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Jeudi 7 mai 2009

Par Amanar - Ecrire un commentaire

Conte de hmouUnamir

Le conte de Hmou Unamir , présente plusieurs versions, comme la plupart des contes, une  des trois caractéristiques du conte en général.

Ces trois caractéristiques se présentent comme suit:

1- L'Oralité: le conte appartient au patrimoine oral (avant d’être, éventuellement, écrit).

Si la faculté principale qui caractéristique l’homme par rapport aux autres espèces est la parole, c’est que beaucoup plus que les autres il a toujours prouvé un besoin cruciale d’échanger, de  tisser des liens sociaux qui lui seront d’ailleurs salutaires dans un monde hostile et sauvage. Un monde ou seule la force brute règne et conditionne la survie et s'étend jusqu’à la subsistance de l’espèce même.

Au sein de  sa société, depuis la nuit des temps, l’homme, à défaut de savoir capturer les mots, de les emprisonner sur les rochers, à l’abri de l’oubli et de la mort, a fait appel à ce dont il est doué par nature, sa mémoire.

C’est ainsi qu’il a transmis, génération après génération, tout le savoir-faire d’un quotidien, répertorié par catégories sociales : Les chasseurs connaissent les anciennes techniques et à leur tour les feront évoluer tout en prenant soin de les transmettre aux futures générations, il en est de même pour les pécheurs, les paysans, les femmes etc.…

Au fil des siècles, toute cette richesse constituera un patrimoine oral d’une richesse inestimable. Un patrimoine fragile qui n’est pas à l’abri de la faiblesse de ses dépositaires. A la mort de chaque individu du groupe, c’est une partie de cette richesse qui disparait, d’autant plus qu’au sein des sociétés traditionnelles, le domaine de diffusion de la connaissance demeure très limité, dépourvu de moyen de transcription telle l’écriture, de structure de relai à l’instar de l’école, le savoir reste plus prés de l’oubli que de la préservation.

     

2- La fixité relative: C'est le fait qu'un conte se retrouve adapté d'une région à une autre.

Car bien que le  schéma actantiel majeur demeure intact, certains détails mineurs  sont  altérés et donc donnent naissance à une variante.

Rappelons que le conte fait appel à la mémoire et à l’habilité du conteur, à sa manière de le remettre en scène, à faire voyager son audience. C’est à ce niveau que se distingue un bon conteur d’un simple conteur. D’autant plus qu’un conteur avec une faible mémoire omet bien des détails et donc participe, activement, à la fois la perdition d’un conte dit originale, mais surtout  à la naissance d’une variante. Cette dernière bien que locale, dans un premier temps, acquiert toute sa reconnaissance et sa place avec le temps. De conteur en conteur, d’audience en audience, elle s’impose comme variante mais sans pour autant passer pour une grotesque copie de l’original. La diffusion se fera, par les caravanes, par les voyageurs, les pèlerins, les marins, les commerçants, ces gens qui relient tout bout de terre à d’autres horizons, et qui à leur tour raconteront cette version, au risque, à nouveau, de donner naissance à une nouvelle version, et l’histoire se répète au point de ne plus savoir qui de la poule ou de l'oeuf était le premier!


3- Récit d'une fiction: Le conte est un récit imaginaire, qui appartient à la mémoire collective.


Quant aux versions qu'on retrouve de Hmou Unamir, on peut en citer trois en nous appuyant sur un seul détail qui change, ou plutôt un seul personnage:

Dans la version supposée, "originale", l'action se présente comme suit:

Tanirt, ange en amazigh, émet comme condition de mariage, que Hmou Unamir lui construise une maison donc l’accès s’ouvrirait sur sept portes. L’une sur l’autre, de sorte à ne pas pouvoir accéder à la seconde pièce sans passer par la première.

Cette caractéristique représente à la fois le défi, caractéristique principale du conte, mais aussi incarne l’inaccessibilité du personnage en soi, l’inaccessibilité de l’ange, et sept représente le septième ciel.

Une fois le vœu exaucé, Tanirt y habite pendant un certain temps. Toutefois malgré les précautions  la mère de Hmou Unamir, qui ignorait l'existence de tanirt, va soit s'en rendre compte, soit être informée.

 C'est là le détail pertinent de plusieurs versions:

1- Lqendil:

Cette version rapporte que Hmou Unamir et Tanirt, pour éviter de se faire remarquer, mange dans un même coté du plat de nourriture. De sorte à feindre qu'une seule personne a mangé du plat.

Un jour, lqendil à cours d'huile s'éteint, et Hmou Unamir et Tanirt, laisse la trace que deux personnes ont mangé du plat, ce qui confirme les soupçons de la mère, qui par suite s'attaquera à Tanirte.

2- Le diable:

Cette version est celle chantée par Wahrouch, on peut comprendre une influence de la part de la religion.

Dans cette version le diable se métamorphose en humain et informe la mère de l'existence de Tanirte.

3- Hasard:

La troisième version rapporte que Hmou Unamir avait l'habitude de garder le trousseau de clé avec lui, un jour en partant à la chasse, il l'oublia, et sa mère le trouva et ouvra toutes les portes une après une, pour tomber sur Tanirte.

Ce sont les trois versions que je connais, mais il y en a sûrement d'autres!

Le conte de HmouUnamir présente des caractéristiques très intéressantes, qui le situe parmi le répertoire mondial des contes, tout en lui donnant une place assez honorable.

Le Héros:

Si tout conte a forcément besoin d'un Héros, Hmou s'accapare cette tache qu'il remplit à merveille, n'hésitant pas à consacrer plus de trente-cinq ans de sa vie à la recherche de son amour. Il n'hésitera encore moins à défier les cieux, et les traverser à l'aide d'Igider, bien que sa fin soit tragique, ce héros représente la quête pour l'amour, au-delà de tout obstacle, puisse-t-il paraître impossible.

Le personnage merveilleux:

Si l'on est accoutumé à rencontrer au sein des contes français des personnages défiant toute nature, dont à la fois la force, les pouvoirs magique, sortent de l'imaginaire, à l'instar des Fées, des Nymphes, des Nains, des Gnomes, des Dragons, des Géants, des Lutins, des Sirènes (etc..); et bien le conte ne manque pas non plus d'originalité. Celui de HmouUnamir, nous présente, Tanirt, un ange, tant par la beauté que par nature, elle descend du septième ciel pour subtiliser le cœur de HmouUnamir, et s'envoler au-delà des cieux, aux frontières des mondes.

Tanirt, l'ange, est une influence de la religion islamique, qui fait d'ailleurs de la croyance aux anges entre autres, un élément primordiale et un de ses percepts. Donc nous pouvons très bien imaginer son influence sur la mémoire collective, au point d'y frayer un chemin pour se graver au sein de ses contes.

