’orge joue, depuis son entretien jusqu'a sa maturité et sa cuisson, un rôle essentiel dans l'organisation sociale.


Aliment de base de bon augure, bien le plus précieux, fruit sacré de la terre et du labeur des hommes, sa circulation se fait à travers toute pratique rituelle et la seule vue de la cuisson publique de la bouillie d'orge est signe qu'une opération sacrificielle est en cours. Offrir, recevoir et partager forge opère un lien de dépendance formel l’égard d'autrui, y compris des saints et des génies. En renouvelant ce lien, le grain d'orge assure et réunit tous les espoirs des I. Martini qui ne le vendent pour ainsi dire jamais.


Pour motiver les filles nubiles à chanter, on dit que le chant, qui se poursuit jusqu'à l’aube, « ouvre les oreilles de l’enfant » : ad rzymn imzzag i warraw.


Source: Le soleil, la lune et la fiancée végétale.  Par Narjys Alaoui.

Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 12:23

Par Amanar - Ecrire un commentaire


Au troisième jour, la parturiente fait ses ablutions, change ses vêtements, se barbouille le corps de henné et prépare une bouillie d'orge aux enfants du village.

Une ainée, de préférence une sœur ou une proche parente du nouveau-né, le porte dans la poche dorsale de son drape et traverse en courant la chambre à coucher d'une extrémité longitudinale à l'autre. Sur le sol, elle verse les amandes et les dattes offertes par la parturiente et invite les enfants à se servir. Ce rite, exécuté par des enfants de deux à six ans, a pour objectif symbolique le développement rapide de l'enfant, qui atteindra sans complication rage des exécutants.


Enfin la parturiente enduit de henné la chevelure des garçons et le visage des fillettes, et remet aux enfants de ses maternels, ayt mas, un carré d'étoffe blanche, qu'ils emportent sur l’aire de battage et le percent en son centre à coups de pierres. Cette étoffe non cousue, non touchée par un instrument tranchant, constitue le premier vêtement du nourrisson, qu'il gardera jusqu'au lendemain, jour où il sera emmailloté de langes, tinsraf, de couleur blanche, et habillé d'un tricot et d'un bonnet à pompons, de couleur, aquddam, confectionné par sa grand-mère paternelle. La perforation de ce premier vêtement imiterait le passage de l'enfant au statut des lapideurs. Passer au travers de l’étoffe équivaudrait à atteindre symboliquement leur âge, en abolissant la marge qui le séparait de ses ainés.


Ce rite à valeur d'agrégation dans le nouveau groupe. L'enfant pénètre en quelque sorte dans le groupe des lapideurs, ou plus précisément ce sont ses aines qui l'acceptent parmi eux.

Source: Le soleil, la lune et la fiancée végétale.  Par Narjys Alaoui.

Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 12:19

Par Amanar - Ecrire un commentaire


Délier l'enfant de sa mère est une tache rituelle assignée - à la grand-mère paternelle, coupe le cordon, azur n ubud, et panse la blessure à l'aide d'une mixture de faire d'antimoine, de beurre frais, tudit, et de quelques gouttes d'huile d'olive. Par l'enfant intègre immédiatement ses paternels. Si la grand-mère était absente ou décédée, la tante paternelle ou une proche voisine - une marraine, nanna -, remplit cette fonction. Lorsque le cordon sec tombe, il est alors cache entre les poutres du plafond, afin, dit-on, que le chat (rare dans la région) ne le mange pas. Symbole du lien de la mère et l'enfant, le cordon ombilical ne quitte pas le lieu de la conception.

 

Source: Le soleil, la lune et la fiancée végétale.  Par Narjys Alaoui.

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