Tanirt, est le seul personnage merveilleux du conte, bien qu'elle ne fasse pas usage de ses pouvoirs, si l'on suppose

Qu’elle en possède ? Elle démontre sa particularité, non seulement en pouvant parcourir les cieux, chose pas très gratifiant sachant qu'on parle d'un ange, mais surtout elle se métamorphose en pigeon, peut être est ce là un réel aperçu de sa particularité?

Métamorphose:

Si les contes français ne tarissent pas sur les métamorphoses, surtout si l'on se réfère à Mme d'Aulnoy, qui nous présente un éventail de personnages, qui sortent d'un temps autre que le sien, voire d'un monde autre que le nôtre. nous citerons, le Nain jaune, Babiole, Le mouton etc..

Pour Tanirt, son unique transformation consiste à se métamorphoser en pigeon pour pouvoir accéder au septième ciel, chose assez bizarre, dans la mesure où Tanirt est supposé être un Ange, donc de facto peut voler!

Les animaux qui parlent:

Avant de d'aborder ce thème, rappelons que les amazighs ont une croyance très primitive, qui remonte aux religions animistes et panthéistes, à savoir qu'ils croyaient qu'à un moment de l'histoire, il y a bien longtemps de cela, les créatures parlaient, toutes les créatures, les animaux, les pierres, les arbres, les insectes etc..

On retrouve donc tant dans le conte amazigh, que dans bien d'autres répertoires ces animaux qui parlent, nous pouvons en illustrer trois exemples de trois cultures différentes bien que rapprochées, sans nier une éventuelle influence l'une sur l'autre:

1-Les contes amazighs: Nous retrouvons surtout les contes de 3ami Boumhend, cet animal doué d'une intelligence et qui a travers ses péripéties parvient à berner ses opposants, à la fois entre l'hilarité et le sérieux de la morale, le conte amazigh dévoile tout un éventail de contes, donc les heros-animaux s'alternent au plaisir de l'auditeur.

2- Les contes arabes:

Le livre de Kalîla wa Dimna, nommé également Fables de Bidpaï, est une compilation de fables indiennes traduites en arabe par Ibn al-Muqaffa' vers 750. Destiné à l'éducation morale des princes, ce recueil a pour héros deux chacals nommés Kalîla et Dimna.

Le premier manuscrit (arabe 3465), probablement copié en Syrie vers 1220, est caractéristique de la période classique tandis que le second (arabe 3467) est exécuté vers 1350 sous les Mamelouks.

"Kalila wa Dimna" présente un éventail de contes orchestrés par des animaux, avoir un but avéré, qui non seulement s'étend à la morale, mais surtout à la politique.

3- Les Fables de La fontaine:

C'est en 1668, le 31 mars que Jean de la Fontaine fait paraître son premier ouvrage : « Les Fables Choisies ». Ce recueil contient 124 fables réparties en 6 livres. Dédié au Dauphin, il obtient un succès éclatant. Jean de la Fontaine est alors âgé de 47 ans !

Il publiera ensuite régulièrement de nouvelles fables jusqu'à l'age de 72 ans. Son dernier recueil paraît en 1693, le 1er septembre. Il reprend des publications antérieures et dix fables inédites.

Les fables de La fontaine, présente des fables, qui relatent des histoires d'animaux qui, tout comme Kalila wa Dimna, dont La fontaine se serait inspiré, passe de la morale au politique.

Quant à HmouUnamir, le conte présente deux animaux qui doués de parole, il s'agit du fidèle destrier de HmouUnamir , son cheval, et de Igider, qui tout comme son cheval le portera au septième ciel.

Par Abdellah CHAMOU.


UMIYEN N HÊMMU U NAMIR



Ikka tin yadli yan umêhdâr îhrurden d ifulkin bahra, iga yan gh dar mas. Zegh lligh immut babas yifel tid, ar fellas ttazzal. Temmagh fad ad inker tankera ifulkin. Kra yera yufat, af ad igh imeqqur ad fellas yasi tammara n uzemz, ghikelli s ten ikka babas ar t iskar. Tawit ad ittelmad dar ttâlb gh tmezgida. Igan hêmmu u Namir tuggas, kra yas yura ttâlb îhsut... Ur ikki yat ayelligh yuf imêdârn lli d illa. Iga hêmmu aàzri f tella tisent, yiri t wul, s ufulki lli gis illan. Tiàyyalin akw n usun ur igi awal nsent amer nettan, ku yat gisent tiri a tt yili. Mac ur jju d nettan ad isaweln s kra n yat gisent.


Yan was gh ussan, ar isêhssu ttâlb imêhdârn, yan s yan, aylligh telkem twala hêmmu. Immattid s tama nnes, imel asen udem n tallûht s ufus afasi, ar îhssu... imik s en îzra ttâlb lhênna gh ufus nnes âzelmad. Yamêz dars ttâlb tallûht isdu ten d ughrab, yiri gis ad as imel ifassen nnes s ssin. Lligh as tnin ifser hêmmu, yaf tnin kwlan s lhênna, isaqsa t ttâlb: «max ad teghwmit ifassen nnek s lhênna? Is tgit taàyyalt neghd tameghart ? nettenti ka ad ighwmmun lhênna ? » Irard fellas hêmmu s tghawla: «Ur ssengh a sidi, ad ed ukan nkergh zik, afegh d ifassen inu ighwma yyi ten kra! ». Ur ifels ttâlb s wawal nnes, yakwi d fellas s ukuray d tâzît, azekka dagh ghikan.
S tugget n ukuray d ughruc, ur sul îzdâr hêmmu ad izzigiz, ayelligh akw ihâca ixef nnes ula timzgida. Iggal as hêmmu am k issen mad as iskarn ghikan. Yamêz ttâlb ifassen n hêmmu ifser ten, ar ismuqqul gh ukwlan n lhênna lli yas ghwman...! yafen gh dar ixef nnes mas ur gin ikwelan ad win ufgan. Inna ttâlb i hêmmu: «Ighzân wawal nnek a hemmu, surf iyyi f mad ak skergh ! » Yini yas ilma: «Îd ad yuckan, asi d tisegnit d ifalan ukan tawezt, tdûfet ar d ggezent tinirin gh igenwan kcemend fellak, tizi nna yak ghwemmunt lhênna, teskert zund is tegent, ar tegnnut tumelsa nnek d tin nnesnt. »

Îd lli, iqend hêmmu ahânu nnes, isker ayelli yas inna ttâlb. Tuzûmt n yîd, had smmust tinirin kcemend fellas gh telkuwt . SSutlent as, sersen d lhênna ar as ghwemmunt izwirent s ufus âzelmad. Ur ikki amer imik s d ikwti awal n ttâlb, yasi d tisegnit s ufus afasi ar ignnu ihdumen nnes d win sent yat s yat. Lligh ar ed ittefaw uzemz, smedent tinirin tighemi n lhênna i hêmmu, irint ad urrint s igenwan, rzêment i ifrawen nnesent ad ayyelent , tanna ukan ismassen ifrawen s igh tesyafa is as tteghint temlsa d tin hêmmu. Ar fellas semummuyent yat s yat, tana mu ukan irzêm, s igh fellas tesmummi tayyâd, ar tad igguran yini yas : « kemmi ur ad am rzêmgh, righ ad didi tilit ad tegt tamghart inu ». Ur as tri tanirt lli ayelligh tsers tiwetlin gh yega ad as isku tigemmi nnes, îzli d mas, msasan f uneck an. Zegh ass an ad ibbi hêmmu f temzgida, ibkes tuggas nnes ar ittazal f takat. Isku yas tigemmi en illan gh sat tdiliwin, ar iskar s ayen tenna. Isgh yan wayyis ma sa ittmuddu.


Zrin sin iseggwasen, tannirt lli ar ttaru, yummer hemmu urt yumi wakal. Yat tedgwat tetter as ad as d yawi tifeyyi n udâr ameggaru n uzênkêd acku ira yas tt lxa‚er nes. Azekka yan sul, inker hêmmu zik, irgelen fellas ahânu iffren tasarut gh tagrurt. Ihîyl i wayyis nnes, iddu s tengwmert. Ikken gh umuddu nnes azemz lli s bedda tqqel mas, tiri ad gis tissan mad fellas iffer iwis. Tenker ar telli tafen ahânu irgel, tek kullu tigemmi aylligh tufa tasarut gh usdes n wayyis. Tenker tnurzêm ahânu tekcemn f temghart n iwis. Takwin fellas s tâzît‚ ayelligh as ed ukin imettâwen. Tessen ghilad isd nettat a tt isengaran d iwis. Teqend fellas tiflut, tfel ten ar talla.

Llighd yudâ hêmmu gh tengwmert yawid dis menaw izênkâd, ghir irzêm tagurt n uhânu lli irgel, yafen tamghart nes ar tesmittîw. Izêr at ukan temda s tugget n imettâwen lli tssengi, dêrn waman gh ifadden nnes, isaweld inna yas : « ma kem yaghn lligh a tallat, ayelligh tsengit imettâwen. », tales as kullu mad as tesker mas s tâzît aylligh as teshâca tudert, tzayd gh wawal nnes tinni yas : « ghilad a hêmmu ur tghamat gh wawal lli nqen nger atengh, mac ur sul gik righ ay argaz inu amer ad iyyi terzêmt talkuwt n uhânu ad en gis zêrgh igenna .» Ur iri hêmmu ad ismed i tanirt nnes tagûdi f tayyâd, isker ghaylli s as tenna. Yâmz as afus nes imun dis ad en tagw gh telkuwt. ghir yut ttid uzuzwu n berra, teldi gis afus nnes tayel s ignna, ur as d tfel abla yat talxatemt gh ufus...

 

 
 

Tiwen tanirt i igenwan, tfeld hêmmu ar issa tagûdi n tayri d umarg nnes. Inxel mas ur a sis isawal, ur sul iri ad icc ula ad isu. Ighama hêmmu ghikan aseggwas d mennaw yirn aylligh imda, tamum tdusi nnes. Yafen gh dar ixef nes is rad tt ur isselkem mayan i man. Iqqan ad îzer tagharst yâden mad tt isselkamen i tayri nnes gh wis sa igenwan. Inker ed yan wass, ihîyyel s umuddu, igher i mas, issuden as ixef nnes, yini yas :
« Rad muddugh a yim ad afegh tamghart inu, ur ssengh is rad sul urrigh neghd uhu ! ghilad ur gim righ amer ad yyi tsuref gh kra yyid izzan». Issudu hêmmu ayyis nnes yifk i tmizar, ar ittluluy sellagh issen mani ira.

Zrin mennaw yirn, ikka gisen izagharn ikk idrarn. Inna ilkem, ar gis isaqsa manigh rad yaf mat isaqlayn s wis sa igenwan. Yan wass ilkemen yat tmazirt, yaf en yan urgaz iwsseren, isaweld inna i hêmmu « Awek d yan ur îzdâr ak isselkem i wis sa igenwan amer yan igider , izdegh gh yan udrar bahra ya ggugen». Îdfer hêmmu agharas lli yas imla urgaz lli. S tugt n umarg n temghart nnes, ar izzigiz adân d izaliwn ayelligh ilkem adrar an. Yaf tin yattuy bahra, ur îzdâr ad sis ighwli.

Irmi hêmmu, iggez ed f wayyis, iskus ad iswunfu ddaw udrar lli, ar iswingim s man tagharast as îzdâr ad issakwez ixef nnes i igider, igh ittyafa ad dars iggiz nettan. Ar ittirir kra n iwaliwn hênnanin. Ur ikki yat ayelligh sellan tarwa n igider i tiyt nnes, isawel yan gisen s babas inna yas «bab asi ifer f imezgan nek ad tesllat i kra n yan ar fellak ittirir gh ddu udrar ad gh nella».

Inker igider yuten s yan ukuray ilûh tend i udrar. Lligh zrin krâd ussan, igider yagh t umarg n tarwa nnes, yayel iggiz ed d udrar ar ten isiggil. Yafen hêmmu ar as en ukan yakka ad ccin, isala ten krâd ussan ayad, isawel sers igider inna yas : « Mlad ur izwar ufulki nnek winu, rad k gegh d idammen d ixsan, ma kid yiwin s ghid ? mad tsiggilt ? ». Isawel Unamir inna yas :« Righ gh dark d dar rebbi ad yyi tsselkemt i tanirt inu gh wis sa igenwan acku tayri d umarg nnes jdern ul inw». Ibbi hêmmu tasa n igider, yini yas ed :
« Rad k awigh, mac righ gik ad iyyi d zwar tawit sa igezman n tefyyi d sat tegmamin n ughanim ttekarnin s idamen ad gisn cettagh ar ssagh ar wis sa igenwan». Ibid hêmmu ar iswingim gh wawal n igider, ar ismuqul gh wayyis nnes. Ur en îzri amer ad as ighers nettan nit. Yukez wayyis aswingem n bab nnes, izzewur yini yas ed:« ghers yyi a bab inu, fekigh ak ixef inu». Ighers i wayyis, imettâwen gh walen nes, isker ghaylli sas inna igider.

Lligh telkem tizi n umuddu, yasi d hêmmu tiremt n igider, yilin fellas ghwlin d igenwan. Ad ukan lkemen yan ignna, ifek as hêmmu yan ugzzum n tefyyi d yat tegmamt ughanim n idamen. ghikan ayelligh lkemen wi sa igenwan, lligh ira hêmmu ad as ifek agzzum lli igguran idêr as ed ; ur sul dars mad as yakka. Ibbi d yan n ugzzum n tfeyyi gh ufus nes. Llight icca igider yaf ten tga tin ufgan. Ar ittini d ixef nes isd ad as rzêmgh ad ig tisint d waman ur ta ilkem akal s llighd ikwti afulki lli isker gh tarwa nnes. Izayd igider ar ittaylal ayelligh t isselkem i wis sa igenwan, iserst gh iggi n ughbalu n tiwiwin yurri d nettan.

Ibid hêmmu ilûh îzri, ar ismuqul ayelli jju ur îzri gh waddagn d tezegzut. Icc ayelli mu îzdâr n ugumu, isu aman, ighli s iggi n yan waddag iffer gis idûf tiwiwin llin ittagmen aman. Ikka ukan imik s en îzra yat twayya ar tetkur abuqal s waman gh tama n ughbalu . Iggiz ed hêmmu isawl dids, issen is ed tanirt ad igan lallas. Ur tessin twayya lli ayelligh as n ilûh talxatemt gh ubuqal. Lligh rad dids ingara, inna yas : « awi abuqal ad ar tigmmi, tffit gis aman ar den gis yagur ma idrusn, tefk t gis i lallam ad tsu ». Teddu twayya tesker ayelli sas inna hêmmu, ghiklli têzra tanirt talxatemt gh waman takwez tt ; tssen is ed argaz nnes as tid ilkemen. Teddu tini i twayya ad tid tssentel ar kigh tid tsekcem i tgemmi sellagh t îzra yan. Tesker twayya ayelli sas tenna lallas, tawi taserdunt, teg as ed ikeccudên, teg d hêmmu ddaw nnesen, tsekcem t ar agunes n tgemmi, tgher i lallas. Inmigar hêmmu d tanirt, ar temsudunen. Imik had yan wazzan mezzîn ar en ittazal isaqsa mas mad yeg urgaz an tt ikw ebbelen. Nettan ad as ed iruren : « Nekkin ad yegan babak, a yiwi ». Ggawern, ar sawalen, tini yas tanirt mas tummer f umuddu yad isker, tsker s ayelli yera, tsres as ed ayelli yera, mac tagara, tenna yas mas ed yeqqan ad as ifek awal ur saren ittagwa ddaw ûzru illan gh tghemmirt n tgemmi, acku yugguwan s wakal.

Zrin ussan d yirn d isggwasen, ittu gisen hêmmu ixef nnes ittu akal d mad gisen. Ya wass, yûden hêmmu, yagwi ad icc, yagwi ad isu, ur issen mad t yaghen. Imik s ed ikwti mas lli tid issenkern, ikwtid ula tammara lli fellas tut ayelligh iga argaz. Yiri ad issen is sul tdder neghd is temmut ? S llighd tdêr gh ixef nnes tâzrut lli f as tsawl temghart nnes. Ibid ar iswingim, isd ad ighama f wawal lli yas ifka, ighama gh tgûdi d umarg n mas, neghd ad t îrz .
Ur ikki yat, isker icenbi lli, yasi tâzrut, ar en ittagga s wakal. Yannin mas, gh tuzûmt n usarag, tûmz ukan izimr ar tqqel s mad as as iqqersen. Issen hêmmu is ed ass n tefaska ad ilekmen. Ur issen mar ad isker, tagara ilûh ed ixef nnes, iseghuyyid : « Hayyin darm a yim, ur kem dari izwar yan!...Ifk ed hêmmu i yigenwan, ar sers kkaten ijawwan aylligh kullu tenhattaf tixsi nnes, tefsi zund aman. Ur ed gis ighama amer yat temqqit n idamen, nettat ad ilkmen akal, tdêr ed f umgêrd n izimmer lli tûmz mas, tghers as.


Par Tanirt sur : http://art-amazigh.discutforum.com/

HEMMU U NAMIR

Il était une fois un jeune garçon beau et intelligent, qui s’appelait Hêmmu u Namir. Il avait perdu son père très jeune, sa mère s’occupait de lui et faisait tout pour le rendre heureux. Elle voyait en lui l’image de son défunt père. Il était d’une beauté incomparable, qui le rendait irrésistible aux yeux de toutes les jeunes filles du village.


Il fréquentait l’école coranique dès son plus jeune âge, et apprit le livre saint avec une aisance et une rapidité extraordinaires. Le fqqih lui prévoyait un avenir prospère.
Les années s’écoulèrent et le jeune garçon devint un homme beau et fort. Toutes les jeunes filles l’approchaient, ne serait ce que pour obtenir de lui quelques mots aimables. Elles rêvaient toutes d’être son épouse.

Hêmmu u Namir s’était entouré d’un grand mystère, qu’il gardait secret. Il se réveillait chaque matin les mains ornées de henné. Il évitait son maître par crainte qu’il ne découvrît son secret.

Comme chaque soir, avant de quitter l’école, Hêmmu u Namir revoyait ses récitations ; ce soir là ce qu’il craignait tant arriva : le fqqih aperçut ses mains ornées de henné. Il lui dit : " Montre tes mains ! Comment oses-tu faire cela ? Tu n’es pas une fille ou une femme, je suppose ".

Hêmmu u Namir essaya d’expliquer en vain ce mystère à son maître, celui-ci était déçu de voir son meilleur élève lui faire une telle offense. Le fqqih fixa longuement les dessins et se livra à une profonde réflexion. Il réalisa alors que ces ornements ne pouvaient être l’œuvre d’un être humain, mais celle d’une houri. Il présenta ses excuses à son élève et lui dit : " La nuit reste éveillé, prend avec toi une aiguille et du fil. Quand les houris viendront, tu commenceras à coudre en faisant semblant de dormir ".

Le jeune homme s’enferma dans sa chambre et suivit les conseils de son maître. A une heure tardive de la nuit, les houris firent leur apparition et comme à leur habitude, elles commencèrent à orner les mains de Hêmmu u Namir.
A l’aube, les houris décidèrent de regagner le septième ciel quand elles réalisèrent qu’elles étaient prises au piège. Chacune essaya de convaincre Hêmmu u Namir de la libérer. Parmi elles, une très belle houri attira son attention. Il décida de libérer les quatre autres et de ne garder qu’elle.

Hêmmu u Namir tomba fou amoureux de la houri et finit par l’épouser. Elle ne lui demanda qu’une faveur : lui construire un palais où elle puisse vivre en paix sans jamais être dérangée.
Les années s’écoulèrent et la houri tomba enceinte. Mais elle mourait d’ennui seule dans ce palais ; un jour elle dit à Hêmmu u Namir : " Je suis lasse de t’attendre ici toute la journée pendant que tu es ailleurs. J’aimerai bien voir le ciel à travers la lucarne ".

Ne supportant plus de faire souffrir davantage son épouse, Hêmmu u Namir exauça son vœu et ouvra la lucarne. Mais aussitôt qu’elle vit le ciel, elle s’envola et laissa à son cher époux que son alliance.

Les jours, les semaines, les mois s’écoulèrent. Hêmmu u Namir finit par comprendre le chagrin de sa femme ; il comprit que sa mère en était l’origine. Il découvrit que sa mère avait réussi à pénétrer dans le palais, et qu’elle s’en était prise à sa chère épouse en la traitant de tous les noms. Hêmmu u Namir souffrait terriblement, son état s’aggravait de jour en jour, il perdait l’appétit et était devenu très chétif. Il finit par plonger dans un profond mutisme.

Un jour il décida de partir en voyage, il salua chaleureusement sa mère et sella son cheval. Il parcourut les plaines et les montagnes. Fatigué, il s’arrêta dans un village où il rencontra un vieil homme d’une grande sagesse. Hêmmu u Namir lui raconta son histoire. Le vieil homme lui parla d’une mystérieuse montagne, qu’il lui indiqua. Il lui dit : " Mon fils, au sommet de cette montagne tu trouveras un aigle. Il peut t’emmener au septième ciel, pourvu que tu te soumettes à ses exigences ". Hêmmu u Namir remonta sur son cheval et se dirigea vers cette fameuse montagne.

Arrivé à cette montagne, son cœur battait très fort, des frissons le gagnaient, des larmes coulaient sur son visage : il se rappela sa chère épouse.

Las de parcourir les plaines et les montagnes, Hêmmu u Namir décida de se reposer quelques instants pour reprendre des forces. Il se mit à chanter.

Des aiglons dans leur nid l’entendirent, au sommet de la montagne. Il avertirent leur père, le vieil aigle, qui ne leur prêta aucune attention. Les petits insistèrent, ce qui fâcha le vieil aigle. Pour leur donner une bonne leçon, d’un coup de bec il les jeta tous hors du nid. Hêmmu u Namir recueillit les petits aiglons, les nourrit et les protégea contre le froid et les autres prédateurs.
Trois jours s’étaient écoulés et les aiglons commençaient à manquer à leur père. Il décida d’aller les chercher au pied de la falaise. Il découvrit un homme, qui était en train de s’occuper de ses petits. L’aigle descendit chez Hêmmu u Namir, et lui dit :

- Tu as bien fait de nourrir mes petits, sans quoi je ne te laisserai pas en vie. Dis-moi ce qui t’amène ici ?
- Je te supplie, dit Hêmmu, tu es le seul être qui puisse m’emmener voir ma houri au septième ciel.
- Je veux bien exaucer ton vœu, mais j’ai besoin de toutes mes forces pour arriver au septième ciel. Il me faut sept morceaux de viande et sept bouts de roseaux remplis de sang.
Hêmmu u Namir plongea dans ses pensées, les yeux fixés sur son cheval, son fidèle compagnon. Ce dernier devina les pensées de son maître et accepta d’être sacrifié.

Le jour fixé arriva, Hêmmu prit les commissions comme convenu. L’aigle parcourut le ciel de son regard et trouva que c’était un jour propice pour l’envol. Par imprudence, Hêmmu perdit un morceau de viande, alors il en coupa un autre de sa hanche et le donna à l’aigle. Ce dernier sentit aussitôt que c’était de la chaire humaine, il voulut lâcher Hêmmu u Namir dans les airs lorsqu’il se rappela ce qu’il avait fait pour ses petits.

En arrivant au septième ciel, Hêmmu u Namir retrouva le sourire. Debout à côté de la source où les servantes venaient chercher de l’eau, il observait le paysage paradisiaque. Pour mieux l’admirer, il monta dans un arbre. Aussitôt installé sur une branche, une servante vint remplir sa cruche d’eau. Elle vit le reflet de Hêmmu u Namir dans l’eau. Elle l’observait et se rappela la description de cet homme faite par sa maîtresse. Hêmmu u Namir descendit de l’arbre et engagea la conversation avec la servante. Il laissa tomber sa bague dans la cruche d’eau et lui dit : " Vous versez de l’eau jusqu’il en reste un peu dans la cruche et vous le donnerez à boire à votre maîtresse ".

La servante exécuta l’ordre du jeune homme. La houri vit son alliance et la reconnut aussitôt. Elle a trouva une ruse pour faire entrer son époux dans le palais des houris. La servante mit Hêmmu u Namir dans un fagot en bois et le transporta sur le dos d’une jument vers le palais.

Hêmmu u Namir sortit de sa cachette et retrouva à nouveau sa chère épouse. Ils se regardèrent tendrement puis s’embrassèrent. Le petit enfant contempla longuement l’étreinte de ses parents et courut vers eux.

Hêmmu u Namir était envahi par une joie immense, son épouse retrouva le bonheur.
Il était comblé, jusqu’au jour où il tomba malade, et une grande tristesse le gagna. Son état s’accentua lorsqu’il se rappela sa mère. Elle avait sacrifié sa jeunesse pour l’élever. Son désir de la voir devint si fort qu’il pensa transgresser l’interdit, il pensa alors à la pierre dont lui avait parlé son épouse. Cette pierre cache un trou au travers duquel on peut voir la terre, cet endroit était interdit aux humains.

Il souleva la pierre avec force et vit sa mère au milieu du patio de la maison. C’était le jour de la fête du sacrifice, sa mère tenait un bélier et attendait l’arrivée de son fils pour accomplir le rituel du sacrifice.

Hêmmu se sentit coupable de laisser sa mère ainsi, il lança son glaive mais celui-ci ne parvint pas à elle. Il se mit à réfléchir un instant et il s’écria : " je te rejoins, ma mère, je n’ai que toi monde".

Hêmmu u Namir sauta du trou et dévala les cieux. Par miracle une goutte de son sang atterrit sur le cou du bélier et l’égorgea.
Le symbole de l’amour est mort mais la morale de toute une histoire vient de naître.

Traduction française :
Abdellah GABOUNE
Khadija BOULMEDARAT
mondeberbere.com

Lundi 20 avril 2009

Par Amanar - Ecrire un commentaire
Livres en TIFINAGH à télécharger:

LIVRES AMAZIGH EN TIFINAGH





Source: tifawin.com
Vendredi 10 avril 2009

Par Amanar - Ecrire un commentaire
bouteflika   
le nouvel ANCIEN Président Abdelaziz Bouteflika
Elu à 90,24%.

Avec un taux de participation de 75%, heureusement que le ridicule ne tue pas!
Toutes mes condoléances politiques, pendant les cinq années à venir, soyons opitimistes, à tous mes amis algériens.

Ahh ces pays arabes! Même pour faudrer, ils ne sont pas doués!!
Mercredi 1 avril 2009

Par Amanar - Ecrire un commentaire

Dans un lointain village de l’Atlas, vivait un enfant, nommé Anir. Son père travaillait la terre, sa mère la laine et elle s’occupait des maigres moutons, entretenus avec des herbes desséchées par les longues années de sécheresse. Une vie modeste, un habitat fait de terre couvert de roseaux tissés par les mains habiles du père. Dans une djellaba usée, décolorée par les milliers de fois lavée à la main, par les centaines de coup pour en dégager la crasse, Anir grandit, un morceau de pain, garni de huile d’olive à la main, elle coulait jusqu’au coude.

Il était là sur sa crête, à admirer le lointain paysage, la beauté des montagnes qui valsaient, taguaient, pour venir mourir harmonieusement aux pieds des doux nuages. Un soleil doré, teintait d’or et d’argent de lointaines contrées, inconnues pour Anir. Ces pays où l’on disait que la terre n’était que sable, où il ne pleuvait jamais, « foutaises ! » se disait-il, lui qui n’avait connu que cette crête, que ces sillons, qui lui sont devenus familiers, cette neige, qui l’enfermait pour des jours entiers, et qu’il redoutait plus que tout ; ce mont, qui pourtant lui tenait tant à cœur.

Anir, croyait que chacun avait son mont, et que chacun, restait en son mont, comme lui ne l’avait jamais quitté !! « Je veillerai sur mon mont, se disait il, il est à moi, à mes parents, et bien avant, à mes grands parents », tout en jetant un regard triste sur les tombes de ses grands-parents, puis enchaina d’un sourire fier : « Ils sont morts en défendant leur mont » lui disait sa mère. Anir ignorait l’histoire de ces ancêtres, ignorait, la grandeur de son peuple, mais aimait plus que tout au monde, son mont !

Un beau jour, alors qu’Anir, revenait d’un lointain ravin, où il avait conduit les bêtes, une silhouette étrangère se tenait au prés de sa mère, à la porte de la maison. Une silhouette, mince, « bizarrement habillée », se disait il. Plus proche, il reconnu, un jeune homme, habillé d’une tenue nouvelle, pas du tout en djellaba, qu’il avait toujours connu. Un pantalon, bien repassé, et une chemise de couleur bleu claire, qui laissait sentir une odeur de printemps. «C’est ton oncle, Réda, qui vient nous rendre visite, il habite en ville ! », lui dit sa mère. Anir s’empressa de le saluer respectueusement, en lui baisant la main. Apres déjeuner en présence du père, l’oncle aborda un sujet, d’une grande importance, il comptait emmener Anir en ville afin de lui permettre de suivre des études. Les parents, bien que conscients de cette chance offerte, eurent quelques hésitations, puis cédèrent. Anir, pris les quelques affaires qu’il possédait, mais l’oncle, les rejeta : « Laisse ceux-là, ils ne te serviront plus ! Je t’en achèterai de nouveaux ! ». Anir, tout souriant, les jeta au font d’une chambre noire ! Pour courir suivre son oncle.

A l’approche de la ville, Anir, pris de stupeur tel un étalon affolé, se blotti à son oncle, des bruits de tout part, des dizaines de personnes, allaient, venaient, sans se regarder, sans se saluer, tel une fourmilière. Anir, restait bouche bée, et se blotti à son oncle qui lui tenait la main.

Arrivé à la maison, et salué par la gentille femme de son oncle, Anir, tout rouge, rétorqua par des sons à peine audibles !! Elle continuait à lui parler gentiment, mais soudain, Anir se rendit compte qu’il ne comprenait pas un traître mot de ce qu’elle disait ! « C’est une étrangère, qu’à épouser mon oncle ? » se demandait-il ! « Laisse-le, il ne parle pas arabe » repris l’oncle. Anir, les yeux écarquillés, voila que son oncle parle ce même langage qui lui est si étranger !

Le lendemain, l’oncle acheta des vêtements neufs pour Anir, ils étaient beaux, colorés et plus légers que sa veille crasseuse djellaba. Anir, était aux anges.

Une fois, bien lavé, bien habillé, l’oncle le pris par la main, et l’emmena l’inscrire à l’école. « Une grande cour, plusieurs salles et tellement d’enfants » songeait Anir. Les formalités finies, Anir était devenu un élève de cette école, il en était tout fier. On le conduit dans une classe. La maîtresse, lui montra une place, et bien qu’il ne comprenait toujours pas cette langue, il comprit qu’il fallait s’asseoir comme tous les autres !

A la récréation, certains élèves vinrent le rejoindre, ils lui adressèrent la parole, il n’en comprenait pas un mot et répondit en amazigh !! « Khlli dak chliyih », dis l’un d’eux, puis s’en allèrent avec beaucoup de mépris, pour cet être, chétif et muet.

Pour la première fois de sa vie, Anir, se senti différent, rejeté, avili par cette langue qui lui manquait, et abaissé par ces montagnes qui l’ont rendu ignorant.

Pour la première fois, il regarda avec mépris, ces mêmes montagnes, qu’hier, il disait magiques, il vit en son mont, une grotte vile, lui, qui, hier, ne jurait que par elle. A chaque fois qu’on lui adressait la parole, il souhaitait que la terre s’ouvre pour l’engloutir. A son mutisme, répondaient le mépris, et l’isolement dans la cour. Il était différent ! Il était étranger !

Anir prit sur lui, et se mit à l’arabe et ne tarda après une année à la parler comme les autres. Il se fit de nouveaux amis, et ne parla que l’arabe, cette langue du Salut, qui lui avait permis d’apprendre à lire, à écrire, à être tout simplement.

Pendant cinq ans, il ne vit pas ses parents. Quelques jours avant la fête du Sacrifice, son oncle le raccompagna les voir.

« Anir arrive, quel bonheur ! » Sa mère, toute en larmes, regardait ce beau jeune homme, dont les mains si douces, les pommettes si rouges, les habits si beaux. Elle le prit dans ses bras. Anir, regardait cette femme, veille, dont les mains fissurées par les rudes taches, le visage sillonné par les années, les habits sales et troués, « Heureusement que mes amis ne l’ont pas vue » se disait il.

Il rentra, dans cette cabane, où l’on ne pouvait s’adosser sans salir sa chemise, il refusa de s’adosser. Sur la petite table on déposa de l’huile d’olive, Anir, la regardait. Sa mère, d’un ton doux, le convia à manger. « Je n’en mange pas ! ». Sa mère sourit et se précipita, pour lui préparer une omelette, Anir, n’en voulu pas pour autant ! La maman, regardait ce jeune homme, et se demandait « mon Dieu est ce mon fils ? » Anir, sortit les mains dans les poches, s’en alla vers la crête où il avait l’habitude de rester des heures !! Il regarda, ces ravins, ces montagnes, ces rivières desséchées, puis se rappela des tombes. Il les regarda d’un air indifférent, « Pauvres de vous, se disait il, vous êtes morts pour un bout de roche, et vous y êtes enterrés ! »

 

Il reparti joindre son oncle. Anir resta quelques jours, comme emprisonné, puis reprit le chemin de la ville. Sa mère, effondrée, le regardait s’éloigner, « Que -t’es-t-il arrivé mon fils ? ». Anir, sans se retourner, pressa le pas, pour s’éloigner de ses rochers de peur qu’une main mystérieuse ne l’y retienne pour toujours. Arrivé en ville Anir repris ses études et coula dans cette vie, dans cette routine de la vile ville.

Un jour, au cours d’un jeu, il s’embrouilla avec un de ses amis arabes et la bagarre éclata, Anir l’entendit l’injurier de « chliyih », de moins que rien, de montagnard, de sauvage et d’ignorant.

Au soir, bien plus profonds que les coups pris lors de la bagarre, les injures résonnaient dans sa tête et une seule question revenait : « Pourquoi l’insultait-t-il de chliyih, de sauvage, de montagnard ? ». Lui qui parlait si bien l’arabe, lui qui avait rejeté ses montagnes, ses ancêtres et même sa famille, pour cette langue.

Anir s’endormit, il se vit au beau milieu d’un brouillard, un froid glacial le gelait, il marchait sans savoir où, une obscurité s’étendit pour étouffer le brouillard, puis une voix stridente, telle celle d’un oracle, résonna, répétant inlassablement les injures, ces mêmes insultes, qui renvoyées par l’écho, l’assourdissaient !!

 

Soudain une brise dissipa cette obscurité opaque et chassa le brouillard, pour qu’apparaissent des montagnes, des rivières, des forets, des déserts, sous un beau soleil d’été. Anir, marchait, marchait, se traînait, se buttait contre les arbres, se roulait sur le sable, se frappait la tête contre les troncs d’arbre. Une seule question, mêlée aux sanglots, lui nouait la gorge:

 

Pourquoi suis je né achelhiy ? Ne suis-je pas assez arabe pour eux ? Suis-je l’un ou l’autre ? Que suis-je ?

 

Une voix s’éleva, d’une majesté absolue, elle résonnait de partout, ne s’emblant venir ni d’un coté ni d’un autre, elle venait de partout : « Je suis la terre, ta mère, celle dont tu as été crée, celle qui t’a porté, celle qui t’a nourrit et t’as vu grandir, et celle qui t’accueillera en son sein après ta mort. J’ai existé depuis la nuit des temps, avant que naisse la lumière, avant que ne soit l’eau, et bien avant l’homme. Ton peuple, Anir, a foulé mes contrées, parcouru mes déserts et asservi mes montagnes !! Il m’a défendu et m’a irrigué de son sang. Ton peuple Anir, s’il devait être édifié à la taille de leur courage, n’aurait trouvé assez de place sur toutes ces terres pour un seul de ses hommes et de ses femmes. S’il devait être édifié en montagnes, il cacherait le soleil, pour la moitie de l’univers, s’il devait être étendu en rivières il engloutirait toutes les contrées.

 

Ton peuple, Anir, est un peuple de géants, incarnés en hommes. Ton peuple, n’a d’égale que son courage, son honnêteté, et sa bonté ! Ton peuple est un grand peuple, sois en fier.

 

Amazigh tu es et amazigh tu resteras. C’est écrit au sein des étoiles et gravé par les sillions des torrents, tel fut écrit et tel sera ».

Anir, continua à marcher. Puis une seconde voix résonna, aussi majestueuse que la première :

 

« Je suis la montagne, celle qui t’as vu naître, celle qui a abrité ton peuple depuis la nuit des temps. Ton peuple, Anir, m’a défendu de toute son âme, hommes et femmes, ont fait ruisseler mes ravins de leur sang. Ton peuple Anir, de ses mains, a creusé les plus durs de mes rochers, pour y cultiver la vie. Ton peuple est fier. Amazigh tu es, Amazigh tu resteras. »

Anir fatigué, s’effondra sur le sable chaud.

 

« Je suis le désert, je cultive la mort et irrigue de soif. Je suis un souffle de l’enfer et une terre maudite. Mais ton peuple Anir, m’a foulé de long en large, à braver mes tempêtes, ma chaleur infernale et a extrait l’eau de mes entrailles. Ton peuple est brave et fier. Amazigh tu es et amazigh tu resteras. »

Anir se releva, le soleil allait se coucher, puis un vent froid le surprit, aux couleurs du crépuscule se mélangeait une opaque obscurité, déchirée par des éclairs qui s’abattaient sur un lointain horizon. « Je suis le Temps, entendit-il, J’existe depuis le commencement. Bien avant l’univers, et bien avant les quatre éléments. J’ai connu ton peuple, qui m’a défié tout au long de longs millénaires et ont su résister, jusqu’à aujourd’hui. Ils ont su restés eux même. Sois en fier. Amazigh tu es, et amazigh tu resteras »

Toutes ces voix se levèrent, répétant inlassablement et de plus en plus fort : « Amazigh tu es amazigh tu resteras, Amazigh tu es Amazigh tu resteras.. »

Anir se bouchait les oreilles, mais il entendait toujours ces voix !! Il sursauta, pour réaliser que ce n’était qu’un rêve. Il se réveilla, mais durant toute la journée ce rêve le hanta !

« Que peut bien signifier, Amazigh, dont ils ne cessent de me parler ? » Il se promit de chercher et d’en savoir plus. De ligne en ligne, de texte en texte, de livre en livre, Anir découvrait cet Amazigh. Cette Amazighité, si majestueuse, qui avait sillonné toute l’Afrique, qui avait combattu les plus grands des peuples, qui avait fait de son Pays ce qu’il était. Il découvrit que sans l’Amazigh, son pays n’aurait pu exister, que la richesse de sa culture était plus étendue que les eaux des océans, que les sens de ses énigmes plus profonds que toutes les mers. Il découvrit que l’Histoire s’était prosternée devant son peuple par respect, que leurs dynasties avaient foulé toutes les terres. Amazigh, cet homme libre qu’il était devenu ! Amazigh, ne cessait il de se répéter !! La fierté scintillait dans ses yeux ! Anir venait de se libérer, il était devenu un homme libre, libre, il était devenu Amazigh.

En marchant vers le marché, il croisa son ancien adversaire, toujours avec le même regard de mépris !! Celui-ci lui lança : « Affin a chliyih » (Alors le chliyih (diminutif/ péjoratif de achelhiy), mais il remarqua que la lueur des yeux d’Anir avait changé, ses yeux brillaient et son regard soutenait le sien au point d’en sentir le poids. Anir rétorqua « Goul Amazigh al kanbou, walakin nta bzaf 3lik, Amazigh bzaf 3lik », il le bouscula et passa son chemin. Son adversaire, restait bouche bée, et ne sachant que répondre demeura statufié.

En revenant vers la maison, Anir aperçu à l’horizon, sa montagne, un sentiment de nostalgie le parcourut, et courra ramasser ses affaires. Anir grimpait sa montagne, jamais elle n’avait été aussi belle à ses yeux, jamais elle n’avait été synonyme de liberté, jamais elle ne l’avait tant attiré. A la vue de sa mère, elle se souvint de ce qu’il avait lu dans un de ses ouvrages :

 

Les femmes amazighes, tel un livre sacré, avait sauvegardé l’identité amazighe. Elles l’avaient notée dans leur cœur, et tatouée sur leur corps ! Elles l’avaient, chantée au soleil, apprise à la lune et l’avaient dansée autour des feu d’été! Elles avaient soulevé et maintenu des millénaires de savoir, que même Atlas ou Hercule n’auraient pu supporter.

 

Amazigh, Anir le devait à cette femme. Il courut, avec un mélange de sanglots et de paroles, il la remercia, lui témoignant tout son amour, car il avait compris que c’était elle la vraie Amazighe. Sa mère, partageait ses pleurs, larmes de joie, de retrouver son fils, ce bout d’elle-même qui incarnait son espoir et sa continuité. Anir, se retourna, puis, suivi de sa mère, s’en alla vers le mont. Il s’approcha des tombes, et sans dire un mot, il leur marqua le plus grand des respects et leur voua la plus profonde des admirations. Enfin, il se rapprocha du bord, il prit une poignée de terre et la serra fort, admira l’étendue des montagnes, majestueuses, prolongea son regard vers la terre dite des sables !! Il se dit « Amazigh je suis et Amazigh je resterai !! Merci à vous, quand à toi Temps, je suis là et je te défierai tels mes ancêtres, et demain te défiera ma descendance Amazigh. Amazigh je suis et Amazigh je resterai. »

Par Abdellah CHAMOU.

 

Lundi 30 mars 2009

Par Amanar - Ecrire un commentaire
Good Morning …Morocco


Je fais partie de cette génération de jeunes amazighs extrêment fière de ses origines. Fini ll'époque où on disait presque hontement qu'on était amazigh. Cela était dans nos esprits d'enfants synonyme d'échec social. C'est horrible à dire, mais, petite fille, je me rappelle que j'étais même jalouse de mes copines Fassi, je développais un complexe d'infériorité par rapport à elles. Je vous laisse imaginer alors l'état d'esprit d'un enfant amazigh qui n'a pas encore les facultés intellectuelles nécessaires pour contruire sa propre opinion, mais qui ressent déjà une certaine stigmatisation, descrimination, et sousestimation (l ha3ra) de son peuple et de ses origines.

Nos parents ont une grande part de responsabilité dans cette situation. Ils ont voulu nous protéger, ils n'ont pas voulu que l'on souffre des mêmes handicaps qu'eux, ils ont voulu qu'on “s'intégre” à cette société qui a opprimée, et violée les droits de notre peuple. L'intention était bonne, mais la manière mauvaise et les conséquences terribles. Nos parents ne nous ont pas appris (pour la majorié d'entre nous) la langue, ils ne nous ont pas raconté l'histoire tragique de notre peuple (pour la plupart d'entre nous, nous l'avons découvert par nos propres moyens à l'âge adulte), ils n'ont pas su cultiver en nous dès notre jeune âge le sentiment de fierté d'appartenance à cette culture millénaire.

Petite anectode : mon père m'a raconté qu'à l'époque où il était petit garçon  vivant dans un petite vilage de l'atlas, près de Ifrane…Les fassi, venaient au village pour dire aux parents de ne pas envoyer leurs enfants à l'école parcequ'ils risquaient d'être embrigadés dans la propagande colonialiste française.selon eux l'école à l'époque fabriquait des traitres. Et biensûr, pendant que les familles amazigh gardaient jalousement leurs enfants aux villages, les fassi scolarisaient leur enfants dans les meilleures écoles de l'époque biensûr gérées par les français.

Nos parents, majoritairement issus de milieux défavorisés et ruraux, ont connu la misère, la pauvreté et le besoin, ils se sont pris en main, ont travaillé dur, ont grimpé les échellons, et ont finalement réussi, sans un quelconque coup de piston voire même avec les battons dans les roues. C'est la génération A.S.M.M “Amazigh Self Made Men”. Ce sont nos parents et nous sommes fières d'eux…nous leur adressons ce message aujourd'hui…on est peut être pas aussi câlé que vous en terme de culture amazigh, nous parlons mal voire pas du tout la langue, nous n'avons pas vécu dans les villages de l'atlas, du souss, encore ceux du rif…Mais nous nous sentons plus amazigh que jamais…Nous ne sommes pas des arabes, on l'a bien compris et cela nous apris du temps…maintenant que cette prise de conscience est là, nous allons faire bouger les choses. Nous voulons que nos enfants ne soient pas aussi frustrés que nous, nous voulons que notre langue soit reconnue, et que notre culture et notre peuple soient oficiellement et institutionnellement reconnus comme étant les “nations premières”, nous voulons que notre patrimoine immatériel soit transmis à nos enfants et à nos arrière enfants..NOUS VOULONS ETRE RECONNUS!!

 

A bon entendeur

 

Source: http://khabira.unblog.fr/

 

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